RUGBY PRO D2, FRÉDÉRIC GARCIA. Le coach de l'Union Bordeaux-Bègles, qui joue demain son premier match de préparation contre Mont-de-Marsan, veut que le club se mêle à la lutte pour l'accession au Top 14« Il faut qu'on accélère » « Sud Ouest ».
Quel discours avez-vous tenu aux joueurs lors de la reprise ?
Frédéric Garcia. Il a été très simple. On ne peut se suffire de ce qu'on a fait la saison dernière. Bordeaux ne peut plus se permettre d'avoir une équipe qui finit 10e du championnat. Donc il faut se mettre au travail afin d'effectuer une meilleure saison.
Quels sont les objectifs du club cette année ?
Là aussi, ils sont simples. Sur les seize clubs de Pro D2, quinze veulent être dans les cinq premiers. Nous aussi.
En Pro D2, la concurrence devrait être rude.
Que pensez-vous du mercato des autres formations ?
Cette année, les clubs, tout budget confondu, ont pu bâtir des collectifs solides parce qu'il y a de plus en plus de joueurs sur le marché qui veulent rester professionnels. Même les promus ont pu récupérer des gars d'expérience qui ont joué au niveau au-dessus. Aix-en-Provence a, par exemple, récupéré le pilier Franck Montanella qui a évolué au Stade français. Ce sera un championnat très homogène.
Quels sont vos favoris ?
Les deux clubs qui descendent, Dax et Mont-de-Marsan, ont gardé une grande partie de leur effectif déjà rodé au Top 14. Ce sont des prétendants à une remontée directe. Ensuite, je détacherai Agen qui a manqué la marche de peu la saison dernière. Les Lot-et-Garonnais se sont bien renforcés avec de bons étrangers. Il y a aussi tous les historiques de la division. Je n'oublie pas Oyonnax, qui a fait excellent parcours, ou La Rochelle qui sont dans ma liste.
Quels ont été les grands axes de votre recrutement ?
La règle était claire : avec un budget revu à la baisse, il fallait qu'on améliore l'équipe. On a réduit le nombre de contrats mais on a cherché à gagner en homogénéité. Il fallait que tous les garçons soient proches pour éviter ce qui nous a coûté très cher l'année dernière : l'inconstance dans les résultats. On a réalisé de grosses performances, mais on a aussi perdu trop de parties à la maison.
Malgré la venue de joueurs aguerris comme Martin Jagr, vous avez considérablement rajeuni votre effectif...
Nous avons une particularité : nous n'avons pas un trentenaire dans l'équipe. On a toujours été jeune mais là, on l'est encore plus que d'habitude. Des joueurs comme Martin (Jagr) vont nous apporter leur envie, leur qualité et leur connaissance d'un grand club (Toulon) qui est monté, descendu puis remonté... Cette expérience sera importante puisqu'on va en manquer. Les jeunes doivent briguer une place de titulaire car, ici, il n'y a pas quinze anciens qui peuvent assurer la transition.
Quelques mots sur la préparation : quels enseignements avez-vous pu en tirer ?
Comme tout le monde, elle a été axée sur le physique. Ludovic Lousteau, qui nous a rejoints cette saison, a apporté sa rigueur et sa grande motivation. Tout cela transpire sur le groupe. On a bien bossé mais on ne se leurre pas : tous les clubs travaillent beaucoup. Pour l'instant, tout est rose. Les gars ont envie, c'est le minimum. Maintenant, on a rendez-vous le 29 août à Lyon et là on pourra parler d'une préparation de qualité ou pas.
Vous jouez votre premier match amical demain (1).
Qu'en attendez-vous ?
Je veux qu'il soit sérieux et engagé. Mais ce ne sera qu'un premier rendez-vous en opposition. Jusqu'à maintenant, on en a peu fait entre nous. Les garçons ont envie de toucher le ballon. J'aimerais voir de la rigueur dans le jeu et de l'implication.
Votre équipe a les aptitudes pour produire du jeu.
Dans quelle direction souhaitez-vous aller ?
On va s'appuyer sur ce qu'on faisait l'année dernière. Nous avions une circulation offensive qui était de bon niveau. On a marqué beaucoup d'essais. On était dans les cinq premiers du classement en termes de points marqués (NDLR, cinquième attaque du championnat). On va essayer d'apporter encore plus de vitesse avec nos ailiers et nos contre-attaques du fond du terrain. Je ne vous dis pas non plus que c'est le retour au ballon porté qui est culturel chez nous... Enfin, il est indispensable de franchir un cap en défense. Il faut que l'on soit beaucoup plus constant et efficace dans ce secteur.
Vous arrive-t-il de rêver du Top 14 ?
Si on est compétiteur, il faut aller chercher le plus haut. On ronronne depuis trop longtemps. Il faut qu'on accélère.
(1) Demain, l'Union affronte Mont-de-Marsan, redescendu en Pro D2 cette saison, à Montalivet (18 heures).
SO