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 Interview d'un ancien Eric Gleyze

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MessageSujet: Interview d'un ancien Eric Gleyze   Sam 28 Aoû 2010 - 12:37

je me permet de reprendre cet interview fait par B Chomeil sur E Gleyze parce que ce dernier est mon entraineur de rugby cette année, hier soir devant une ventreche saucisse et haricot vert, vin rouge apres l entrainement, il nous a dit bcp de choses, cet homme a l'air passionnant





Interview de celui qui, en 1988, fut champion de France avec le SUA.

On dit des rebonds du ballon ovale qu’ils sont capricieux. Le rugby laisse toujours une place au hasard. La trajectoire d’Eric Gleyze en est une succession. A 42 ans, entraîneur du SC Aiguillon depuis 2 ans, champion de France en 1988 sous le pseudonyme de « Karl », Eric Gleyze a son histoire et son vocabulaire. Des maux, des mots. Des fantômes, des démons. Et une quinte de ruptures. La première date de 1991. Cette année-là, les portes de la maison bleue se ferment. Fils d’un bûcheron landais passé aux fourneaux et d’une mère institutrice, il se lance dans un grand voyage loin du pays où les bérets sont des cèpes...

Où est né ce goût du rugby ?
A Valence d’Agen. Mes parents y avaient été mutés. Le seul problème est que je plaquais les gamins dans la cour de récréation. Sur le goudron, ça faisait désordre. Mon père m’a dit d’arrêter. Je suis parti faire de l’athlétisme mais j’ai eu envie de regoûter au rugby. Mon père m’a dit : « d’accord mais tu vas au SUA ». J’y suis arrivé en 1978 en minimes.
Et dix ans plus tard, vous êtes champion de France avec le SUA.
Je suis arrivé pour la finale Agen-Tarbes. J’ai fait le quart de finale Agen-Toulouse, aller et retour, à Tarbes puis à Sapiac. Je me révèle. Je marque l’essai pour Agen-Tarbes. Il y avait une belle brochette de joueurs Bernard Viviès à l’arrière, Philippe Mothe et Philippe Sella au centre, « Coco » Delage en 10. J’ai vécu avec eux une vraie épopée rugbystique.
Celle du dernier bouclier agenais...
Une piètre finale soi-disant. On a gagné par un score étriqué (9-3) mais les Tarbais n’avaient pas montré grand chose. Nous, on a tenté.
Comment avez-vous vécu le fait d’être champion de France ?
C’est le plus beau cadeau qui peut arriver à un joueur. C’est l’aboutissement de beaucoup de travail. Derrière, il y a tout un village, un département, une région qui te suit. Quand tu es international, c’est beaucoup plus personnel. Etre champion de France, c’est une belle histoire.
C’était aussi l’époque du jeu à l’Agenaise.
Il y avait Philippe Sella qui était béni des dieux. A l’époque, il était en pleine possession de ses pouvoirs. Ce n’était que du bonheur. J’ai eu la chance de jouer à côté de grands joueurs. Je ne veux pas tous les citer mais quand même : Dubroca, Berbizier, Jean-Louis Tolot, Pujade, Erbani, Gratton... On était un grand poumon. Quand tu joues dans un chaudron magique comme le Parc des Princes, c’est merveilleux. Tu sens toutes les ondes positives.

« Tu deviens orphelin »

Fin de carrière au SUA en 1991. Pourquoi ?
Parce que Guy Basquet avait décrété qu’il ne me voulait plus. Un jour, après la rentrée 1991, je n’ai même pas été convoqué par lui. J’ai été convoqué par Ardoise qui était notre trésorier. Et il me dit : « Karl, on ne te veut plus ». Les cheveux longs, la bagouse, on ne te veut plus. Je suis parti une main devant, une main derrière.
Comment vit-on un tel départ ?
Le SUA, c’est ma mère nourricière, mes repères. Pour des raisons X que je ne me suis jamais expliqué, on te dit : « c’est fini ». Tu deviens orphelin. J’ai vécu un deuil qui a duré plus de 6 ans. Quand on parle de reconversion professionnelle dans le sport de haut niveau, moi je l’ai vécu tout seul. J’ai été abandonné. On peut comprendre ainsi pourquoi, des fois, on pète les plombs. J’étais déjà un garçon très bouillonnant dans ma personnalité. Il a fallu que j’évacue toute cette agressivité dans le football américain.
En 1991, vous partez donc à Blagnac pour jouer au football américain. Comment cela s’est-il passé ?
J’étais employé par la mairie de Blagnac et préparateur physique de l’équipe de football américain mais aussi de celle de tennis et de personnes en fauteuil (tétraplégique et paraplégique). Déjà, je rentrais dans le moule du social. A l’époque, Guy Novès entraînait Blagnac. J’ai failli signer mais j’ai finalement pris une année sabbatique. Et là, on m’a dit, si tu ne fais rien, fais du football américain. J’ai fait ça chez les Ours. J’ai rencontré une autre vie, une autre ambiance. Cela a calmé ma colère.

« La guerre sans les morts »<

Le football américain, un sport marginal en France…
Pratiqué par des gens marginaux aussi. Quand tu as connu ça, tu ne joues plus au rugby. Il y a une préparation difficile. C’est la guerre sans les morts, c’est la maison de la douleur. C’est un combat de guerriers, ça fait mal, ça pique.
Avec les protections, on a pourtant l’impression que c’est moins violent que le rugby.
Je vais te donner une image. Deux 35 tonnes qui roulent à 140 km/h et se rencontrent. C’est ça le football américain. En rugby, tu n’as pas ça car les contacts sont fuyants. On court avec l’adversaire. Là, on te demande de le stopper. C’est une autre démarche. Tout se joue au casque. J’ai vécu six mois avec des efferalgan. Mon meilleur ami, c’était UPSA. C’est un jeu simple. Tu as des trajectoires que tu dois accomplir. Tu étudies un parcours. Chacun a son rôle, son devoir, sa spécificité.
En venant du XV, est-on bien accepté dans le milieu du football américain ?
Oui. On avait des Canadiens, des trappeurs, qui étaient hockeyeurs à l’époque, des gens rudes ; on avait des barracudas, des gardes qui protègent les quaterbacks. Trois types qui portaient des bérets, des types qui faisaient 130 kg pour 1,98 m. On a vécu des choses spécifiques à Toulouse, on n’a pas toujours été très gentils. En fait, c’étaient des gentils dangereux. On a eu quelques résultats mais ce fut surtout une aventure très humaine où j’ai pu faire ma thérapie, mon travail de deuil par rapport au Sporting. J’ai pu me relancer, avancer dans ma vie et gérer le non-accompagnement. J’avais 27 ans quand on m’a coupé l’herbe sous les pieds.

« Si tu es seul, tu es mort »

L’aventure dure deux ans. Et après ?
Je fais une courte excursion à Cahors. Mais je n’en dirai pas plus car ce ne fut pas une belle histoire. Après, je suis parti à Nantes en tant que joueur au SNUC. J’ai fait une saison avant de passer entraîneur des juniors Reichels, puis celui d’une équipe de Rosay qui est montée de l’honneur à la Fédérale 3, une équipe régionale qui a été invaincue deux ou trois ans. Je suis revenu pour entraîner le SNUC avec Jean-Paul Trille. J’ai passé mon BE2 à Toulouse (en 2002) avec Lagisquet, Artiguste, Betsen, Roumat, Leflammant. Il y avait du beau linge. Et je me suis dit pourquoi pas une équipe avec des ambitions. Je suis parti à Domont. On a été champion d’automne dans le 95 et on est monté directement en Fédérale 1 quatre journées avant la fin. Là, j’ai beaucoup appris car je suis tombé sur un président qui, malgré mes résultats, m’a licencié pour des raisons économiques. Je comprends aujourd’hui mon erreur.
C’est-à-dire ?
Dans la vie, il faut travailler accompagné. Si tu es seul, tu es mort. Je me suis attiré la foudre sans le vouloir. Je me suis beaucoup investi à Domont mais j’ai travaillé seul et je l’ai revendiqué. Or il faut savoir partager. Ensuite, je suis parti à Tour. En Fédérale 1, Tours voulait monter en Pro D2. Jamais deux sans trois, je suis tombé sur un entraîneur qui avait les pleins pouvoirs. Mais je ne suis pas un porteur de mallettes. En décembre, il y a eu un conflit important et il m’a reproché les manques de résultat. Mais ça coûtait beaucoup d’argent au club de me licencier. On m’a demandé d’être coordinateur sportif et de m’occuper d’événementiel ; ça a bien marché. Je ne suis pas resté car le projet sportif ne m’intéressait pas.
C’était il y a deux ans. Pourquoi ce retour en Lot-et-Garonne ?
J’ai fait quelques démarches. Je me suis aperçu que ce n’est pas facile de retourner au pays car tout est gardé. Aiguillon m’a ouvert les bras. C’est une équipe à reconstruire. Une nouvelle équipe de dirigeants est venue avec le président Reginato que je tiens à saluer. Parallèlement, je suis médiateur en formation d’éducateur spécialisé.

« Jean-Louis Tolot est un grand bonhomme »

Le SC Aiguillon a un début de saison difficile.
Très difficile. Aujourd’hui, je suis dans le cadre dans la formation. Certains joueurs manquent d’école de rugby. L’école de rugby, c’est le un contre un. Plus tu es fort dans le un contre un, plus tu vas vers le haut niveau. C’est du travail à long terme, tu n’as pas forcément des résultats, c’est une remise en question permanente. Il faut trouver les mots, la pédagogie, tu fais du ludique, tu formes. Mais tu as un décalage. Tu as des joueurs qui pourraient jouer en Fédérale 3 mais qui ont fait un choix et tu as des joueurs qui arrivent de séries inférieures et qui apprennent. Il faut que le groupe avance. Voilà pourquoi tu as des résultats qui ne sont pas à l’image de ce que tu fais sur le pré. C’est dur.
Gleyze, c’est un nom en Lot-et-Garonne. Pas trop dur à porter ?
Le Sporting agenais m’a toujours connu en tant que Karl le marginal. Il ne m’a pas vu mûrir, il ne m’a pas vu grandir. J’étais un garçon qui avait des qualités de vitesse, de sprinteur mais j’avais mon caractère. J’étais spontané, généreux. J’aimais rire, j’aimais la vie. J’étais hors la loi. J’ai fait des choses qui m’ont porté préjudice au plus haut niveau car je n’entrais pas dans un moule. Quand je suis arrivé dans la cour des grands, j’avais 19 ans, j’étais gamin. Et à l’époque, on ne faisait pas de la pédagogie.
Des liens sont-ils encore noués avec cette période ?
Il y a quelqu’un que je j’adore, c’est Jean-Louis Tolot. C’est un personnage incontournable dans le rugby, un grand bonhomme avec un grand cœur. Il a montré la voie à pas mal de monde. On peut le remercier. C’est un garçon humain. Il disait : « la terre appartient à ceux qui la cultive ». Il y a, bien sûr, la réussite incontestable et méritée de Philippe Sella. Après il y a des entraîneurs qui se sont révélés comme Laurent Seigne ou qui sont en train de se révéler comme Benetton.

« Aujourd’hui, on vend du rugby »

Quel regard portez-vous sur le rugby des villages et celui du haut niveau ?
Il y a un fossé qui s’est creusé entre le sport spectacle et sport humanité, celui où on a des valeurs. Au plus niveau, il n’y a plus ces valeurs comme, par exemple, la famille. Aujourd’hui, on vend du rugby, on vend du business. L’homme est au second plan. Dans nos écoles rugby, dans les petits clubs, le plus important, c’est l’homme. On reçoit un homme et un joueur et on les fait grandir ensemble. Dans le plus haut niveau, on fait grandir le joueur et l’homme n’est pas important. Voilà comment on arrive à l’histoire de Marc Cecillon. On avait vu le joueur, pas l’homme. On ressent aussi ce décalage dans la formation. Nous en tant qu’entraîneur, on s’identifie à ce qui se fait au plus haut niveau. Il faut trouver des passerelles mais c’est difficile car il y a une cassure et il y a l’argent. Il n’est pas rare de voir des joueurs excessivement bien payés en Fédérale 3 comme s’ils jouaient en Espoir à Agen. Et quand tu vois ce que touchent les espoirs à Agen, il vaut mieux jouer en Fédérale 3.
Vous auriez aujourd’hui 20 ans. Vous vous sentiriez bien dans une équipe de Top 14 ?
Oui, je pourrais me teindre les cheveux en blond, je ferais des photos.
Vous étiez en fait en avance sur votre temps.
Un jour j’ai fait une soirée, il y a longtemps de ça, avec Castaignède qui est un grand joueur. Il m’a dit : « Karl, toi tu as fait l’autoroute mais tu n’as pas pu rouler dessus ».
D’où vient votre surnom de Karl ?
De Bernard Delbreil, un troisième ligne qui courait 11 au 100 m. Quand tu as un joueur comme ça qui court en travers, il faut courir un peu plus vite que lui quand tu débordais.
Vous vous souvenez de vos chronos à l’époque ?
J’avais été pris 10’’ 30 lancé et 10’’ 60 arrêté. C’est là où j’avais rencontré le petit Touret qui était Aiguillonnais et dont la maman est élu ici. Ce gamin-là a fait une carrière pré-olympique. Il m’avait mis un vent au 100 m. Il avait 16 ans à l’époque. J’ai couru à côté du grand Touret. Mon préparateur physique aujourd’hui c’est M. Jean-Paul Touret.

« Je suis en train d’écrire un livre »

Vous avez eu aussi une expérience avec des mal voyants quand vous étiez entraîneur à Nantes. Comment cela est-il arrivé ?
Un hasard, comme tout dans la vie. J’ai toujours aimé faire du social. La précarité m’a toujours interpellé, la misère m’a toujours interpellé. Un jour, je suis rentré dans un grand établissement à Vertou (banlieue de Nantes), les Hauts Thébaudières. Il s’occupait des mal voyants et des non voyants. Ce sont des enfants médicalisés. Je leur ai fait faire du sport. Il a fallu passer des barrières. Le côté médical, c’est la prévention. Et dans le sport, il y a des risques. Faire courir un mal voyant et non voyant, c’est un risque. Pendant 7 ans, je les ai observés. Aujourd’hui j’ai des choses à dire. Je suis en train d’écrire un livre sur tout ce que j’ai appris dans la représentation et dans l’interprétation des choses. Je fus ensuite entraîneur de l’équipe de France de football des mal voyants et non voyants. J’ai mis en place une codification pour avantager le non voyant.
Concrètement comment ça fonctionne ?
Le ballon est sonore. Et moi j’étais l’aboyeur. J’étais derrière les cages et je téléguidais les joueurs. Chez nous, tout est réglé avec les yeux. Tu fermes les yeux, tu entres dans le cognitif et tu travailles avec d’autres sens : le toucher, l’odorat et l’ouïe.
Vous avez aussi traversé le milieu carcéral.
J’ai travaillé aussi dans les prisons. A Cahors, en tant qu’éducateur sportif. J’ai appris là que « dans tout acte commis, il y a toujours du bon dans chacun » . L’acte, bien sûr, est punissable. Dans les prisons, j’ai rencontré des gens qui avaient fait du mal. La prison, ça se vit, ça ne se raconte pas. Quand tu passes l’entrée de la prison, il y a un secret.

« Le sport m’a sociabilisé »

Il y a un lien fort entre sport et social.
Le sport est un vecteur d’intégration social. Moi je suis un autodidacte. Le sport m’a sociabilisé et m’a éduqué. Le sport est aujourd’hui un moyen de réussite sociale malgré ton QI. Après, ça ne suffit plus aujourd’hui car c’est le joueur qui est seulement pris en compte.
Des regrets ?
Je n’ai pas eu le temps de discuter. Aujourd’hui, je prends le temps de comprendre et d’apprendre. J’étais un précurseur mais je l’ai payé au prix cher. Il y a eu un décalage entre moi et la société avec qui j’ai vécu. Je n’ai pas été apprivoisé mais je n’ai pas voulu l’être. Il n’y a que ma femme qui y est arrivée.
Vous êtes médiateur à la mairie d’Aiguillon.
C’est riche, très riche. Il y a des gens qui avaient des choses à dire. Je ne suis qu’une passerelle. Dans toute ville, il y a des gens difficiles. Plus la ville est petite, plus on met le paquet. A Paris, à Agen, à Aiguillon, il y a des gens difficiles. Ces gens-là ont des choses à dire. Moi, je m’y retrouve. Il me paraît évident d’aller les rencontrer et comprendre le disfonctionnement. Les gens ont besoin d’être écouter. Je suis là pour ça. C’est mon métier. Ma présence est une initiative du maire Pierre Polivka. Il a mis ça en place. Il a eu raison.
Le rugby est un fil conducteur dans votre vie.
J’ai toujours gardé en espoir qu’on m’ouvrirait une porte. Aujourd’hui, j’entraîne Aiguillon. J’ai fait un contrat tacite avec Aiguillon pour arriver à un objectif.
Quel est l’objectif avec le SCA ?
Arriver, un jour, à avoir une place honorable dans le championnat honneur. Et puis si, économiquement parlant on se structure, on pourra prétendre à la montée. Aujourd’hui le club avance. Il y a des partenaires. Il y a des gens comme Eric Basile, Jean-Pierre Dach, des partenaires, qui font bouger le rugby. On vend du rugby autour. On met de la musique, comme les pros. On a mis un peu la charrue avant les bœufs car on n’a pas encore nos hommes mais on y arrivera. On va former des joueurs et les amener là où ils veulent. Aujourd’hui si Agen vient me voir en me disant qu’ils ont des espoirs qui ne peuvent pas jouer, moi je les forme. Ils jouent avec nous et quand ils sont prêts, ils repartent.

« On fait plutôt le bœuf que le boucher »

Comment gère-t-on des défaites qui fragilisent toujours un club ?
La première gestion concerne les joueurs. Il faut jouer sur la psychologie. Après tu as l’environnement. On a la chance d’avoir un bureau, des dirigeants, des partenaires qui font osmose avec nous. On est protégé. On a une famille. Bien sûr, on entend des critiques du genre : « Gleyze avec son BE2, il n’a pas autant de résultats que ça ». Mais je sais où je veux aller avec mes hommes. Je prends mon temps. Je travaille. Aujourd’hui, un gamin qui a de grosses potentialités ne va pas pouvoir jouer au plus haut niveau. Autrement tu le mets en danger. Aujourd’hui à Aiguillon, devant, on n’est pas méchant. Aujourd’hui, comme dit un joueur, on fait plutôt le bœuf que le boucher. Mais un jour, ça changera. Parce que le mec aura compris ce qu’est un pilier, quelles en sont les contraintes du poste et ses devoirs. Un pilier, c’est un guerrier, un combattant ; c’est lui qui va te montrer la voie, il va te créer une brèche.
Un match référence ?
Il y a un match où j’ai vu nos limites c’est lorsqu’on a reçu Le Queyran. C’est l’arbre qui n’a pas caché la forêt mais qui m’a fait découvrir la forêt derrière. Il m’a fait voir toutes nos faiblesses mais aussi nos richesses. Après tu construis. On a perdu. Je sais pourquoi. Les garçons n’ont pas su jouer avec le stress, gérer leur anxiété. Et puis, techniquement, quand tu fais une erreur, tu le paies cash. Quand tu ne plaques pas un type, le mec passe et marque un essai. J’ai tout eu. Par contre, à la sortie, tous les joueurs se sont retrouvés comme une famille. On s’est mis ensemble et on a pansé nos plaies. Cela a été une révélation. C’est dans le trou que se révèle les grandes qualités humaines. Maintenant, il faut comprendre dans la poule où on évolue. Quand tu vois Cénac, il y a des mecs payés à 75 € l’essai. Ils ont un pouvoir d’achat énorme. Moi j’ai recruté en 3e et 4e série. Je m’estime donc aujourd’hui heureux d’être sixième à la sortie du mercato. C’est-à-dire qu’il y a eu du travail de fait.
Ecrit par : Bertrand Chomeil
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MessageSujet: Re: Interview d'un ancien Eric Gleyze   Sam 28 Aoû 2010 - 14:42

Merci Gobitcho

Restez vous même M. Gleize, l'avenir vous récompensera par une reconnaissance
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