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 Blin/Embareck....polar'Encontre. La Dépêche du LG 8/3/2015

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agenais4747
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MessageSujet: Blin/Embareck....polar'Encontre. La Dépêche du LG 8/3/2015   Dim 8 Mar 2015 - 23:11


Agen. «Il n'y a pas de hasard ; je le dis aussi»

Mis à jour le 08/03/2015 à 3:50 AM

Organisé dans le cadre de Polar'Encontre, un échange entre Mathieu Blin, le manager du SUA, et le romancier Michel Embareck a eu lieu, vendredi soir, à Armandie, dans l'intimité du vestiaire des joueurs. Une pensée de Jean-Pierre Rives résume cette rencontre : «Au rugby quand on enlève le ballon il reste les hommes».

Un vestiaire est traditionnellement un sanctuaire de mots. Ceux qui sont prononcés entre ses murs sont momifiés. Ils appartiennent au lieu. Ils l'habitent. Ils n'en sortent pas. Vendredi soir à Armandie, dans celui des joueurs agenais, les voix de Michel Embareck et Mathieu Blin se sont mêlées à celles du passé. Certains de leurs maux ne franchiront pas la frontière de l'intimité du vestiaire.

Concocté dans le cadre de la dixième édition du salon Polar'Encontre, cet échange nourri entre le romancier (1) et le manager du SUA a accouché d'une intense discussion d'exactement 1h14min14s selon notre dictaphone. Les deux hommes se sont questionnés et écoutés.

Michel Embareck avait ramené de Paris le surnom sous lequel est connu, là-bas, Mathieu Blin à savoir «Momo.» Mais il n'y avait pas besoin de ça pour créer un lien entre deux personnages qui ne croient ni au hasard ni aux tripes argentines.

Nous reproduisons ici trois extraits piochés au cœur de ce moment de partage.

Rugby
Voix off : «Le rugby, dit Michel Embareck, est un affrontement constant entre la force et l'intelligence».

Mathieu Blin : «Le rapport poids/puissance prime plus que tout le reste. Ça, c'est de la ‘'bioméca''. Moi, j'étais un petit poids. Au-delà du côté combatif et autoritaire, il a fallu que je rende intelligente ma position. Plutôt que, pour assumer le côté première ligne et frontal d'un ‘'bugne à bugne'', d'aller essayer d'éclater la tête du mec en face de moi qui faisait 15 à 20 kg de plus, je choisissais de me faufiler le plus vite possible pour gagner un peu de temps afin d'espérer prendre ma place.

Et si je faisais ça, il n'y avait plus qu'à prévenir mon gaucher ou mon droitier que, sur celle-là, il devait se serrer plus vers moi.

Je n'ai jamais eu un bon rapport poids/puissance. En revanche, j'étais souple. Le fait d'être, en dessous, un chewing-gum me permettait de me plier comme un roseau et, surtout de me balader un peu plus à droite ou à gauche qu'un très costaud…»

Déracinement
Michel Embareck : «Je suis un gars de l'Est, une région avec une identité très forte qui, à 20 ans, s'est retrouvé propulsé à Paris puis en Touraine. Toi, tu es Parisien. Tu te retrouves à Agen. Est-ce que tu as vécu un déracinement ?

Mathieu Blin : «J'ai un manque de racine puisque mon grand-père Jacques Blin porte le nom d'un monsieur qui l'a reconnu quand il était tout jeune. J'essaie de le retrouver. Il y aurait peut-être un Arménien, diamantaire dans le Xe arrondissement mais ça pourrait être aussi un Espagnol ou un Portugais…

J'ai aussi des racines de Vendée, d'autres dans le Morvan mais le nom de Blin, que j'aime, n'est pas celui à l'origine de mes racines. Et, puis en tant que Parisien, j'ai eu des manques par rapport à mes potes du Sud-Ouest vis-à-vis de leurs traditions.».

M.E. : «Tu viens d'une région sans identité de table ni tradition festive pour te retrouver déraciné dans une région qui en a énormément. Moi, j'ai vécu l'inverse mais, curieusement, à Paris, c'est le rugby qui m'a permis de m'intégrer grâce à une bande des copains amateurs de ce jeu, de littérature, de musique et de table.

M.B. (sourire) : Vers Casteljaloux, j'ai discuté dans une cabane de chasseur avec un ancien deuxième ligne qui m'a dit : de toute façon, Blin, ne te tracasse pas, il te faudra trois générations pour te sentir intégré ici. Je crois surtout que, quand on vient officier auprès du SUA, on lui est redevable. On a le devoir d'être à la hauteur des attentes alors qu'il y a une nostalgie gigantesque. Mais Agen est le seul club que j'ai visité. J'habite à Sainte-Colombe- en -Bruilhois où se trouvait mon idole Philippe Benetton. Il n'y a pas de hasard dans la vie.

M.E. (il reprend) : «Il n'y a pas de hasard ; je le dis aussi»

Rencontre
M.B. : «Quand tu rencontres les gens, tu te rends compte, que tu apprends beaucoup de leurs différences. J'ai la chance d'avoir eu un environnement familial ou l'autre est plus important que soi-même. Il m'a permis d'être ouvert aux rencontres et comprendre tout ce qui peut nous rassembler : des odeurs, des couleurs, des goûts associés à des moments de tristesse ou de grande joie.

M.E. : «De nature, je suis un traînard, un voyageur, un mec qui s'assied à la terrasse des bistrots et qui discute avec n'importe qui. Il faut mixer ça avec la chose suivante : Je donne un cours d'écriture à Science Po qui s'appelle «derrière la vitre de la vie». J'explique aux jeunes que ce n'est pas compliqué : on s'assied, on regarde, on écoute, on raconte et, quand on ne comprend pas, on demande. C'est tout simple. Le journalisme, ce n'est rien d'autre. À la fin des séances, je leur fais lire leur exercice pour les obliger à s'écouter parce qu'on apprend des autres.

Le bonheur de ma vie — et on m'a payé pour ça — c'est de traîner. Et j'ai très tôt compris qu'à partir du moment où tu sortais de chez toi, tu y laissais ta logique. Le jour où un Africain m'a expliqué que les freins sur un vélo ne servaient à rien parce que, pour éviter une collision, il suffisait d'accélérer, j'ai trouvé que ça tenait debout comme raisonnement».

(1) «Avis d'Obsèques» (éd. L'Archipel) est son dernier ouvrage.

Denis Ginestet, ami de la famille Blin
Le 28 janvier dernier, notre journal consacrait un article à Denis Ginestet qui a été une des figures centrales de la Résistance en Lot-et-Garonne. Un héros qui est resté secret sur ses activités et que ses descendants ont souhaité faire sortir de la clandestinité en demandant officiellement aux maires d'Agen et du Passage-d'Agen qu'une plaque commémorative à sa mémoire soit érigée sur la passerelle. Ayant lu l'article sur Internet, la mère de Mathieu Blin lui a envoyé un mot en disant : «Ce monsieur résistant agenais était un ami de ton grand-père et ils ont été tous les deux déportés pendant 3 ans en Allemagne. Tu vois, mon fils, il n'y a pas de hasard».


Recueilli par Bertrand Chomeil
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