RUGBY PRO D2, BORDEAUX-BÈGLES. Martin Jagr s'est officiellement engagé avec l'Union, hier matin, pour les deux prochaines saisons. Et l'ailier de Toulon sait que son nouveau club attend beaucoup de lui« Je n'ai rien d'une star » Martin Jagr était de passage à Musard hier matin. Entre deux visites de maisons, et avant de reprendre la route pour Toulon, l'international tchèque a signé son contrat qui le lie désormais au club girondin jusqu'en juin 2011. Auteur de plus de 60 essais en huit saisons sous le maillot du RCT mais poussé vers la sortie par les dirigeants varois, le « Jaguar », 29 ans, est prêt à rebondir avec l'Union.
« Sud Ouest ».
Vous venez d'arriver à Bègles. Quelles sont vos premières impressions ?
Martin Jagr. En fait, je suis passé jeudi après-midi. J'ai découvert les installations. Le stade est loin de ressembler à Mayol, c'est certain, mais ça respire quand même le rugby. Maintenant, il faut le voir plein. J'ai aussi pu croiser quelques-uns de mes futurs coéquipiers. On a juste échangé quelques mots mais j'ai été très surpris par leur accueil, très humain. Ça me change de Toulon... et son monde de « stars ».
Beaucoup de monde a été surpris de votre éviction de Toulon ?
On ne m'a pas laissé le choix. C'est clairement un départ forcé. J'ai eu du mal à le vivre car on ne raye pas comme ça huit ans de sa vie. Qu'on ne compte plus sur moi, je peux le comprendre, cela fait partie du monde pro.
Mais je n'accepte pas la manière dont cela s'est passé. On ne m'a d'ailleurs jamais dit clairement qu'on ne voulait plus de moi. Je pense que je méritais un peu plus de respect. Comme Gia Labadze. Nous avons été maltraités.
Vous étiez l'un des chouchous de Mayol.
Les supporters ont même fait circuler une pétition pour faire pression sur vos dirigeants et vous ont réservé une ovation pour votre départ.
Ce dernier match contre Montpellier a été émotionnellement exceptionnel. Les supporters nous ont réservé une standing ovation. Et j'ai pleuré comme un gosse. Avec Gia, on avait une relation privilégiée avec les supporters. Pendant huit saisons, j'ai beaucoup donné au RCT et notamment pendant les années galère en Pro D2. Je crois qu'ils ne s'y sont pas trompés. Je n'ai jamais triché. C'est quand même exceptionnel qu'un petit Tchèque ait marqué à ce point l'esprit des gens. C'est un peu ma victoire même si l'aventure s'est mal terminée.
Vous en voulez à vos anciens dirigeants ?
Je ne veux pas m'étendre sur le sujet. Je préfère tourner la page.
Pourquoi avoir choisi de venir à l'Union alors que plusieurs clubs de Top 14, et notamment Montauban, s'intéressaient à vous ?
J'avais en effet plusieurs contacts mais avec des clubs du milieu de tableau, sans réel projet. Je cherchais un challenge excitant et Laurent (ndlr : Marti) a su me convaincre. L'Union veut monter d'ici deux ans et je suis ravi de m'inscrire dans ce projet.
Pour moi, ce n'est pas un échec de retourner en Pro D2 car le niveau est très relevé. Et l'Union a le potentiel pour tenir les premiers rôles.
Quels seront vos objectifs la saison prochaine ? Récupérer votre titre de meilleur marqueur d'essais de Pro D2 ?
(Sourire). Ma réussite personnelle importe peu. Je veux d'abord gagner ma place sur le terrain, ce qui ne marchait pas comme ça à Toulon... Je n'avais pas la confiance du staff et devais toujours faire mes preuves. Je vais simplement essayer d'apporter mon petit plus.
Vous savez que l'Union compte beaucoup sur vous et vos redoutables talents de finisseur...
Je suis conscient que mon rôle va changer. Le président m'a clairement fait comprendre qu'il attendait beaucoup de moi la saison prochaine. Ça me fait un peu peur (sourires). D'un coup, je vais être propulsé leader, même si je n'ai rien d'une star.
SO