Forum LE SUA VAINCRA


 
Le sua-vaincraAccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexionLe sua-vaincra

Partagez | 
 

 Bel aricle sur le rugby aux Fidjt

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
solen
Champion du monde
Champion du monde


Féminin
Nombre de messages : 13343
Age : 55
localisation : Cugnaux 31
Date d'inscription : 19/10/2006

MessageSujet: Bel aricle sur le rugby aux Fidjt   Dim 31 Oct 2010 - 12:58

QUAND LE RUGBY DEVIENT RELIGION


Pour une population de 850000 habitants les Fidji affichent un nombre étonnant de 60000 joueurs de rugby. Et si l’on sait que la moitié de la population de ce pays est composée d’Indiens d’origine dont peu pratiquent ce sport et que le rugby féminin n’a guère décollé, ces chiffres s’avèrent d’autant plus impres- sionnants. Cela signifie de fait qu’un Fidjien mâle sur quatre est un rugbyman.

Article du Midol. Reportage de : Jeremy Duxbury (correspondant permanent aux FidJi) Traduction de Jean-Roger Delsaud



Mais ces simples statistiques ne sauraient rendre compte de ce que représente réellement le rugby pour un peuple fidjien et le rôle éminent important qu’il joue dans la société locale. Il faudrait que les lecteurs de Midi Olympique puissent visiter ces Îles pour comprendre véritablement comment ce sport est profondément ancré dans la vie des habitants de ce pays. Un enracinement que l’IRB Sevens, dont les matchs de chaque tournois sont retransmis à la télévision nationale, n’a fait que renforcer. Il faudrait aussi ajouter que toutes les rencontres disputées par l’équipe fidjienne de rugby à 7 sont retransmises à la radio, un média éminemment important dans un pays comportant autant d’Îles dispersées dans le Pacifique. Et quand elle dispute une finale, c’est tout le pays qui s’arrête pour suivre l’évènement.

Difficile, pour les étrangers, d’imaginer la fièvre qui saisit les 300 îles de ce magnifique archipel lorsque, tous les quatre anas, la Coupe du monde déroule ses fastes… Toutes les astuces sont bonnes pour assurer une bonne réception des images dans les recoins les plus isolés du pays. Certains embarquent sur leur bateau et rament jusqu’à l’île la mieux desservie ; d’autres déménagent au sommet de la plus haute colline. Et lorsque les performances sont au rendez-vous, comme lors de Mondial français de 2007, tout le pays est submergé par une immense vague bleu ciel formée de dizaines de milliers de drapeaux. Lors du Fidi/Galles de Nantes, retransmis à 4 heures du matin, l’enthousiasme atteignit un tel paroxysme, avec ces 25 points marqués au cours de 11 minutes fabuleuses de la première mi-temps, que tout le monde fut réveillé dans le pays. Soit par le vacarme fait pas ses proches au sein d’une maisonnée en délire, soit par les cris montant de chez le voisins.



LE RUGBY A REMPMACE LA GUERRE

Le rugby rassemble ainsi les Fidjiens plus que n’importe quel autre facteur. Brad Johnstone se plaît à dire qu’il est le seul plaisir qu’ils aiment plus que la bouffe. D’autres avancent que le rugby convient parfaitement à la psychologie de ce peuple. Les guerres tribales des 18e et 19e siècle sont terminées ; elles ont été remplacées par ce sport de rugby. C’est sans doute pour cela que Fidjiens, Samoans et Tonguiens exécutent tous avant les matchs, depuis des lustres, des danses de guerre rituelles qui font désormais partie du jeu. On pourrait aussi dire que les Fidjiens adorent le rugby autant que les Français apprécient les bons vins…

Si les années 1880 marquèrent le début du rugby dans le pays par le biais de rencontres amicales, il fallut attendre 1913 pour assister à la création de la Fédération fidjienne, et 1924 pour voir l’équipe nationale disputer ses tests inauguraux contre les Samoa et les Tonga.

La première confrontation face aux Samoa demeure fameuse, dont le coup d’envoi fut botté à 7 heures du matin Apia, la capitale samoane, sur un terrain arborant un petit arbre dressé sur la ligne des 50 mètres. Les Fidjiens étaient, ce jour-là, tout de noir vêtus, ce qui leur valut l’appellation de « All Blacks des mers du Sud ». Mais ce n’est qu’en 1938 qu’ils disputèrent un test contre une équipe située hors des Îles du Pacifique. Ce fut contre le Maoris néo-Zélandais.

Cette série des trois tests se solda par une victoire de chaque côté et un nuln soit une égalité parfaite. Et la petites histoire raconte que les joueurs fidjiens, qui avaient pour le première fois été dotés de chaussures, les jetèrent sur la touche. Eux qui n’avaient jusqu’alors joué que pieds nus, trouvaient ces crampons bien inconfortables…



UNE HIERARCHIE SOCIALE QUI S’IMPOSE AUSSI AU RUGBY

Profondément immergé dans la société, le rugby ne saurait donc échapper aux règles qui la régissent. La population est répartie dans quelques 1650 villages, chacun organisé selon un système hiérarchique bien défini avec des grands chefs et des anciens possèdent l’autorité pour tout ce qui concerne les affaires de la communauté. Une hiérarchie locale reproduite à l’échelon national avec un grand chef pour chacune des quatorze provinces et des trois confédérations. Une hiérarchisation qui pèse également sur les relations entre les individus au sein de la communauté rugbystique tant le respect des valeurs traditionnelles est sacré et incontournable dans la culture des gens de ce pays.

L’importance du rugby dans la société fidjienne est aussi reflétée par le haut niveau social des membres de l’encadrement qui accompagnent traditionnellement l’équipe nationale en tournée. Le capitaine de la tournée de 1939 en Nouvelle-Zélande, Ratu Sir George Cakobau, était l’arrière-petit-fils du roi Seru Cakobau qui avait placé le pays sous l’autorité de la Grande-Bretagne en 1874.

Ratu (ce qui veut dire Chef) George et son frère Ratu Edward furent plus tard les représentants du gouvernement au cours des tournées des décennies 1950 et 1960. des équipes devenues, de fait, de véritables ambassadrices des Fidji à l’étranger. Car si le gouvernement tenait à déléguer systématiquement un officiel de haut rang dans l’encadrement, c’était pour maintenir la discipline au sein du groupe mais aussi développer les relations internationales du pays. Ratu George devient par la suite le premier Fidjien d’origine à occuper le poste de Gouverneur général ; et son successeur, Ratu Paniaia Ganilau, avait été son coéquipier dans l’équipe de 1939 et au cours de plusieurs tournées.

Le rugby est donc bien plus qu’un simple sport. Il permit, à de nombreuses reprises, de nouer un premier contact avec des nations étrangères tout en donnant une bonne image du pays. Le style de jeu enthousiaste, débridé de ces équipes fidjiennes, sans égal dans le rugby mondial, engendrant un énorme capital sympathie de la part des spectateurs et même des adversaires.

Lorsque le rugby devient professionnel en 1995, de nombreux joueurs purent monnayer leur qualités naturelles et leur talent à l’étranger. Essentiellement en Australie et Nouvelle-Zélande, avec juste quelques rares expatriés en Europe et au Japon. Puis avec l’assouplissement des règlementations européennes sur l’immigration en provenance des nations émergentes, de plus en plus de joueurs ont émigré en France. 44 figuraient dans les effectifs des clubs de Top 14 et de Pro D2 au début de cette saison. et des dizaines d’autres sont récensément dans les catégories espoirs et les clubs de Fédérales des précurseurs que furent Vilimoni Delasau à Mont-de-Marsan et Rupeni Caucaunibuca à Agen a ainsi ouvert la voie à une multitudes d’autres.

Avec de nombreux clubs espérant que « leur Fidjiens » deviendra le prochain Caucau ou le futur Nalaga.



UN EHRODE ECONOMICO-SPORTIF

Désormais, pratiquement tous les joueurs de niveaux provincial n’ont qu’un but : décrocher un contrat à l’étranger. Même en Pro D2 ou en Fédérale 1. car le salaire peut y être dix fois supérieur à ce que le joueur pourrait espérer en restant aux Fidji, à savoir 400 euros par mois.

Mais les clubs professionnels européens ont également appris qu’un joueur esseulé est parfois sujet au mal du pays, surtout s’il vient d’une région profondément rurale. La culture et le style de vie peuvent s’évérer si différents qu’ils risquent alors d’affecter le mental du joueur et par rochet ses prestations. Un Fidjien heureux jouera toujours beaucoup mieux et de nombreux clubs préfèrent donc en faire signer deux afin qu’ils se soutiennent moralement.

Un rapport de la Fiji Reserve Bank de 2006 est estimait à 500 le nombre de Fidjiens gagnant ainsi leur vie en jouant ou en entraînant à l’étranger, dont 20% dans l’élite. Ce qui aurait engndré des revenus de 20 millions d’euros dont une majeure partie rapatriée au pays pour aider la famille ou financer des projets. Avec le salaire payé dans le Top 14, l’Aviva Premiership et au Japon, ces joueurs se sont d’un coup trouvés en possession de capitaux disponibles dont une bonne partie a ainsi été investie dans l’achat de propriétés ou dans de petites sociétés comme des compagnies de taxis.

En tout cas, quels que soient les a priori des visiteurs qui arrivent aux Fidji, ils restent le plus souvent bouche bée face à l’énorme quantité de matchs disputés chaque jour (sauf le dimanche…) dans tous les villages. Témoignant de ce que le rugby est plus qu’un simple passe-temps national mais l’expression de la fierté d’une petite nation, à peine visible sur les mappemondes, qui compte une population équivalente à celle de Marseille mais qui peut rivaliser avec les meilleurs comme en témoigne son palmarès : deux victoires en Coupe du monde à 7 (1997 et 2005), deux places de quart-finaliste lors des RWC 1987 et 2007 et une place de barragiste pour les quarts de finale en 199.

Mais une péripétie résume à elle seule plus que tout l’importance du rugby aux Fidji. En décembre 2006, le coup d’Etat prévu fut repoussé de plusieurs jours car un grand match de rugby entre les équipes de l’armée et de la police avait été planifié. Or personne, parmi les putschistes, ne voulait manquer le match…



J'ai souhaité vous faire partager cet article, car je le trouve très beau, et plein de richesse.

Je souhaite le dédier à tout les Fidjiens qui pratiquent le rugby en France...









Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
BarDeLaPref
Champion d'europe
Champion d'europe


Masculin
Nombre de messages : 3652
Age : 64
localisation : De retour
Date d'inscription : 05/09/2009

MessageSujet: Re: Bel aricle sur le rugby aux Fidjt   Dim 31 Oct 2010 - 13:39

Bel article .... 60 000 joueurs pour 850 000 habitants, ça parait incroyable ... Ah si tous les coups d'état pouvaient être reportés pour cause de match .... Enfin bref.. merci Solen
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Bel aricle sur le rugby aux Fidjt
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Bel aricle sur le rugby aux Fidjt
» Le train du Rugby en Normandie
» Prière/invocation pour le rugby à Bordeaux
» Faire du Rugby, alors qu'on en a jamais fait
» Rugby +

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum LE SUA VAINCRA :: **Forum de rugby du Sua** :: -Messages aux joueurs/interviews/articles-
Sauter vers: