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 La Chronique de Pierre Villepreux

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gir3347
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Mar 14 Mai 2013 - 12:38

La Chronique de Pierre Villepreux


09/05/2013 - 10:45 - Rugbyrama



"Jouer avec le désordre du jeu"





Ce n’est pas nouveau, mais cette dernière journée du championnat n’est jamais comme les autres. Hasard du calendrier, elle s’est logiquement avérée être peu compétitive pour tous les clubs, sauf ... Racing-Castres, seule confrontation où le résultat était capital en terme de classement. L’ASMCA et Toulon avaient pour objectif de peaufiner leur rugby, le Stade toulousain était davantage à la recherche de cohérence collective. Quoi qu’il en soit, pour le trio gagnant de la saison régulière, il convenait d’engranger de la confiance utile avant les échéances finales. Une contre performance n’étant pas envisageable, ils affrontaient des équipes n’ayant, avec des collectifs remaniés, aucun objectif affiché si ce n’est, celui, en se "comportant bien" et en servant de "sparring partner", de préparer la saison prochaine et de donner du temps de jeu à certains.

Les scores fleuves et la kyrielle d’essais qui va avec illustrent bien l’état d’esprit qui présidait à ces rencontres. Le "sans enjeu" n’étant pas pour autant inintéressant ni pour les uns ni pour les autres puisque dans un jeu libéré forcément débridé, l’ambition de produire plus et le mieux possible ne pouvait être perçue comme un risque. On pouvait donc se lâcher sans aucune crainte. On était donc bien loin de la peur du mauvais résultat, de la mauvaise performance individuelle, de l’obligation de suivre des consignes qui restreignent l’accès à un jeu plus ambitieux… Autant de facteurs parmi d’autres qui rendent frileux dans l’action et ramènent invariablement à des exigences de précaution qui ramollissent l’accès à la liberté d’initiative et en conséquence, à la créativité.

Accepter l'incertitude

On peut donc s’interroger: pourquoi, trop souvent en Top 14 mais également dans d'autres niveaux de pratique, on ne s’engage pas? Et la réponse est simple: par peur des enjeux, dans un jeu qualifié abusivement d’ambitieux. En réalité, il ne s’agit que d’utiliser la liberté qui y préside pour que ce jeu devienne progressivement référentiel.

Le mouvement est dans le rugby par essence source de liberté qui ne peut se satisfaire d’un rugby "d’ordonnance". Vouloir y accéder efficacement modifie l’ordre prioritaire qu’on lui accorde traditionnellement et culturellement dans son agencement mêlées/touches/rucks et enfin le JEU … qui de fait et à tort, en deviendrait la conséquence. Modifier l’ordre établi n’est pas rassurant, mais il faut accepter l’incertitude et les prises de risques qui vont avec. Jouer avec le "désordre du jeu", c’est ne pas se satisfaire d’un rugby standardisé et homogène. Donner du crédit en priorité au mouvement, c’est déstigmatiser l’ordre du jeu, c’est créer des joueurs autonomes et responsables. Mais c’est du même coup, accepter de se consacrer aux difficultés sans cesse nouvelles que l’on rencontre quand on se confronte à l’incertain.

Il est parfaitement accessible pour des joueurs et un collectif et, si on veut bien élargir la brèche, un club qui a enfin envie de partager et réaliser un désir et de faire front pour s’y imposer. Toulouse a déjà réalisé ce pari. Bien sûr, il en est un peu éloigné actuellement, mais peut rapidement retrouver le jeu qui l’a fait roi. Clermont est en train de le réussir, mais d’autres sont déjà dedans avec un potentiel inférieur, et il y a aussi ceux qui en sont capables mais qui s’arrêtent dès le premier obstacle. Il convient bien de créer cette culture du jeu qui, de fait, rejaillirait avec bonheur sur tous les niveaux de la pratique.
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Mar 21 Mai 2013 - 17:14

La Chronique de Pierre Villepreux

21/05/2013 - 13:11 - rugbyrama


"Clermont, en grande équipe, est-il capable de rebondir ?"


Les Clermontois ne masqueront pas leurs regrets en visionnant encore et encore comment ils ont perdu cette finale. Passée la fébrilité des quinze premières minutes qui les contraint à réaliser une production plutôt approximative, le collectif auvergnat sut retrouver progressivement son rugby et les formes qui vont avec. Ils entrèrent enfin dans le match, ce qui leur permit avec plus d'intentions, en délaissant le jeu au pied, d’aller vers une meilleur maîtrise du ballon et de "l’avancée" avec pour conséquence l’occupation du camp adverse jusqu’à la mi-temps. En retrouvant leur jeu prioritaire et leurs meilleures armes tactiques, ils réussirent, bien guidés par leur leaders de jeu, à mettre en place et oeuvre le jeu en mouvement qu’ils affectionnent. Plusieurs occasions sur des avancées significatives se présentèrent (celle de Brock James, applatissant sur la ligne de ballon mort étant la plus nette). Mais les actions qui les amenèrent à cette domination et plusieurs fois près de la ligne adverse furent trop souvent entachées par l’indiscipline du joueur plaqué. Ils y perdirent à la fois l’avantage de l’occupation et de la pression qui va avec.


La discipline toulonnaise


Notons que ce type de pénalités en leur défaveur est surprenant. On sait que c’est l’équipe qui est dans une situation dynamique d’avancée qui se donne les meilleures chances en cas de plaquage de libérer la balle correctement et surtout que le joueur plaqué a tactiquement tout intérêt à le faire pour avoir une chance de préserver efficacement la continuité successive. Certainement aussi que dans ce match, le "bien jouer" des Toulonnais, contraint à la défensive, s’est remarquablement exprimé dans ce secteur du jeu. Même en fin de match en pleine domination auvergnate, les Rouge et Noir surent ne pas concéder la moindre faute, évitant ainsi la pénalité que beaucoup attendait. Le début de deuxième mi-temps avec la prise du score grâce à deux essais superbement réalisés pouvait laisser penser que la messe était dite. En ce sens, la transformation du deuxième complètement en coin aurait pu changer la donne. A 17-6, les Toulonnais auraient sans doute été obligés de changer de stratégie. A 15-6, rien n’était fait d’autant que Jonny Wilkinson réduisit l’écart à la 55e minute. Il n’y avait pas pour autant le feu au lac. Le match bascula curieusement suite à une situation "d’avantage" en faveur des Jaune. L’arbitre laissa le jeu se déplacer. En ne revenant pas à la pénalité, il força quand même indirectement les Asémistes à concéder un ruck. La récupération adverse qui s’ensuivit permit d’envoyer en une seule passe Armitage derrière la ligne et l’ASMCA en enfer.


Jeu des pronostics


Effectivement après coup, si je n’avais pas vu le match et si j’avais dû m’en tenir aux statistiques, j’aurais parié sans hésitation sur une large victoire clermontoise. Mais en sport collectif, la théorie des probabilités est malmenée par le hasard et l’incertitude, surtout quand les adversaires sont de qualité, ce que personne ne saurait nier. Clermont, en grande équipe, est il capable de rebondir ? Toulon s’est-il placé psychologiquement idéalement pour accéder à une deuxième finale ? Dans les deux cas, j’aurai tendance à dire oui.


________________________________


Un petit mot et un grand bravo à Brive qui a su rapidement, en menant largement au score, ne pas entretenir le suspense. Pour cette finale qui ne consacrait pas un champion mais une montée dans notre élite nationale, le jeu n’a pas été restrictif et il a donné lieu de la part des deux équipes, contrairement au match décrit plus haut, à un nombre impressionnant de "turn over", conséquences d’imprécisions de lecture et de technique. Brive sut en profiter. Les corréziens ont certainement joué leur meilleur match de la saison mais cette performance est à situer depuis quelques temps dans l’élévation de leur niveau de jeu. Le staff technique a su faire franchir a chacun ses limites. Cette équipe de fin de championnat n’a rien a voir avec celle tâtonnante de début de saison. Le Limousin avait besoin que son équipe référence soit dans le Top 14. C’est chose faite et pour y exister, il faudra de nouveau savoir se dépasser.
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Sam 8 Juin 2013 - 8:04

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06/06/2013 - 18:03 - Rugbyrama


“La victoire castraise ne se discute pas”



Castres a laissé peu de place aux Toulonnais pour réaliser le doublé Coupe d’Europe- Top 14. Une victoire que les Tarnais doivent pour une grande partie à leur judicieuse défense. Celle-ci n’a rien cédé sur les tentatives de pénétrations des Rouge et Noir quelle que soit la puissance des impacts. Il faut dire qu’en évoluant jamais très loin des zones de blocages et de plaquages, les Toulonnais ne choisirent pas d’étirer la défense au delà de Matthieu Bastareaud, une option qui ne surprit pas les Castrais. Jouer plus loin aurait étiré la défense, ouvrant ainsi dans un temps de jeu successif des zones plus dégagées. L’option “avancée individuelle” de leurs habituels perforateurs dans le rideau défensif ne fut jamais suffisante, ni décisive, pour concerner et attirer vers la ligne de pénétration les défenseurs castrais placés latéralement.

Quand les Toulonnais recherchèrent la solution par le jeu latéral, ils durent jouer devant une défense toujours en place qui avançait. Sous pression, ils rendirent ainsi autant de ballons à leurs adversaires et les approximations dans leur jeu de passe en sont la conséquence.

Les quelques temps forts toulonnais, créés à la suite d'un pilonnage sévère à l’approche de la ligne de but adverse furent les seuls moments qui auraient pu bouleverser le contexte tactique de ce match, d’autant que le collectif de la Rade était orphelin du manque de réussite de Wilkinson qui, dans ce match, a tenté d’animer le jeu plutôt que de le gérer comme il sait très bien le faire quand son équipe mène au score.

Dans cette finale, le CO ne s’est pas contenté de maintenir un rideau défensif parfaitement étanche. Il a su réaliser des actions collectives efficientes qui auraient pu leur permettre d’inscrire un, voire deux essais à celui de Kockott qui , juste avant la mi-temps, sut exploiter judicieusement un espace aux abords d’un ruck. Espace laissé par la défense toulonnaise, focalisée sur l’ouvreur Tales placé en position de drop. Dans ce jeu situationnel, parfaitement lu, le demi de mêlée n’eut besoin de personne pour filer par le plus court chemin à l’essai dans l’espace libre. Il donnait alors avant de rentrer au vestiaire un avantage au score qui psychologiquement allait devenir déterminant pour la suite.

Un petit commentaire sur Tales. L’ouvreur castrais a su évoluer dans un registre très propre tant en attaque qu’en défense, il a animé et a pesé sur le jeu avec justesse et précision. On pourrait lui reprocher sur deux pénalités d’avoir rendu deux ballons à ses adversaires mais comment ne pas louer la pertinence de ses deux drops dans un moment du match particulièrement crucial ?

La victoire castraise ne se discute pas. Au stade de France, les joueurs étaient bien à Pierre-Antoine, comme le clamaient les supporters. Ce titre récompense à la fois la force mentale de ce collectif dans ces phases finales et le club, qui depuis plusieurs saisons rivalise avec les meilleurs. Cette consécration en est la logique. Bravo !
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Ven 14 Juin 2013 - 18:39

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13/06/2013 - 17:36

“Les Français n’ont pas été calculateurs contre les Blues”


On entend souvent dire "quand on s’entraîne bien on joue bien" ce qui sous-entend que logiquement, la performance d’entraînement est reproductible dans la compétition. Les attentes des entraîneurs sont logiquement très axées sur cette préparation en espérant que ce travail produira une performance achevée en compétition. 

Mais malheureusement, comme la compétition est toujours successive au travail réalisé à l’entraînement, la performance attendue garde son lot d’incertitudes. Le "bien jouer" à l’entraînement se met en place très souvent en simplifiant les contraintes, en facilitant la réussite ce qui d’une certaine manière, du moins on le croit, va permettre d’accéder à plus de confiance, tant individuelle que collective . On ôte, certes, un peu les angoisses grâce à des objectifs rassurants (plan de jeu) , mais on y oublie beaucoup que la performance est à réaliser dans toute la complexité que révèle la compétition elle même, et son environnement. Celle-ci n’est pas réductible en parties ou morceaux de jeu que l’on pourrait isoler et travailler. La situation de compétition est originale et forcément imprévisible, elle ne répond pas nécessairement à la mise en œuvre de tout ce que l’on avait prévu. 

Quand cela ne marche pas, on est étonné de ne pas avoir de plan B et si on croit l’avoir, quand on le réalise, il n’est pas forcément efficace car il est le contre-pied du jeu précèdent. Chose qui n’est pas forcément rassurante car il s’appuie sur l’ échec précèdent, sur la défaillance du jeu prioritaire. 

La compétition, source d’imprévisibilité, est un facteur clé dans la formation du joueur. Savoir faire face à cette imprévisibilité sous tous les aspects et formes qui s’imposent ou surgissent est une dimension de la formation trop souvent absente dans les formes d’entraînements où la tendance est d’oublier de travailler le jeu collectif. On ne sollicite pas suffisamment celui-ci à “l’art de vivre”  le jeu situationnel en utilisant les seules règles fondamentales du rugby , celles qui gèrent le mouvement des joueurs et du ballon, celles qui à la fois cloisonnent la liberté du joueur tout en la garantissant. 

En ce sens, le match qualifié "d’amical" des Tricolores contre les Blues d’Auckland m’a paru intéressant à plusieurs titres. D’abord parce la victoire est toujours bonne à prendre, ensuite parce que les Français dans ce match n’ont pas été calculateurs. En se lâchant, et en entreprenant tout autant que leur adversaires, ils ont pu mesurer les limites actuelles de leur capacité à jouer efficacement et collectivement en mouvement. Les pertes de balles, imprécisions, voire erreurs dans les choix de jeu sont suffisamment significatives pour accepter de relativiser la victoire et de se pencher sur les vrais problèmes que rencontrent le rugby français quand il s’agit d’imposer un jeu résolument accès sur l’offensive, concept qui inclut bien sur les ballons récupérés à l’adversaire grâce à la défense. 

Plus grave, si l’on regarde actuellement la Coupe du monde des moins de 20 ans , on peut faire le même constat et bien sur s’en inquiéter. Ce n’est pas l’arrivée chez  les Tricolores de joueurs venus d’ailleurs qui entraîneront cette métamorphose. 

Ceci dit la prestation des Français dans le premier test n’en reste pas moins intéressante. Le deuxième ne va pas manquer d’intérêt et leur prestation nous permet d’être en droit d’attendre une performance de haut niveau des Bleus. Quand même un point d’interrogation. Elle concerne le jeu des All Blacks, à savoir leur capacité actuelle à ne pas concéder dans leur jeu d’attaque autant de ballons (24) que dans le premier test, étant entendu qu’un jeu plus précis de leur part compliquerait subitement la tache des Tricolores.
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Lun 24 Juin 2013 - 11:13

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"En Nouvelle-Zélande, il existe le culte du beau rugby"


24/06/2013 - 08:45

La performance peut prendre bien des formes, elle peut être l’expression d’une culture, d’une nation. On peut donc l’identifier et elle a naturellement sa singularité. Si vous cherchez dans le monde un pays où depuis toujours et quelles que soient les générations, il existe le culte du beau rugby, alors il vous faut aller en Nouvelle-Zélande. Il s’agit bien dans ce pays de valoriser une conception du jeu. Une façon de le jouer qui s’est progressivement construite et qui continue d’évoluer dans le temps dans le cadre de ce concept. 

Joueurs, entraineurs, public veulent gagner mais pas n’importe comment. Cette culture du beau jeu s’est toujours ancrée derrière l’évolution des règles qu’ils utilisent avec pertinence pour enrichir leur jeu en allant vers plus d’excellence sans en dénaturer le fondement culturel. De fait, quels que soient les entraîneurs, il y a la volonté non pas d’ interpréter les données du jeu mais de s’en servir pour les faire évoluer dans le sens de l’esprit attendu dans le cadre de références culturellement communes au monde rugbystique de ce pays. 

Les résultats des All Blacks confortant évidemment ce fondement pour un style de jeu qui de fait n’est jamais remis en cause. Les critiques, et bien sûr elles existent en Nouvelle-Zélande, et elles sont parfois acerbes, se portent sur les joueurs, les entraîneurs, mais rarement sur l’ambition de jeu souhaitée. Il ne s’agit pas d’une manière unique de penser le jeu mais bien selon les matchs, les contextes, les oppositions, les rapports de forces rencontrés de tirer parti de la grande richesse tactique du rugby sous toutes ses formes. Cette flexibilité leur permet tout en même temps d’acquérir la confiance utile pour entreprendre sans être coincé dans des plans de jeu contraignants. Cela leur permet aussi, le temps d’une défaite, de rebondir sans tout remettre en cause, de ne pas passer abusivement d’une stratégie de jeu ambitieuse à une restrictive conçue comme antidote obligé à ce qui éventuellement n’a pas fonctionné. 

On ne peut, vu les résultats, mettre en doute l’efficacité de leur rugby et la confiance qu’elle génère. Cette efficacité prend du sens derrière cette volonté générale d’aller vers le même but. Une volonté générale qui reste indispensable pour réussir durablement. 

L’équipe de France a perdu les trois tests sans avoir été dominé physiquement, loin s’en faut. Elle a développé l’esprit combatif indispensable dans ce type de match. Mais, cela ne suffit pas, même si on peut accepter que ce n’est pas inutile pour l’avenir. Espérer construire sur ce constat est insuffisant. Les Bleus ont su mettre en échec le jeu offensif des Blacks avec un premier rideau défensif très efficace qui les obligea à rechercher l’avancée dans le jeu au pied, ce qu’ils ont su faire avec succès. De plus, ils ont su se nourrir de quelques balles récupérées à des moments clés dans le match quand on s’y attendait le moins. Quel que soient le contexte du moment, le positionnement sur le terrain, en toute liberté, sans retenue, le jeu de l’un devient le jeu de tous, la machine noire semble inarrêtable. Grâce au soutien et à la réactivité autour du ballon, le jeu de passe s’articule logiquement, on n’a pas besoin du ruck de trop pour préserver jusqu’à la ligne de but adverse le déséquilibre créé dès le début de l’action pour autant d’essais partis de leur ligne de but, ceux dont raffole le public néo zélandais. 

Avec des statistiques favorables en termes de nombres de balles disponibles (gagnées et récupérées) la France sur trois tests a marqué un seul essai, au demeurant magnifique, a réussi quelques mouvements collectifs d’envergure mais pas suffisamment, a rendu par un jeu au pied sans incertitude bon nombre de ballons dont se sont nourris les All Blacks, leur permettant ainsi de remettre de la vitesse à leur jeu, ce que le jeu placé ne leur a pas permis de faire. 

C’est bien la production des Tricolores, leur jeu qui est au cœur d’une évolution, d’un perfectionnement. Cela, me semble-t-il, passe par le choix d’un jeu qu’il s’agit d’enrichir, un jeu donc plus libéré, plus créatif, moins réducteur. Aujourd’hui, les joueurs sont indirectement fragilisés par des choix stratégiques qu’ils appliquent avec rigidité. Entre autre exemple, dans le troisième test, tous les ballons récupérés dans le plan profond ont été joués en renvoyant la balle au pied par le seul réceptionneur. Les choix stratégiques ne sont pas suffisamment souples pour être modifiés en cours de match. Cela demanderait de transformer les représentations que les joueurs ont du jeu et de leur performance afin de leur rendre intelligibles d’autres moments du jeu auxquels leur potentiel leur permet d’accéder. Pas une révolution puisqu'en octobre dernier, on n’en était pas très loin.

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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Mar 30 Juil 2013 - 19:45

La Chronique de Pierre Villepreux


30/07/2013 - 10:22 - Rugbyrama


"Perdre amicalement devant son meilleur ennemi laisse une trace"

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Alors que l’hémisphère sud en termine avec sa compétition, le rugby hexagonal reprend ses droits avec les premiers matchs amicaux.

De l'importance des matchs amicaux

Dans un système professionnel toujours plus abouti, le mot "amical" exprime forcément un autre sens. Même si officiellement le but recherché est bien de retrouver le terrain et le jeu, après une intensive préparation physique, il y a, sous-jacents, des agios économiques et sportifs qui obligent à transformer l’esprit de ce type de match. On se prépare mais les résultats, vus les enjeux, ne peuvent être négligés. Le paradoxe est bien présent. Ce type de préparation, qui a pour objectif d’avancer dans la construction de l’équipe, ne peut plus se satisfaire de résultats médiocres. L’objectif non concurrentiel de ce type de match a vécu. On se prépare, certes, pour gagner plus tard. Mais en gagnant ces matchs préparatoires, c’est mieux.

En plus, les matchs que l’on peut qualifier "de prestige" entre grosses écuries sont déjà et seront de plus en plus recherchés. Perdre même amicalement devant son meilleur ennemi laisse une trace et oblige les entraîneurs battus à apporter logiquement des réponses banales qui se veulent rassurantes. L’enjeu concurrentiel n’est pas seulement en externe, dans le résultat de ses matchs amicaux, mais aussi en interne. Il touche les joueurs qui doivent se positionner compétitivement au sein du groupe et face à une rivalité toujours plus exacerbée entre les Français, recrues et stars étrangères qui ne sont pas épargnées par la concurrence et doivent elles aussi sans cesse démontrer leur compétitivité. Cette obligation d’être à la hauteur avant le coup d’envoi est bien présente dans cette préparation et les mauvais résultats, quand ils surgissent, sans être dramatiques ne manquent pas d’interroger. Ce qui logiquement engendre de petites tensions.

Peut-on se "préparer à bien jouer" autrement ? Cela pourrait être possible, en choisissant des partenaires de jeu de niveau inférieur. Un choix qui autoriserait, sans avoir la contrainte du résultat, à la fois la construction du jeu et l’évaluation du potentiel tant collectif qu’individuel du groupe. Mais quel entraîneur oserait, à l’aube de l’ouverture du Top 14, se présenter sans avoir été confronté en amont à des matchs de haut niveau ?

L'essai de Masaga, "un essai comme je les aime"

Le sud en termine avec le Super 15. Les Chiefs de mon ami Wayne Smith, ex-entraîneur des champions du monde aujourd’hui à la tête de la franchise néo zélandaise, affronteront les Brumbies. Wayne, dans un mail reçu après sa victoire en ½ finale contre les Crusaders, se disait surpris par cette victoire des Australiens, qu’il n’attendait pas. Il me disait devoir analyser leur jeu mais qu’il n’allait pas se prendre la tête. Il avait pleine confiance en son équipe pour imposer le jeu qui leur avait permis d’en arriver à ce stade de la compétition.

J’avoue avoir apprécié dans cette demi finale le spectacle proposé par ces deux collectifs. Les Chiefs ont délibérément choisi le jeu à la main, ce qui n’est pas étonnant quand on connaît le penchant de Wayne. Dans le même temps, les Crusaders s’appuyèrent davantage sur le jeu au pied de Dan Carter sans pour autant en abuser. Mais c’est plutôt sympa, pour une fois, de voir que l’équipe qui a été la plus joueuse et qui m’a semblé pratiquer un rugby libéré, s’impose.

Le rugby aujourd’hui nous livre trop souvent le spectacle d’un parfait agencement, qui supprime liberté d’initiative et créativité, pour ne pas louer l’essai de l’ailier des Chiefs, Masaga. Sur une longue action collective, il se retrouva sur son aile coincée par la défense adverse. Là où beaucoup auraient choisit l’affrontement et la conservation par un temps de jeu supplémentaire, il préféra "intuitivement ou créativement", lui seul le sait, s’engager à rebrousse poil du "trop plein" de défenseurs qui avaient envahi son aile pour s’enfoncer dans le "vide" d’un espace central pour un essai comme je les aime, adaptatif, sans ambiguïté, sans dépendance avec tout plan de jeu ni consignes.

Dans cette dynamique, l’essai de Dagg, arrière des Crusaders, ne manque d’intérêt. Dans la foulée d’un premier cadrage débordement, il en réussit un second tout aussi étonnant sans se préoccuper du soutien extérieur. Autant d’actions singulières favorisées par le jeu total qu’ont su développer ces deux équipes.
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Jeu 22 Aoû 2013 - 12:13

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22/08/2013 - 09:26 - Rugbyrama


"Chaque collectif se reconstruit"



A l’époque quand nous commencions une nouvelle saison, nous abordions celle-ci avec un sentiment d’appartenance à une région, à un club, à une équipe et forcément à une culture rugbystique. Cette appartenance nous permettait d’aborder le championnat sans grande incertitude, sur la valeur escomptée de notre collectif. En tout cas, nous étions rassurés puisqu’il nous semblait que l’on s’inscrivait dans la continuité de la précédente saison.Cette appartenance, aujourd’hui, a explosé. D’une année sur l’autre, sauf exception, chaque collectif se reconstruit. Avec un nouveau staff, avec un nouveau collectif, souvent avec les deux. L’enrichissement du potentiel recherché créant un climat concurrentiel que l’on connaissait peu il y a encore peu de temps. Une telle donnée tend logiquement à augmenter le degré d’exigence.

"Gagner vite, sinon l'exploit devient une contrainte"

Face à cette mouvance, il s’agit de faire en sorte dans un temps limité de vite créer les liens utiles, tactiques et relationnels, sur et en dehors du terrain afin d'aborder ce fameux premier match. Celui-ci, va de fait prendre une connotation particulière puisqu’il s’agit de gagner pour se rassurer . Pour conforter entre autres, l’opinion, les supporters et les médias. Sinon, pour les battus, les frémissements de premières tensions perturbatrices risquent de sourdre. Surtout si dans la foulée, le deuxième match est jugé à risque.

Dans ce championnat, plus compétitif chaque année et noyé dans des enjeux cruciaux, les premiers résultats sont essentiels. Les équipes se préparent toujours mieux. Il faut gagner de suite. Pourquoi? Tout simplement pour ne pas entrer dans la zone rouge et ne pas avoir à vivre un début de saison psychologiquement fragilisant. Et ce pour les joueurs et pour les entraîneurs. Gagner vite, sinon l'exploit devient une contrainte. A la longue, ce facteur peut se révéler déstabilisant.

"Le mal n'est pas dans la règle, mais dans l'esprit"

Dans le cadre de ce premier match du Top 14, aucun entraîneur, aucune équipe, ne pouvait se permettre de faire une impasse. Pouvait t-on s’attendre à un jeu spectaculaire ? Nous pouvions en rêver, mais l’obligation de résultats a pris le dessus. Dans la plupart des rencontres, nous avons été conviés, à défaut d’un jeu léché et bien construit, à un engagement dans l’affrontement, tant offensif que défensif d’une rare intensité. Préfigurant ce que seront les joutes futures. D’une certaine manière, cette intensité physique a assuré le spectacle. Un spectacle qui, sans ce facteur, aurait été collectivement parlant d’une rare indigence. Je pense entre autres, au match opposant Biarritz à Clermont, qui a donné lieu à un maximum d’erreurs tant individuelles que collectives.

Pour ne rien arranger, les arbitres, et c'est un peu inquiétant, ont été contestés dans bien des rencontres. En mêlée, les nouvelles directives sur l’engagement n‘ont pas vraiment modifié les comportements. Elles n’ont pas apporté aux arbitres la sérénité utile pour gérer cette phase sans avoir à trop pénaliser. Le mal n’est pas dans la règle mais dans l’esprit avec lequel les antagonistes comprennent et exploitent la mêlée. Avec ce nouveau règlement l’engagement n’a pas été supprimé mais modifié. Tant que les premières lignes considéreront que la mêlée commence à l’engagement et pas au moment de l’introduction, les tricheries perdureront. Malheureusement, une bonne mêlée n’est plus à ce jour évaluée sur la capacité à gagner le ballon pour une utilisation optimale. Les maux d’hier risquent de persister encore un certain temps...

Autre inquiétude: l’utilisation élargie du "vidéoman" menace de créer des situations litigieuses d’arbitrage qui risquent d'être sujettes à polémique. De plus, les temps morts ne manqueront pas de s'accumuler. Il y a un risque à vouloir en terme d’arbitrage tout rendre lisse. Bien sur que le règlement doit aider l’arbitre à la recherche de l'équité. Mais en lui donnant les moyens de vérifier, à posteriori, la validité d’un essai, dans toute la phase de jeu qui précède, on entre dans un engrenage. L'arbitre va ainsi y perdre un peu de son autonomie dans le cadre des possibilités d’interprétations du jeu qui lui était auparavant accordées.
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Pat de Mérignac
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Jeu 22 Aoû 2013 - 14:10

gir3347 a écrit:
La Chronique de Pierre Villepreux


22/08/2013 - 09:26 - Rugbyrama


"Chaque collectif se reconstruit"



A l’époque quand nous commencions une nouvelle saison, nous abordions celle-ci avec un sentiment d’appartenance à une région, à un club, à une équipe et forcément à une culture rugbystique. Cette appartenance nous permettait d’aborder le championnat sans grande incertitude, sur la valeur escomptée de notre collectif. En tout cas, nous étions rassurés puisqu’il nous semblait que l’on s’inscrivait dans la continuité de la précédente saison.Cette appartenance, aujourd’hui, a explosé. D’une année sur l’autre, sauf exception, chaque collectif se reconstruit. Avec un nouveau staff, avec un nouveau collectif, souvent avec les deux. L’enrichissement du potentiel recherché créant un climat concurrentiel que l’on connaissait peu il y a encore peu de temps. Une telle donnée tend logiquement à augmenter le degré d’exigence.

"Gagner vite, sinon l'exploit devient une contrainte"

Face à cette mouvance, il s’agit de faire en sorte dans un temps limité de vite créer les liens utiles, tactiques et relationnels, sur et en dehors du terrain afin d'aborder ce fameux premier match. Celui-ci, va de fait prendre une connotation particulière puisqu’il s’agit de gagner pour se rassurer . Pour conforter entre autres, l’opinion, les supporters et les médias. Sinon, pour les battus, les frémissements de premières tensions perturbatrices risquent de sourdre. Surtout si dans la foulée, le deuxième match est jugé à risque.

Dans ce championnat, plus compétitif chaque année et noyé dans des enjeux cruciaux, les premiers résultats sont essentiels. Les équipes se préparent toujours mieux. Il faut gagner de suite. Pourquoi? Tout simplement pour ne pas entrer dans la zone rouge et ne pas avoir à vivre un début de saison psychologiquement fragilisant. Et ce pour les joueurs et pour les entraîneurs. Gagner vite, sinon l'exploit devient une contrainte. A la longue, ce facteur peut se révéler déstabilisant.

"Le mal n'est pas dans la règle, mais dans l'esprit"

Dans le cadre de ce premier match du Top 14, aucun entraîneur, aucune équipe, ne pouvait se permettre de faire une impasse. Pouvait t-on s’attendre à un jeu spectaculaire ? Nous pouvions en rêver, mais l’obligation de résultats a pris le dessus. Dans la plupart des rencontres, nous avons été conviés, à défaut d’un jeu léché et bien construit, à un engagement dans l’affrontement, tant offensif que défensif d’une rare intensité. Préfigurant ce que seront les joutes futures. D’une certaine manière, cette intensité physique a assuré le spectacle. Un spectacle qui, sans ce facteur, aurait été collectivement parlant d’une rare indigence. Je pense entre autres, au match opposant Biarritz à Clermont, qui a donné lieu à un maximum d’erreurs tant individuelles que collectives.

Pour ne rien arranger, les arbitres, et c'est un peu inquiétant, ont été contestés dans bien des rencontres. En mêlée, les nouvelles directives sur l’engagement n‘ont pas vraiment modifié les comportements. Elles n’ont pas apporté aux arbitres la sérénité utile pour gérer cette phase sans avoir à trop pénaliser. Le mal n’est pas dans la règle mais dans l’esprit avec lequel les antagonistes comprennent et exploitent la mêlée. Avec ce nouveau règlement l’engagement n’a pas été supprimé mais modifié. Tant que les premières lignes considéreront que la mêlée commence à l’engagement et pas au moment de l’introduction, les tricheries perdureront. Malheureusement, une bonne mêlée n’est plus à ce jour évaluée sur la capacité à gagner le ballon pour une utilisation optimale. Les maux d’hier risquent de persister encore un certain temps...

Autre inquiétude: l’utilisation élargie du "vidéoman" menace de créer des situations litigieuses d’arbitrage qui risquent d'être sujettes à polémique. De plus, les temps morts ne manqueront pas de s'accumuler. Il y a un risque à vouloir en terme d’arbitrage tout rendre lisse. Bien sur que le règlement doit aider l’arbitre à la recherche de l'équité. Mais en lui donnant les moyens de vérifier, à posteriori, la validité d’un essai, dans toute la phase de jeu qui précède, on entre dans un engrenage. L'arbitre va ainsi y perdre un peu de son autonomie dans le cadre des possibilités d’interprétations du jeu qui lui était auparavant accordées.
Pas une virgule à changer à l'analyse...mais le Top 14 lui non plus ne changera pas d'une virgule ! What the fuck ?!? 
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Ven 30 Aoû 2013 - 1:13

La Chronique de Pierre Villepreux


29/08/2013 - 08:58 - Rugbyrama

"Pourquoi pas un système à deux arbitres de champ ?"


Encore une fois, les raisons, certes louables, qui poussent à rechercher un arbitrage idéal pour ne pas dire équitable risquent progressivement, compte tenu de ses effets pervers, de transformer la réalité vivante du jeu. Il s’agit pourtant bien d’une aide pour l’arbitre dans sa prise de décision. Par exemple, quand l’équipe détenant le ballon marque un essai et que l’un des officiels du match a un doute sur une faute produite dans le champ de jeu de la séquence ayant conduit à l’essai. Les restrictions jusqu’à présent touchaient :

- La zone d’en but pour juger si un essai a été marqué ou analyser si le joueur a oui ou non bien aplatit le ballon

- Les tentatives de buts, drops ou transformations douteuses

- Le joueur qui, avant de marquer, aurait été ou non préalablement en touche.

Cette aide à la décision était déjà conséquente auparavant. Elle l'est encore plus aujourd'hui, avec les nouvelles dispositions suivantes:

- Les officiels ont la possibilité d’invalider un essai quand ils jugent qu’une faute a peut être été faite dans la phase précédente à la réalisation. Seule restriction, on ne peut revenir au delà des deux deniers regroupements quand,bien sûr, les utilisateurs du ballon en ont concédé. ( On pourrait ainsi, pour une équipe qui marquerait un essai en partant de son propre en-but sans concéder de regroupements, voir celui-ci être invalidé pour une faute douteuse commise au départ de la séquence).

- Enfin, ce qui est logique, la possibilité d’évaluer une situation de jeu déloyale dans la phase considérée.

A ce jour, après deux journées de Top 14, le débat porte essentiellement sur les passes en avant litigieuses. Mais demain, compte-tenu de la complexité du jeu et de ses points de règlement, l’intervention arbitrale peut s'avérer plus pesante et accroître les arrêts de jeu, entraînant ainsi une multiplication de temps morts préjudiciables à l’équité du match en question, tout en provoquant un allongement des temps de récupérations faussant la réalité des exigences demandées en terme d’ effort physique. Rapidement et logiquement, les joueurs évolueront alors à la limite du coup de sifflet. Ils risqueront dans ce cas d’autant plus de remettre en cause la validité d’un essai.

Le risque, c’est aussi de saucissonner encore plus le jeu en en découpant la réalité vivante. La cohérence arbitrale, celle qui doit s’exprimer aussi dans l’appréciation du rapport de force, est en effet atténuée. Le pouvoir de l’arbitre peut, à terme, être tronqué. Je parle de cette maîtrise qui lui permettait de garder une certaine relation avec le jeu, d’exprimer et de se valoriser par un certain style d’arbitrage en donnant du sens à ses interprétations. Cette aide au jeu si l’on continue dans cette voie sera malheureusement de plus en plus difficile à cerner. Cette évolution pose problème. Pour l'intérêt du jeu, ne vaudrait-il pas mieux instaurer un système avec deux arbitres de champ ?
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Ven 30 Aoû 2013 - 12:45

[quote="gir3347"]La Chronique de Pierre Villepreux


29/08/2013 - 08:58 - Rugbyrama

"Pourquoi pas un système à deux arbitres de champ ?"


Cette évolution pose problème. Pour l'intérêt du jeu, ne vaudrait-il pas mieux instaurer un système avec deux arbitres de champ ?


Ouais, bof !!!!  Confused  
Comment feront-ils quand il y aura un doute sur 1 essais litigieux???
L'un:Pour moi, il n'y a pas essai!!
L'autre: Pour moi, c'est bon, je ne vois pas de faute!!!
Les deux: Alors, on accorde ou pas??
L'un: Telle est la question???
Les deux: Ben, y a plus qu'à faire appel à l'arbitrage vidéo!!!!batman 

Remarque, ça peut être un bien pour les buvettes, car on aura le temps de s'en jeter une derrière la cravate, le temps de la décision définitive!!Mr.Red Wink
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Ven 30 Aoû 2013 - 13:12

ce pauvre villepreux est bien pathetique et montre bien à quel point il est obsolete de nous proposer cette idée qui date de la nuit de s temps
on comprend mieux pourquoi le rugby n avance pas avec des gens comme ça à sa tete
qu il continue de nous distiller ses commentaires sur le jeu et les valeurs, mais qu il laisse aux jeunes le soin de proposer des idées neuves
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Jeu 19 Sep 2013 - 15:17

La Chronique de Pierre Villepreux



19/09/2013 - 12:39 - Rugbyrama -


"Coupes d'Europe: il est urgent de ne rien changer"


Les clubs français, via la LNR et en accord a priori avec leurs collègues anglais, menacent de  descendre dans la rue, contestant ainsi le  pouvoir de l’ERC, société  organisatrice  des coupes d’Europe. Un pouvoir qui a pourtant été renouvelé à cette institution dans un passé pas si lointain et dont le français Jean-Pierre Lux en est le président.

Français et Anglais  menacent de créer leur propre compétition s’il n’intervient pas de changement dans la formule des compétitions et dans la répartition des revenus. Clairement, sont mis en cause les avantages accordés aux  franchises celtes (pays de Galles, Irlande, Ecosse) et italiennes, toutes impliquées dans la compétition de la "Celtic League".

Légalement, il  paraît difficile de réaliser une telle sécession. Ce serait en tout cas fort dommageable pour le rugby, qui aurait ipso facto beaucoup à y perdre. Surtout en terme de crédibilité et de visibilité que la coupe d’Europe a fini, avec bien du mal, à acquérir au fil des années.

Sans entrer dans le domaine des problèmes politiques indubitablement omniprésents ni sur la légitimité de la répartition des revenus, facteur majeur en cette période de crise, je préfère donner un avis sur la dimension sportive.

Bien sûr que le système de qualification actuel dans la coupe d’Europe n’est pas représentatif de la même équité sportive pour tous les participants.  En Top 14 et en Premiership (championnat anglais), la représentation concerne les clubs. Les deux championnats nationaux  donnent lieu à un classement et une qualification "au mérite" dans la saison considérée.  En revanche, les franchises celtes, auxquelles s’ajoutent les deux italiennes, ne participent pas dans leur pays à un championnat national. La compétition, appelée "Celtic League", voit s’opposer ces franchises qui n’utilisent pas pour autant le même système de qualification, ignorant le mérite.

On ne peut pas dire qu’en qualifiant toujours les mêmes franchises pour chacune des nations, quels que soient les résultats dans la compétition qui les oppose, on soit dans le "sportivement parlant" correct.

L’effet pervers c’est qu’à l’inverse du Top 14 et de la Premiership, compétitions très concurrentielles pour accéder à la fois à un titre national et à une représentation en Heineken Cup,  qu'il serait logique de reprocher aux diverses franchises de se servir de cette compétition pour préparer dans les meilleures conditions les joutes européennes. La compétitivité que l’on serait en droit d’attendre est donc en cause.

D’un côté, sous l’égide respectivement de la LNR et de la Premiership, on vise un titre national. De l’autre, dans la Ligue celte, l’état d’esprit par rapport à la compétition ne peut pas être le même, puisqu’il s’agit bien de faire se rencontrer des équipes représentatives du meilleur niveau dans leur pays respectif par franchises interposées. L’objectif étant de préparer  les collectifs  le mieux possible à la fois pour la coupe d’Europe mais aussi pour leur équipe nationale, cela nécessite pour les trois nations une présence  constante dans la compétition la plus relevée.

Perdre cette dynamique de visibilité que génère la Coupe d’Europe majeure risquerait à terme d’affaiblir la politique sportive mise en place dans ces pays. Changer ce qui aujourd’hui marche bien est un risque. Les franchises, principalement irlandaises et galloises,  à un degré moindre écossaises et pourquoi pas demain italiennes, ont au fil du temps acquis ou sont entrain d’acquérir une renommée sportive qui attire et intéresse  public et partenaires.
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Mar 15 Oct 2013 - 11:15

La Chronique de Pierre Villepreux



03/10/2013 - 14:28 - Rugbyrama


"On préfère former des joueurs obéissants"


A l’heure actuelle, les joueurs me semblent bien souvent empruntés pour répondre aux situations imprévues qui surgissent ici et là, au gré des rapports force rencontrés. Quand le jeu à réaliser ne répond plus aux attendus, les décisions prises pour le rendre efficace ne sont pas toujours en adéquation avec la situation du moment. Changer ce qui était prévu, c’est prendre une décision en relation avec la nouvelle problématique que génère le dialogue attaque –défense. Un choix qui implique d’accepter d’engager sa responsabilité car il s’agit bien, pour répondre avec justesse au jeu situationnel, en sortant du chemin prévu par une organisation et prévision de jeu programmé.

Un élément d’explication peut être trouvé dans le fait que le jeu de haut niveau soit super organisé, avec sa kyrielle de plans de jeu divers et variés. Ces derniers sont devenus incontournables mais entraînent des effets pervers. En effet, apporter au collectif une façon idéale de jouer au rugby en programmant les déplacements est rassurant. Engagés dans ce jeu préfabriqué et aspirés par cette dynamique, les utilisateurs du ballon ne recherchent pas forcément d’options différentes, ni ne saisissent celles qui se présentent. Ils n’usent pas de cette liberté d’initiative que procure justement le jeu qui, par essence, implique logiquement de s’adapter à l’inattendu.

Quand le porteur de balle prend la bonne décision et fait le bon choix, la réactivité collective de ses partenaires fait souvent défaut. Le “trop programmé” tend à bloquer la spontanéité à la fois du porteur de balle décideur, et des partenaires. Il s’agit bien d’un manque d’interactivité dans la pensée tactique, celle du jeu à réaliser dans l’instant T. Les coupures qui se produisent entre le joueur exploitant avec pertinence le jeu situationnel du moment et le soutien proche sont fréquentes et sont la conséquence de carence dans la lecture du jeu. La finalité du jeu à réaliser dans l’instant n’a pas le même sens pour tous. Les finalités du soutien et celle du porteur de balle n’est pas achevé.

Il s’ensuit souvent une course individuelle qui n’est pas suivie d’effets positifs puisque les soutiens n’anticipent pas le choix fait par défaillance dans la lecture du jeu.

Aujourd’hui, en compétition, le prévu s’impose à l’imprévu car l’organisation doit donner à tout le collectif l’impression que tout peut être maîtrisé. Le sens que l’on donne à l’action s’inscrit dans la dépendance à des formes de jeu et aux techniques qui vont avec. On assure, pour le faire, une distribution des joueurs dans l’espace de jeu qui visent, sinon à éliminer les situations perturbantes, du moins à en limiter les effets en n’affrontant pas le degré plus ou moins important d’incertitude qui va avec.

Dans la formation du joueur, et trop souvent à l’Ecole de rugby, on n’apprend pas à "jouer avec l’imprévu", en tout cas on ne prend en compte pas ce facteur essentiel comme moyen de formation dans les phases d’apprentissages. On préfère former des joueurs obéissants.

Le concept "sens du jeu" est alors beaucoup trop circonscrit dans la récitation, d’un idéal de jeu, celui énoncé dans le catalogue rugbystique et ou par imitation. Le sens alors développé conduit alors à des comportements et attitudes qui ne sont pas en adéquation avec le jeu situationnel. L’activité adaptative du joueur est tronquée et ce, quel que soit son niveau de pratique. Il s’agit bien d’une carence d’ adaptation active celle qu’il s’agit de développer et de rendre consciente aux joueurs pour les amener à mobiliser le "facteur adaptatif" avec pertinence en toutes circonstances.

Dans les entraînements de haut niveau, ce facteur d’imprévisibilité semble "gêneur": il est rarement pris en compte ou mal compris dans le travail proposé dans les entraînements qui ne laissent que peu de place au jeu total dans toute sa complexité en laissant au joueur la liberté utile pour choisir décider et agir, réussir et bien sur se tromper. On y préfère la maintenant très traditionnelle mise en place qui, forcement, tend à déqualifier le jeu situationnel.

Malgré tout, si l’on accepte que la performance rugbystique peut aussi s’inscrire dans un moment de jeu où une phase durant laquelle le joueur réalise, dans la situation présente, une action qui s’avère déterminante, alors on peut se réjouir que chaque journée du Top 14 nous amène à jouir d’ actions individuelles qui allient spectacle et efficacité. Les joueurs talentueux existent, et grâce à leur potentiel adaptatif ils surprennent certes les défenses mais malheureusement trop souvent leurs partenaires. Ils sont contraints à finir seuls leurs actions, ce qu’ils font quelquefois très bien (exemple le demi de mêlée montpelliérain Pélissié la semaine dernière face à Clermont) et quand l’objectif n’est pas atteint, on parle de "détails" mal maitrisés.

Ces actions tranchantes de jeu individuel sont bien sûr une réelle performance. Oui, à condition de considérer cette initiative comme la conséquence du jeu juste à faire dans le cadre de la prise de décision pertinente que le rapport de force dans la situation de jeu attaque-défense impose. Quand l’action en question se reconnaît par sa différence, pour ne pas dire son originalité, se démarquant ainsi de ce que d’autres auraient pu faire dans des circonstances identiques et si … en plus, le résultat final du match en est la conséquence positive, on a alors tendance à parler d’exploit que l’on relie souvent à d’autres facteurs, la dimension physique entre autres. On oublie qu’il s’agit bien d’un moment d’intelligence et de créativité.

En effet ces "passes- murailles", d’abord joueurs “intelligents d’espace", ne sont pas si nombreux, mais ils excellent plus souvent dans ces situations d’incertitude. Intuition diront certains, là où d’autres y verront de l’intelligence, facteur essentiel dans la performance qu’il convient de continuer à développer y compris chez les meilleurs. Malheureusement, quand le système de jeu s’impose par des obligations de positionnement préétablis, ils risquent d’y perdre leurs repères, ce qui serait dommage.

Enfin… jouer avec l’incertitude inspire de la méfiance... On y préfère les répétitions programmées de phases improbables qui alliées avec l’obligation de gagner sont plus sécurisantes. Mais il s’agit d’une tendance qui dans le temps risque d’évoluer.
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Mar 15 Oct 2013 - 11:28

Ce qui est certain, et on le vérifie à chaque journée, c'est que très peu de joueurs ont le sens de "l'intuition" et là aussi lorsqu'ils l'ont il n'y a pas de suivi par leurs co équipiers (ou pas souvent).

On a l'impression qu'ils répètent leurs gammes ou plutôt leurs combinaisons et puis point barre. Plus beaucoup de "vista", plus beaucoup d'anticipation, pas beaucoup d'adaptation lorsqu'une combinaison échoue.....

Certes on a dans nos championnats quelques virtuoses qui osent....mais souvent beaucoup récitent leur partition.....uniquement !
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MessageSujet: Re: La Chronique de Pierre Villepreux   Mer 8 Jan 2014 - 0:40

La Chronique de Pierre Villepreux


17/12/2013 - 16:48 - Rugbyrama


"Le rugby européen rentre toujours avec du retard dans la modernité du jeu"


Les matchs aller de la coupe d’Europe ont fait resurgir, au delà des résultats, les bons comme les moins bons, un des maux du rugby français. J’évoque cette faiblesse récurrente constatée au fil du temps, en équipe nationale, dans le Top 14 voire en championnat européen, à ne pas s’engager dans la continuité d’une compétition, pire d’un match, dans une dynamique de jeu résolument entreprenante et créative.

Il s’agit bien d’une espèce de frilosité qui tend bizarrement à nous détourner d’accepter sans crainte de produire "plus de jeu", quelles que soient les circonstances et les adversaires. Dans le temps, cette mise en place et œuvre d’un rugby toujours plus volumineux, qui multiplie et diversifie les situations et les formes de jeu, amènerait forcément les joueurs à sortir, voire à ne plus devoir obéir, au jeu structuré préétabli.

On s’aperçoit trop souvent que l’ambition de jeu diminue en fonction des résultats. Ceux-ci, de manière incontournable, réduisant le volume qui va avec. Dommage car au fil du temps, le vécu et les expériences acquises en continu pour le porteur de balle et le collectif les conduiraient, du fait d’être confronté à un nombre croissant de situations imprévues et variables, à mieux appréhender et lire les situations de jeu qui se présentent. Une façon de concevoir le jeu qui dans la continuité et le vécu récursif des formes de jeu et de leur alternance, tendrait à élargir le pouvoir d’action et les savoir-faire tant individuellement que collectivement. L’acquisition de ces compétences élargies se mettant en place dans le cadre de repères à appréhender et à déceler à la vitesse du jeu. La compétition étant alors entendue comme un facteur supplémentaire de formation dans le cadre d’une toujours plus grande adaptation .

Depuis que le rugby existe, le rugby européen, celui des équipes nationales et donc des clubs rentre toujours avec du retard dans la modernité du jeu. L’impulsion ludique est souvent venue de l’hémisphère sud. Aujourd’hui, la compétition du Super 15 développe un volume de jeu qui consent aux joueurs plus de liberté d’initiative. Dans ce cadre, chacun, selon sa culture, est à même de réinvestir ces ambitions de jeu dans leurs équipes nationales. Les compétitions qui nous opposent mettant en évidence le retard de la vielle Europe. Malheureusement, la Coupe du monde tous les 4 ans ne permet pas, même si un exploit est toujours possible, de combler le déficit.

Curieusement on retrouve aussi cette tendance en Europe. Sans avoir forcement autant de potentiel que les clubs français, la majorité des clubs anglais et celtes y compris les moins huppés s’engagent et produisent globalement un jeu plus ambitieux et plus volumineux que les équipes françaises. Même si dans l’instant, ils n’y obtiennent pas toujours l’efficience et les résultats recherchés, il n’y a pas d’un match à un autre une remise en cause du style choisi. Progressivement ils puisent dans cette constance la confiance utile, celle dont on a besoin pour ne pas désavouer le jeu et le spectacle choisi dès le premier échec.

Je parle du choix d’un jeu qui ne perd pas de vue l’obtention dans le temps de résultats. C’est bien le choix d’un style qui est à rechercher de manière pérenne, pour pouvoir bénéficier des effets de performance et résultats logiquement attendus. La germination du jeu collectif recherché prend tout son sens derrière la prise de risque et la concordance de créativité qui va avec. Créer cette dynamique qui vise à toujours plus et mieux entreprendre n’est pas si facile mais c’est une option qui, à terme, doit permettre d’imposer son jeu et d’y trouver une identité.

Bien sûr, à contrario de cette polarisation, on peut opposer un jeu plus régressif, plus restrictif. Faire le choix d’un jeu plus pragmatique permettra sans doute de gagner ponctuellement un match voire une compétition mais celui-ci ne s’inscrira pas, en tout cas moins, dans une continuité de performance et ne facilitera pas l’évolution du collectif pour évoluer vers une vision et une école de jeu qui n’a rien d’utopique.

Est-on aujourd’hui, dans notre société rugbystique, à même d’entendre et d’accepter ce discours? Ce pari est-il si intenable? N’est-il pas recevable puisque, dès le premier accroc à la recherche de solutions dans des domaines du jeu particuliers, pour ne pas dire restrictifs, qui peuvent résoudre le problème du moment mais pas le fond?
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