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 La chronique d'Henry Broncan

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gir3347
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 5 Mar - 15:34

Même après sa retraite "sportive".... il aura toujours .....de quoi faire avec sa jolie prose !!!!! drunken
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Rivière
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 5 Mar - 16:42

Je crois qu'il pourra écrire de beaux livres sur le rugby et toutes les anecdotes; mais aussi des romans sur la nature et les plaisirs de la bouche.
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agenais du 84
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 5 Mar - 19:22

Rivière a écrit:
Je crois qu'il pourra écrire de beaux livres sur le rugby et toutes les anecdotes; mais aussi des romans sur la nature et les plaisirs de la bouche.

AH ! Les plaisirs de la bouche ... Wink
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 5 Mar - 19:57

gir3347 a écrit:
Même après sa retraite "sportive".... il aura toujours .....de quoi faire avec sa jolie prose !!!!! drunken

oui mais tellement trop gersoise
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Rivière
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 5 Mar - 20:04

hildeputo a écrit:
gir3347 a écrit:
Même après sa retraite "sportive".... il aura toujours .....de quoi faire avec sa jolie prose !!!!! drunken

oui mais tellement trop gersoise

M. Broncan ne peut renier ses racines gersoises et je l'encourage a les porter au zénith s'il le souhaite. "Allez Henri fait nous rêver"
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gir3347
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 5 Mar - 20:11

Rivière a écrit:
hildeputo a écrit:
gir3347 a écrit:
Même après sa retraite "sportive".... il aura toujours .....de quoi faire avec sa jolie prose !!!!! drunken

oui mais tellement trop gersoise

M. Broncan ne peut renier ses racines gersoises et je l'encourage a les porter au zénith s'il le souhaite. "Allez Henri fait nous rêver"

On est toujours empreint de nos racines, c'est normal. Même si j'habite la gironde, je ne peux pas m'empêcher de penser à mon lot et garonne natal....et de le défendre envers et (presque) contre tout Laughing Laughing Laughing
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Rivière
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 5 Mar - 20:17

gir3347 a écrit:
Rivière a écrit:
hildeputo a écrit:
gir3347 a écrit:
Même après sa retraite "sportive".... il aura toujours .....de quoi faire avec sa jolie prose !!!!! drunken

oui mais tellement trop gersoise

M. Broncan ne peut renier ses racines gersoises et je l'encourage a les porter au zénith s'il le souhaite. "Allez Henri fait nous rêver"

On est toujours empreint de nos racines, c'est normal. Même si j'habite la gironde, je ne peux pas m'empêcher de penser à mon lot et garonne natal....et de le défendre envers et (presque) contre tout Laughing Laughing Laughing

Oui, je crois que l'on peut faire le tour du monde et visiter les sites les plus majestueux; nous sommes heureux de nous ressourcer dans notre petit coin natal et je plains les déraciné(e)s.
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 5 Mar - 20:30

agenais du 84 a écrit:
Rivière a écrit:
Je crois qu'il pourra écrire de beaux livres sur le rugby et toutes les anecdotes; mais aussi des romans sur la nature et les plaisirs de la bouche.

AH ! Les plaisirs de la bouche ... Wink

ou les desirs de la couche ?
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Rivière
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 5 Mar - 20:38

hildeputo a écrit:
agenais du 84 a écrit:
Rivière a écrit:
Je crois qu'il pourra écrire de beaux livres sur le rugby et toutes les anecdotes; mais aussi des romans sur la nature et les plaisirs de la bouche.

AH ! Les plaisirs de la bouche ... Wink

ou les desirs de la couche ?


Comme ton interrogation s'adresse au domaine privé, il ne m'est permis de dire que chacun(e) fait ce qu'il ou elle veut ou ce qu'il ou elle peut avec son "....... affraid ....."; cela ne me regarde pas. drunken drunken Mr.Red Mr.Red
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 5 Mar - 20:53

Rivière a écrit:
hildeputo a écrit:
agenais du 84 a écrit:
Rivière a écrit:
Je crois qu'il pourra écrire de beaux livres sur le rugby et toutes les anecdotes; mais aussi des romans sur la nature et les plaisirs de la bouche.

AH ! Les plaisirs de la bouche ... Wink

ou les desirs de la couche ?


Comme ton interrogation s'adresse au domaine privé, il ne m'est permis de dire que chacun(e) fait ce qu'il ou elle veut ou ce qu'il ou elle peut avec son "....... affraid ....."; cela ne me regarde pas. drunken drunken Mr.Red Mr.Red
Desole mon pauvre Riviere de t'avoir contrarié avec Broncan dorenavent je vois bien que tu ne vas pas faire beaucoup d'effort pour comprendre les vannes(mauvaises je te l'accorde) que je peux faire !
Je suis attristé par cet état de fait mais ce qui est écrit est écrit
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 5 Mar - 21:09

hildeputo a écrit:
Rivière a écrit:
hildeputo a écrit:
agenais du 84 a écrit:
Rivière a écrit:
Je crois qu'il pourra écrire de beaux livres sur le rugby et toutes les anecdotes; mais aussi des romans sur la nature et les plaisirs de la bouche.

AH ! Les plaisirs de la bouche ... Wink

ou les desirs de la couche ?


Comme ton interrogation s'adresse au domaine privé, il ne m'est permis de dire que chacun(e) fait ce qu'il ou elle veut ou ce qu'il ou elle peut avec son "....... affraid ....."; cela ne me regarde pas. drunken drunken Mr.Red Mr.Red
Desole mon pauvre Riviere de t'avoir contrarié avec Broncan dorenavent je vois bien que tu ne vas pas faire beaucoup d'effort pour comprendre les vannes(mauvaises je te l'accorde) que je peux faire !
Je suis attristé par cet état de fait mais ce qui est écrit est écrit

Je ne suis pas du tout contrarié et je te fais remarquer que je m'amuse dans mes propos, je suis un pince-sans-rire dans cette réponse qu'il faut lire entre les guillemets. J'ai compris ton allusion
J'ai marqué un essai!!!!!!!!!!, sur ce coup Wink
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Ven 6 Mar - 6:39

Et les gars soyez sympas de mettre le lien s'il vous plaît.
J'essaie à faire goûter ce français à certains, mais d'autres n'apprécient pas de le lire.
Alors ils gueulent!
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Ven 20 Mar - 16:36





Le dernier numéro...

http://www.rugbyrama.fr/rugby/nos-experts/2008-2009/sport_sto1880667.shtml

_________________
Tous les matches du SUA en direct. http://www.47fm.net/
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Ven 20 Mar - 20:35

J'ai ressenti par la lecture, une très grande retenue dans l'écriture de M. Broncan.
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Ven 3 Avr - 20:16

La chronique de H. Broncan

Comme chaque semaine sur notre site, retrouvez l'excellente chronique de Henry Broncan, le manager du SU Agen.

P… de rugby

Vendredi 27 mars

Même pas deux mois et le même drame : une église trop pleine, les yeux rouges des garçons, les sanglots des filles, les incompréhensions, les points d'interrogation…Pourquoi ? si jeune !

Après Niko du SUA, c'est au tour de Manu de l'ASF de quitter les copains, chemises blanches du titre de Mai,… Les juniors du FCAG sont là bien sûr, dents serrées et solidaires , quelques anciens minimes du Collège Carnot, le " petit " seconde ligne de mes Reichels, carrier de Gazaupouy, partenaire du premier cette saison, du second au printemps dernier, si généreux sur les terrains, si déboussolé dans ces terribles circonstances.

Sollicité par lui, Manu avait rejoint le club de la préfecture gersoise pendant quelques mois, il y a trois automnes…même pas le temps d'un trimestre : il était venu lui dire qu'il souhaitait repartir, rejoindre ses amis de la cité fleurie. Le coach avait bien tenté de lui parler de rythme de jeu supérieur, de progrès réalisables, de contrat du haut niveau mais il avait fini par acquiescer à sa demande.

Parents accablés. Le père, un de mes anciens joueurs de 98 à 2000, troisième ligne aile de l'époque Brunel, quand le Stade Toulousain se cassait les dents au Moulias, flanker discret mais au placage redoutable. Pendant la messe, il se souvenait de la jambe brisée, lors d'un entraînement, contre un poteau sans protection du Bourrec, de la victoire salvatrice à Grenoble autorisant une saison supplémentaire en Top 20, de l'avoir écarté injustement et brutalement lors du dernier match récompense contre le Stade Français, un Stade Français venu en plein doute sur les terres auscitaines, entraîneurs virés, groupe en autogestion, Président resté dans la capitale, coeur en déroute, quatre supporters peut-être, et leurs drapeaux timides…Un mois plus tard, ils seront quarante mille pour décrocher le Brennus au Stade France !

Niko, Manu…Les mêmes…Aujourd'hui, match à gagner impérativement. Depuis vendredi soir, les coachs ont mis la pression et on ne pense plus qu'au match et les copines savent qu'elles ne peuvent troubler la veillée des armes… Vestiaires sous tension et les copains que l'on enserre : " gagner, solidarité, gagner, solidarité, combat, combat, rien lâcher… "

Niko marquera l'essai de la victoire contre l'Aviron Bayonnais et Manu inscrira tous les points –18- de la victoire contre Villefranche de Lauragais dans ce match de barrage " capital ".

Retour dans la petite cité des rives du Gers. Tous les supporters sont fiers de la performance de leurs " petits " : " Ils sont bons… c'est la relève…bientôt, ils composeront l'équipe 1 "…

Serrés dans l'avant match, serrés pendant 80', serrés…dans la 3ème mi-temps…Solidaires jusqu'au bout de la nuit !

Ils sont partis avant que l'aube n'éclaire les arcades, partis dans la nuit, le premier sur une voie express, le second sur un chemin de campagne…

P… de rugby !

Samedi 28 mars

Long voyage avec Paul jusqu'à Saint-Raphaël pour France B –Géorgie en moins de 18 ans. On nous avait dit qu'il faisait toujours soleil dans le Sud-Est : 6 heures de pluie ininterrompue. Arrivée dans le pays de David et de Steeve. Le premier, né au pied du donjon de Bassoues, arrière ? Ailier ? Un explosif sans muscu, des relances parfois excessives, le souvenir d'une transformation manquée face aux poteaux et devant la colère du coach, la réponse qui l'achève : " je ne savais pas avec quel pied taper ! " et Steeve venu de Nouvelle Calédonie, lui aussi des plaquettes sans muscu et des plaquages terribles : un discours d'avant match des Espoirs –on disait des Réserves – pris en flagrant délit de somnolence –les suites d'une nuit sans répit – et malgré ça une formidable prestation au centre face au terrible All Black Bunce, Castrais sous licence rouge. Au coup de sifflet final, il était parti vite chercher un bout de papier et un stylo pour solliciter l'autographe de celui qui était son idole !

Dès l'arrivée au stade de Vallescure, le manager de l'équipe de France Richard, nous accueille avec un grand sourire : " Il n'y en a qu'un qui a raté l'avion, le tien, bien sûr ! " Julien, 1,96m, est un de nos Espoirs. Je l'aime bien même si pour le moment, il est très loin du rendement attendu. Dimanche dernier, il a déjà manqué le déplacement de ses copains Crabos pour Pau. Excuse avancée : " Les chèvres de ma copine sont mortes ! " Hilarité !

Les Géorgiens –4000 licenciés du courage à revendre, les mêmes coachs que pour la Coupe du Monde, l'oeil de Tim Lane en plus, toubib toujours bedonnant, mènent à l'heure de jeu devant les nôtres – 300 000 licenciés ! Chez nous, il y a toujours un Pujol de Catalogne, un Larrieu de Gascogne, un Le Sayec de Bretagne, un Santon de Toulon…mais aussi un Mohammed, un Akim, un Abihana et même un O'Connor venu d'Australie passé par Aurillac et maintenant Suisse ! Sans oublier un ouvreur du Haut-Jura et un centre de Metz : Quand le rugby se veut melting-pot !

La France l'emporte péniblement 17 à 8 et les Géorgiens se précipitent pour faire la haie d'honneur à leurs vainqueurs. Nos jeunes leur rendent immédiatement la pareille…Touchant cette belle jeunesse !

Julien à la réception : Je peux rentrer avec vous ? J'ai peur de l'avion ! " Presque envie de l'embrasser devant tout le monde. Retour sous la pluie…Niko….Manu !

Dimanche 29 mars

Stade de Lespignan, du soleil, peu de vent, peu de gens : le car des supporters gersois fait plus de bruit que les locaux. Toujours 4 présidents comme autant de supporters chez les Riverains de la Save mais l'ancien président, maire, Conseiller Général René Daubriac accompagne fidèlement ses ouailles. Fort de ses produits régionaux, le LSC s'impose logiquement 24-9 bonus à la clef, 3 essais pleins de savoir-faire. Mon ami Néné Camps, la cheville ouvrière des Héraultais, un brin fataliste : " c'est pas grave, la descente nous fera du bien… " L'autre ami, Bernard Sudérie, le sage de la Save : " Et bien, nous voilà en Fédérale 1, les ennuis commencent ! "

Curieux rugby où le vaincu est satisfait et le vainqueur mécontent !

Rugbyrama - Henry Broncan - 03/04/2009 16:27
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gir3347
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 15 Avr - 7:12

La chronique d'Henry Broncan

Dans sa chronique, l'entraîneur agenais Henry Broncan revient sur la victoire des siens à La Rochelle mais aussi, bien sûr, sur les soucis actuels du FCAG, son club de coeur, son club de toujours.


Vendredi 3 avril

Presque le paradis : ciel comme tu l'aimes, soleil comme il te sied, vent comme un zéphyr sur tes cheveux blonds... La longue plage du Bois en Ré, à deux pas des Gollandières, notre quartier général choisi pour préparer le choc de demain. Paul a eu un peu de mal pour franchir les 2 péages mais la bonne humeur est dans le groupe et tout le monde – même Gillou – a pardonné les ultimes atermoiements de notre chauffeur bien-aimé. Sur le sable, le quatuor – deux Fidjiens, deux Tonguiens – ferme la marche de la cohorte. Ils ont beau m'affirmer que leurs pays sont plus beaux, je les sens si heureux de retrouver un océan même s'il n'est pas le leur : leurs mains expertes et puissantes s'exercent à lancer des galets le plus loin possible dans les vagues voluptueuses. Aucun de nos Français ne s'amuse à relever leurs défis : Question : "Savent-ils contre qui nous jouons demain ?" Nos rugbymen de l'Hexagone ne sont-ils pas depuis la formation de l'école de rugby trop inhibés par le fait d'opérer à domicile ? Dans tous les échauffements des cadets, des juniors et bien sûr des seniors, j'entends la violente mais aussi lancinante affirmation : "Nous sommes chez nous, sur notre territoire". A force de le répéter n'en vient-on pas à lâcher inconsciemment la rencontre à l'extérieur puisqu'on sait que nos hôtes sont animés des mêmes sentiments ? Les Iliens eux, sont partout chez eux, plutôt jamais chez eux, d'où des prestations égales à domicile et... à l'extérieur. Ils n &lsquoont pas ce complexe du déplacement trop souvent destiné à l'échec, chez nous.

Petit entraînement sur la pelouse impeccable du modeste mais si coquet stade du Football Club de l'Océan. Heureux footballeurs du district de Charente Maritime à qui l'on demande :

- "Contre qui jouez-vous demain ?
- Nous rencontrons l'Océan !"

Maisons basses, volets bleus ou verts, grands murs blancs jusqu'à hauteur des toits, avec quelques coteaux du Gers, l'île serait parfaite.

Samedi 4 avril

Les forçats rayés de jaune et noirs envahissent Marcel-Deflandre. Nos Bleu et Blanc ont fait le voyage, plus de 300 mais contre 7000 Charentais, la tâche est ardue d'autant qu'on a installé les nôtres, debout, dans l'en-but de l'Ouest : la dernière roulade de Rupeni les consolera largement de cette mise à l'index ! Caucaunibuca, parlons-en : le SUA, réduit à 14, après le jaune de Cabarry, supporte vaillamment l'épreuve de la mêlée, pour l'occasion Du Plessis venant se placer, sur nos introductions, aux côtés d'Opeti... Du Plessis retrouvant pour l'occasion les terres de ses ancêtres chassés par la Révocation de l'Edit de Nantes ! Un coup de pied, au départ semble t-il anodin de Sylvain, direction la vedette fidjienne annoncé au centre, le numéro 11 dans le dos, cette fois-ci décalé sur l'aile droite. Son vis-à-vis également "îlien"... de l'Isle-Jourdain – Isle d'en bas pour les riverains de la Save – a du mal à débloquer les épaules. Le ballon roule sur le sol détrempé par une ultime averse et le ramassage semble impossible à réaliser pour le lourdaud aux 115 kilos et à la course pataude : mal jugé, Caucau ne manque jamais ce genre d'occasion et les 18 ans de Sapparart sont trop frêles pour stopper le camion bleu, blanc, noir.

Serge Milhas a vite compris les lacunes initiales de sa mêlée. En bon Gersois élevé à la mamelle de Jacques Fouroux et de Jacques Brunel, il change son pilier droit. M. Attalah, par ailleurs excellent, attend la 3ème tentative –certainement la moins évidente – pour décider l'essai de pénalisation. Bras levés des Rochelais et la même déconcentration qu'après la réalisation de Ninard au match aller : haut renvoi de Sola, cafouillage de Mac Gowan et Monribot, chasseur de ballons tombés, qui file à dame. A Armandie, il avait fallu passer par une mêlée et donc une charge de Fonua.

Le Rochelais est rude : Richelieu le sait. A la pause, rien n'est joué. Dans les vestiaires Christian et Christophe ont insisté sur la faille défensive qu'ils ont décelé : Ce sont les deux fidjiens qui s'y mettent ; Vaka file à mille à l'heure sur le fermé et quand il sert Caucau, la tribune Nord, si amoureuse des siens, a compris que rien ne pourrait arrêter la star : les drapeaux bleus et blancs et les cris "SUA, SUA..." s'emparent du stade muet de dépit et surtout d'admiration.

Ferrou, ce formidable n°9 que l'on nous dit diabétique, venu de Montchanin et passé par Bourgoin, d'un père tyrossais, relance le match par une de ses percées qu'il délivre à chaque rencontre malgré toutes les surveillances que les chiens de garde exercent sur lui. A 10' de la fin, le jeune Espoir Sapparart, en échec des 20 mètres face en première période, loupe des 40 mètres, également de face. Au match aller, le manque de réussite de Dambielle et de Lacoste avait pesé lourd dans la balance finale.

Les deux formations ont des chances de se retrouver dans la seconde moitié de mai, pour une accession plus ou moins directe à l'étage supérieur. Les Maritimes produisent le jeu le plus structuré de la D2 : les lancements sont les mieux travaillés de cette division encore que leurs passages à vide aient paru moins efficaces qu'en novembre ; l'absence d'un accélérateur de jeu comme Vaquin handicape également cette formation. De même, malgré toutes ses qualités à venir, le jeune Sapparart si chaudement choyé par son mentor, David Darricarrère, est-il capable de postuler si jeune pour ce niveau-là ? Le retour de Boboul n'est-il pas d'actualité d'autant qu'il est indispensable, pour l'emporter, de disposer d'un buteur expérimenté.

Côté SUA, le groupe, de plus en plus confiant, semble prêt pour affronter toutes les épreuves éventuelles. Malgré les absences des Lopresti, Chavet, Narjissi, Barrau, Gelez, l'équipe continue de pratiquer un jeu axé sur l'offensive, en témoignent les nombreux essais marqués, encore trois à l'extérieur. Dans le dernier quart d'heure, la défense s'est mise au diapason, contenant les Jaune et Noir dans leur moitié de terrain et comme l'équipe est de moins en moins pénalisée, on croit en Mai ; en attendant, gare aux joueurs de Roland Pujo si ardents sur Marcel-Bendichou.

A noter qu'à la fin de la rencontre de La Rochelle, David Darricarrère malgré sa déception, a tenu à venir saluer les coachs vainqueurs dans leurs vestiaires... La chevalerie montoise !

Lundi 6 avril

Le rugby Pro ne peut laisser mourir le F.C.AUCH.GERS ! Plus petit budget du professionnalisme depuis la création de celui-ci, le club des Mousquetaires a toujours tenu son rang, inoxydable au Moulias – 29 victoires consécutives de 2003 à 2005 ! – orgueilleux à l'extérieur, club atypique, râleur, souvent hors-la-loi, contestataire, dernier des Mohicans, irrationnel... Ne laissez pas tomber ces fous de l'Ovale qui ont fait tomber les ténors du Stade toulousain à 4 reprises sous l'égide de Jacques Brunel, qui ont rompu l'Agen de Caucaunibuca en 2004, l'USAP de Dagrenat – " il n'y a que les imbéciles qui perdent ici" - la même année, le Stade français de Guazzini en 2008, celui de Lorenzetti et de Berbizier cette saison... Eux ne joueront jamais comme dans le Super 14, eux ne seront jamais dans le rugbystiquement correct... Sans eux, vous marcherez tous pareils, uniformes, derrière le plus gros d'entre vous, soumis, au pas des puissants et des bien-pensants. Souvent vous avez dit avec raison : "Ces Auscitains, qu'est-ce qu'ils sont c... !" Sans ces c... à votre table, vous allez drôlement vous ennuyer !

Rugbyrama - Henry BRONCAN - 12/04/2009 18:00
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 15 Avr - 8:13

pas mal ce qu'il écrit.
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 15 Avr - 9:03

Oui effectivement. Que le meilleur gagne mais pas trop souvent non plus! Auch-Béziers: des bastions de notre culture sportive. Si nous les perdons nous en serons quelque soit notre terroir et attachement tous orphelins. Il a raison de le rappeler...
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 15 Avr - 10:26

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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 16 Avr - 12:29

Le rugby Pro ne peut laisser mourir le F.C.AUCH.GERS ! Plus petit budget du professionnalisme depuis la création de celui-ci, le club des Mousquetaires a toujours tenu son rang, inoxydable au Moulias – 29 victoires consécutives de 2003 à 2005 ! – orgueilleux à l'extérieur, club atypique, râleur, souvent hors-la-loi, contestataire, dernier des Mohicans, irrationnel... Ne laissez pas tomber ces fous de l'Ovale qui ont fait tomber les ténors du Stade toulousain à 4 reprises sous l'égide de Jacques Brunel, qui ont rompu l'Agen de Caucaunibuca en 2004, l'USAP de Dagrenat – " il n'y a que les imbéciles qui perdent ici" - la même année, le Stade français de Guazzini en 2008, celui de Lorenzetti et de Berbizier cette saison... Eux ne joueront jamais comme dans le Super 14, eux ne seront jamais dans le rugbystiquement correct... Sans eux, vous marcherez tous pareils, uniformes, derrière le plus gros d'entre vous, soumis, au pas des puissants et des bien-pensants. Souvent vous avez dit avec raison : "Ces Auscitains, qu'est-ce qu'ils sont c... !" Sans ces c... à votre table, vous allez drôlement vous ennuyer !

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Admirable sans autre mots... Ses paroles sont touours à déguster.
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 16 Avr - 20:48

Savoureux Henri !
ça change de certaines chroniques ou on s' emm..... royalement .
Le sens de l' image , du verbe chaux qui va droit au coeur ça se travaille peut être mais , pour moi c' est inné !!
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 22 Avr - 8:25

La chronique d'Henry Broncan


Dans sa chronique hebdomadaire, le coach agenais Henry Broncan revient notamment sur le championnat d'Europe des Moins de 18 ans mais aussi sur la belle prestation du pilier biarrot Fabien Barcella contre Perpignan vendredi.

Vendredi 10 avril

Gilles au volant, l'autre Henri au GPS et moi sur la banquette... pour dormir, nous voilà tous les trois sur l'autoroute du soleil –pas une seule apparition- pour rejoindre Toulon où se déroulent les phases finales du Championnat d'Europe des moins de 18 ans. A La Seyne, lieu de notre hébergement, nous avons la chance de nous retrouver au milieu de l'équipe anglaise qui est opposée à nos coqs, le lendemain, en finale. Les joueurs, après le repas, déambulent en toute décontraction dans les couloirs de l'hôtel : des rires, des taquineries, des enfants ; une colonie de vacances... Au bar, les coachs et intendants occupent les lieux... De vrais British à la Ashton, joues plus rouges que la rose, cheveux plus blancs que le maillot ; ce dernier a du mal à cacher les ventres rebondis d'autant que les grandes chopes de bière s'accumulent... Trois dames, deux kinés et la responsable de la préparation physique, visages au couteau, tailles fines, sèches : l'anglaise éternelle ; je suis rassuré : ma voisine ne risque pas d'être recrutée par le XV de la Rose. Rien ne laisse présager qu'un grand match sera disputé le lendemain.

Samedi 11 avril

Deux matchs sur le stade de La Seyne plutôt coquet s'il n'était pas grillagé. A 10 heures, l'Arménie affronte Israël ; dans les tribunes 10 spectateurs et... 10 policiers en tenue de combat. Rencontre peut-être pas de haut niveau mais disputée avec acharnement, chaque équipe donnant le meilleur d'elle-même. J'apprends que les Arméniens sont presque tous des Français ; d'ailleurs leur coach, Bos, ancien de Montluçon ne connaît, comme moi, que notre langue et s'en sert abondamment. Ils remportent leur premier succès du tournoi, ce qui leur donne l'avant-dernière place mais leur joie fait plaisir à voir. Côté Israël, il y a de la déception mais deux essais inscrits sur le final, permettent d'espérer pour le futur.

Après les vestiaires, le numéro 9 victorieux m'accoste : "Vous êtes bien H.B ? Je vous reconnais à la casquette... Je suis de Condom et je suis le demi de mêlée des Crabos du FCAG." Petit sourire de ma part : "Nous risquons de nous rencontrer lors des phases finales !" Dents serrées, éclairs dans les yeux : "J'espère bien !" Voilà un Arménien qui est devenu un véritable Gersois !

A 11h30, les policiers ont disparu mais je ne risque rien avec ma garde de fer : il y a Zedginidze, ancien Auscitain et capitaine de l'équipe nationale de Géorgie, Grégory Labadze ancien capitaine de Toulon, David Kubriashvili pilier droit du RCT et Giorgi Mchedlishvili, un jeune espoir de l'USM, à la recherche d'un club et dont on entendra parler. Avec eux, je me sens plus en sécurité que lors de l'exercice précédent. L'occasion de rencontrer de nouveau Tim Lane, l'Australien passé par Bègles, Brive, Montferrand et Toulon, devenu le patron du rugby caucasien. Pour la 7eme et 8eme place, mes "petits" géorgiens bien marris par leur échec de mercredi contre le Russes 17-18 –après avoir mené 17-3 ! - affrontent les Italiens.

Toujours des piliers, un beau seconde ligne, un numéro 9 actif, du pied derrière mais toujours les mêmes difficultés dans la circulation des hommes et du ballon. Victoire relativement large mais la sélection italienne est faible : défaite devant la Belgique au tour précédent. Après le match, accompagné de mes hommes de main et surtout de langue – je n'ai jamais pu retenir le mot "bonjour" en géorgien –je vais à la rencontre d'un joueur qui m'a tapé dans l'oeil.

Dès le début de notre entretien, nous sommes entourés de tous ses camarades qui veulent également se rendre en France. Oeil bienveillant de leurs coachs y compris Tim Lane qui nous explique que c'est dans notre pays qu'ils vont progresser et donc pouvoir rivaliser avec les puissances de l'Ovale.

A 14 heures, rendez-vous à Mayol ; le public a répondu présent et les grands de notre rugby sont bien là dans les tribunes relativement garnies : le Président de la FFR, M. Pierre Camou, le Président de la FIRA, M. Jean-Claude Baqué accompagnés par M. Falco, Maire de Toulon ; les locaux sont sur place : M. Mourad Boudjellal habillé sans ostentation accompagné par son futur manager général, Philippe Saint-André, chemisette, short et pas de chaussettes sans correspondance avec la fraîcheur du temps, M. Eric Champ, M. Jean-Claude Ballatore, M. Aubin Hueber...Tous unis dans les bises et les accolades. C'est fou ce qu'on peut s'embrasser sur la Rade !

Pour la troisième place, une superbe équipe d'Irlande atomise des Roumains solides, courageux mais dépassés par le rythme imposé. Les verts nous offrent un récital, ¾ et avants mélangés dans un feu d'artifice de relances.

A 16 heures, une équipe de France, bien préparée, solidaire, organisée en touche mais défaillante en mêlée, pas toujours fluide derrière l'emporte au forceps devant une Angleterre solide à l'impact : un pilier gauche et un talonneur de combat, deux secondes lignes à la Britannique, un centre sosie de Robinson... Chez nous, la paire de demis sait faire la décision : Doussaint, le même **_** bas que son père (grand ouvreur par le talent, de St-Girons) fait marquer Girard – encore un Massycois ! – et Lesgourgues de Biarritz s'enfile seul pour la réalisation victorieuse. Des fils d'anciens adversaires savent s'illustrer : Galan de Montauban, Palis de Gaillac, Borderie de Valence d'Agen...

Mon petit pilier de Casteljaloux, Jérémy Ounzari, en qui je crois beaucoup, prend une bonne séance en mêlée ; il mesure ainsi le travail qu'il doit accomplir pour devenir un joueur de haut niveau.

Retour sous la pluie mais le stade de la Méditerranée chante : l'ASBH est en train de battre La Rochelle alors que le Parc de l'Amitié pleure : le RCNM plie devant le Lou ! Défaite du Stade toulousain à cause de la femme galloise de M.White : "Depuis Adam, il n'y a guère de méfait en ce monde où une femme ne soit pour quelque chose !" William Makepeace Thackeray.

Dimanche 12 avril

Le Sélery devenu Michel-Bendichou en l'honneur d'un homme qui a su conduire l'U.S.Colomiers depuis la 4ème série jusqu'à une finale du Championnat de France de l'Elite. Avec le Lombez Samatan Club puis le Football Club Auscitain, je les ai vus passer et ils sont encore là : les Berges, Guibert, Julien, Flouresse... défenseurs des valeurs authentiques de notre sport. Dans un recoin, le Président Alain Carré vient presque s'excuser d'avoir recruté 5 Auscitains. "On leur a dit de partir" et il me cite Matadigo, Menkarska, Couzier, Bortolucci et le petit Nathan Thierry, la dernière perle gersoise.

Ca fait mal de voir partir Greg et Fred, deux vrais, de chez nous, le maillot rouge au coeur mais le long de la Nationale, l'émigration vers les lumières de l'USC a toujours fonctionné : Brunel, Milhas, Graou, les Fleurantins Lorenzi et Moro... de nos jours, Busato, Smara, Bortolaso, Carriat, Tidjini, Denechaud, Sallecanne, Bohn, Cholley, Friand, Pujo père et fils sont tous passés par Auch avant de rejoindre la Colombe mais le meilleur des locaux sera leur numéro 8 Pascal Vignard qui a circulé de Gimont à Lombez puis à Fleurance sans s'être arrêté au Moulias. Carton pour l'entraîneur du FCAG de l'époque !

Bien que mené à la mi-temps, le SUALG ne s'affole pas d'autant que les jambes du triangle Vaka, Edmond-Samuel, Huget et les percussions de Fonua troublent la défense banlieusarde. Victoire relativement facile. A noter les progrès dans la discipline : une seule pénalité encaissée en seconde période et le cadeau de Fonua à Caucaunibuca – beau geste dans un milieu où un semblable présent s'est perdu.

Deux de mes jeunes sont partis avec l'Equipe de France Universitaire à 7 disputer un Tournoi à Nancy. J'avais averti leurs coachs : le premier sera très bon sur le terrain et impeccable tout au long du séjour ; le second sera bien sur le pré mais exceptionnel dans la 3ème mi-temps. Texto nocturne de Xavier Pujos, émigré vicquois vers le Racing, responsable de l'équipe en compagnie de Laurent Violle : "B. est au niveau que tu avais annoncé !", ça détend.

Mercredi 15 avril

Un "historien" du rugby agenais me promène le long des photos d'équipes qui ornent la salle Pierre Clerc ; les titres et les internationaux se multiplient. Il connaît l'aventure de chacun. Devant la photo des champions de 1962, il lâche : "Tu vois, cette photo est truquée. Le Président de l'époque a fait enlever les portraits de l'entraîneur M. et du soigneur G. Regarde bien, le trucage est facile à déceler... On a même descendu M. qui était debout pour l'installer sur le banc !"

Jeudi 16 avril

Coup de fil auscitain : Serge Kampf vient d'envoyer un chèque de 100 000 euros accompagné d'une lettre pleine de tact. Je l'embrasserais si je pouvais ! Depuis là-haut, Jacques doit lui aussi verser une petite larme. La solidarité témoignée entre le Maire d'Auch et le Président du Conseil Général du Gers autour du Club et de son Président m'émeut fortement.

Vendredi 17 avril

Billeterie débordée ; Armandie se remplit : plus de 10000 spectateurs sont attendus pour la venue du Lou ! Les supporters demandent déjà la possibilité de réserver pour la ½ finale à domicile ! Christian Lanta, Christophe Deylaud et les joueurs refusent de tomber dans ces excès. Le mot d'ordre reste "H UMILITE" mais on peut comprendre l'impatience de ce public amoureux du rugby sevré de phases finales.

L'heure de jeu entre un B.O à la peine et l'USAP en tête au score 10 à 9. On se demande comment les Basques vont se sortir du guêpier jaune et rouge et puis vient l'exploit qui me fait lever du fauteuil où la somnolence me gagnait : Fabien Barcella expédie Nicolas Mas sur le toit de la mêlée ; je sais : vous allez rétorquer que vous préférez un franchissement de Van Niekerk, une échappée de Kelleher, une diagonale de Carter, un passage de bras de Jauzion, un cadrage débordement de Candelon – quel plaisir de voir ce petit traverser les gros – une relance de Médard. Pour moi, l'exploit de l'ancien auscitain m'a fait jubiler d'abord parce qu'il a été réalisé devant le meilleur pilier droit de France mais aussi parce qu'il est l'oeuvre d'un sacré collectif impliquant tout le huit de devant, surtout le talonneur, le seconde ligne et le troisième ligne de gauche. Je suis sûr que le Jacques d'en haut a bondi lui aussi de son siège et que celui d'en bas, celui de Courrensan devenu Catalan, s'est mordu la moustache de colère. D'ailleurs, la sanction n'a pas traîné : remplacement immédiat mais Nicolas nous revaudra ça lors des demi-finales.

A partir de cet instant, le B.O ne pouvait plus perdre ! Quel bonheur pour ce petit Fabien sous-estimé à Agen puis au Stade toulousain, ressuscité dans son pays de Valence d'Agen, révélé à Auch dans la difficulté –Idieder et Bourrust lui ont mené la vie dure ! – et maintenant numéro un de France ! C'est un exemple de réussite par le travail pour tous mes jeunes piliers du SUA qui ont beaucoup d'atouts pour devenir de bons joueurs mais dont la constance dans l'effort n'est pas le fort.

Rugbyrama - Henry Broncan - 20/04/2009 10:51
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 22 Avr - 11:18

gir3347 a écrit:
Rivière a écrit:
hildeputo a écrit:
gir3347 a écrit:
Même après sa retraite "sportive".... il aura toujours .....de quoi faire avec sa jolie prose !!!!! drunken

oui mais tellement trop gersoise

M. Broncan ne peut renier ses racines gersoises et je l'encourage a les porter au zénith s'il le souhaite. "Allez Henri fait nous rêver"

On est toujours empreint de nos racines, c'est normal. Même si j'habite la gironde, je ne peux pas m'empêcher de penser à mon lot et garonne natal....et de le défendre envers et (presque) contre tout Laughing Laughing Laughing


Je pense exactement comme toi et ça me fait très plaisir de ne pas être seule dans ce cas et d'être comprise




même un peu loin!!!
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Sam 2 Mai - 12:28

La chronique de H. Broncan

Comme chaque semaine, retrouvez la savoureuse chronique de Henry Broncan, le manager du SU Agen.

Jeudi 23 avril

La cathédrale de Chartres est bien la plus belle de France…juste après celle d'Auch, et le soleil de l'Eure et Loir est presque aussi chaud que celui de nos coteaux.

Initiative originale de Gérald Mayout s'appuyant sur le partenariat du groupe Parmentine : une journée de détection organisée par le SUA dans le comité du Centre. Idée judicieuse d'autant qu'elle permet d'économiser une partie des frais de déplacent pour les parents, et dans la conjoncture actuelle, ça ne peut être qu'un plus. D'ailleurs les familles sont venues nombreuses pour soutenir leurs progénitures ; des mines inquiètes, visages stressés, ongles rongés : pire que les bacs de mon temps ! Découverte de l'Entente Chartraine, club évoluant en Honneur après avoir connu la Fédérale 3. Stade agréable, 4 terrains de rugby au sein de l'ancien hippodrome reconverti, des bosquets, beaucoup de verdure, l'Eure aux pieds des tribunes coquettes, tout pour quitter les divisions régionales et s'inscrire durablement au niveau national mais voilà, dans ce département, s'occuper de l'ovale est beaucoup plus ardu que dans notre Sud-Ouest : 8 clubs de rugby dans le 28, soit moins que dans la seule agglomération agenaise, peu de spectateurs malgré la gratuité de l'entrée –moins d'une centaine de fidèles – école de rugby pourtant bien en place : plus d'une centaine de mômes – mais du mal à les conduire jusqu'en équipe 1 : les meilleurs filant sur Paris, Massy, Stade Français…les autres stoppant souvent la carrière en juniors : études, copines, travail au loin…Le Président Lavry en bon tarnais de Mazamet, le secrétaire général M. Harguindeguy en bon Basque de St-Palais, ne sont pas découragés et espèrent la montée pour la saison prochaine " De toute façon, on continuera… ".

Les gamins couvrent le Nord de l'hexagone : depuis Cognac au Sud-Ouest, en passant par St-Nazaire et Le Rheu puis Calais et Arras là-haut, Haguenau et Verdun à droite, la ligne gagne Oyonnax avant de revenir par Vierzon. Pas mal de Parisiens, 34 candidats au total. Combien d'élus ? 2 ou 3, c'est pire que le CAPES ! Le club local a mis à notre disposition ballons, plots, boucliers et surtout 3 éducateurs. De mon côté j'ai " récupéré " mes copains de Besse : Chevalier entraîneur heureux car l'Aigle est maintenu après sa victoire sur Rennes ainsi que Bernard Ringuet, saison passée chez les betteraviers de Pithiviers, écrivain à ses heures –voir blog -- un des chercheurs parmi les plus perspicaces des mystères de l'Ovale. 4 ateliers : contact, passes, jeu au pied et le sempiternel 2 contre 1, occupent les ouailles de Francis Portes avant qu'une opposition ne termine l'étalage des qualités ; goûter offert par Parmentine avec le petit sac de pommes de terre en cadeau en sus des pruneaux de Maître Prunille, dons du SUA. Chacun s'en va de son côté ; les résultats seront connus dans une quinzaine de jours. Question a une maman des Flandres dont le fils de 16 ans a fait bonne impression :

- " Et vous allez le laisser partir à Agen ?

- Nous avons pris notre décision ; si vous le voulez, nous vous le confions. "

Un peu plus loin, un jeune gaillard également cadet, dreadlocks, sac à dos et pataugas :

- " Où sont tes parents ?

- Je suis venu tout seul, de Lorraine avec le train et là, je repars…Je veux jouer à Agen ! "

Vendredi 24 avril

La presse gersoise annonce le rugbython d'Auch. Gérard Holtz, l'ami intime de Philippe Martin, s'est proposé pour animer la soirée. On annonce aux enchères son vélo mais aussi des maillots de Kelleher, Carter, Lagisquet, etc…Côté SUA, trois tuniques : celle de Daniel Dubroca, celle de Rupeni Caucaunibuca – idée de Stéphane Rongière - et enfin celle de Murray Mexted offerte par Henri Cazaubon. Le capitaine All-black a porté le maillot du SUA à deux reprises autour de l'année 80 ; il a surtout revêtu la fougère à 72 reprises. Les génrations actuelles s'en souviennent-elles ? Henri me confie que lors du premier match disputé par le Néo-zélandais –c'était à Auch- il fit connaissance avec une pâquerette du Moulias particulièrement malfaisante.

Samedi 25 avril

Sans complexe, le Stade aurillacois descend du car et monte à l'abordage sur Armandie, la tête humide mais le c&oeligur au chaud. N'ayant rien à perdre, les Cantalous avec leur 9 lanceur, leurs écrans minutieux, leur mêlée en difficulté mais des sorties de balle rapides, leur alignement bégayant mais des anticipations subtiles gênent la maison bleue un peu fatiguée par l'accumulation des rencontres. Si Bourlon ne réussit pas son 100% habituel, Romain Sola puis Jérôme Miquel lui donnent la leçon et puis…Rups marque l'essai attendu de tous, incroyable " savonnette " au milieu de la moitié des joueurs visiteurs. En seconde mi-temps, il nous gratifie d'un ramassage impossible pour un autre que lui et décale Duplessis ; Daniel joue à la perfection le coup pour Yohan Huget…Caucau, Huget, Vaka, Fonua et Edmond-Samuel, le sens de la ligne, bien mis sur orbite par le travail obscur mais efficace de leurs camarades en particulier la plus jeune première ligne de France : Cabarry 24 ans, Ponneau 22 ans, Anton 22 ans et la plus jeune seconde ligne également : Lagrange 22 ans, Lassalle 22 ans ! Que de la joie sous l'eau !

Dimanche 26 avril

Retour dans le Gers, plus précisément à Vic-Fezensac où nos cadets affrontent en 8ème de finale leurs homologues du Stade Toulousain entraînés par un de mes anciens chouchous Joël Dupuy. Tant de souvenirs avec le " petit Prince " de la côte de Saint-Soulan, arrière du LSC, à 18 ans à peine. La montée en groupe B avec une équipe formée essentiellement par des élèves du collège de Samatan, la finale manquée à Rodez face à Montélimar animé par l'énorme Biau, Joël caché aux Aréous pour réviser son Bac à l'écart des agents recruteurs, l'année suivante, la montée en groupe A avec lui en moteur essentiel, Pierre-Brocas et Paul-Vignaux pleins jusqu'à la Save pour recevoir l'AS Béziers, le Stade Toulousain, Brive, Bagnères, Mont de Marsan…A u printemps 86, on laissera filer l'enfant prodige et c'est le Stade Toulousain si proche et au jeu déjà si élaboré qui remporta le pompon. Je me souviendrai toujours de ce match de fin de saison disputé à St-Christophe de Masseube où le lycée Agricole avait invité le FC Auch et le LSC à disputer " amicalement " le titre de Champion du Gers. A la réception, un très haut ponte de la FFR était venu me trouver dans l'encablure d'une fenêtre : " C'est vous l'entraîneur de Joël Dupuy ? …C'est vous qui l'envoyez au Stade Toulousain ? Et bien, il ne sera jamais international ! "

Joël ne dépassera jamais le statut de France B mais il gagna deux finales. Il restera fidèle aux rouges et noirs, naviguant entre les Espoirs et les Cadets pour entraîner, aimé de tous, &oeligil du Stade pour le recrutement des meilleurs jeunes du Lombez Samatan Club : les Roumiguié, Chauché, Suderie, Dilhan et dernièrement le jeune Lacroix nous concurrençant sur la zone d'influence auscitaine. Nous échangeons souvent et cette adversité n'a jamais altéré –au contraire !- l'amitié qui nous soude depuis notre rencontre en…1972 : il faisait partie d'une équipe de poussins championne du Gers ! Ils s'appelaient Malet, Briscadieu, les Soula, Miquel, Janotto, Carde, Barrère…

Aujourd'hui, c'est encore lui qui va gagner, ses protégés s'imposant 13-5. Mes petits Agenais ont pourtant donné le meilleur d'eux-mêmes mais l'oubli de tenter une pénalité, 20m face aux poteaux, à 15' de la fin et par la suite, le refus d'un essai, semble t-il valable n'ont pu nous permettre de franchir le cap des huitièmes, le Stade n'a cependant pas usurpé son succès : un ouvreur en réussite au pied à 100%, une bonne mêlée, beaucoup de replacements –la patte de Joël – A l'arrivée, malgré une pluie continuelle, un match de haut niveau et quelques larmes dans les vestiaires. Pourtant, sans aucune bribe démagogique, j'ai félicité les bleus et blancs : leur volonté jusqu'auboutiste, leur combat dans les rucks m'ont séduit : ils feront de bons et braves rugbymen.

Lundi 27 avril

Texto de mon Président du Conseil Général : " Henry, samedi soir, on a fait un " truc " dont tu aurais été fier…En toute amitié. ". Et après la réponse de ma part, je reçois du même expéditeur " Et comme le LSC monte en Fédérale 1 et a gagné le Challenge de l'Essor…je crois de nouveau à notre bonne étoile ".

Sur la route de la Baïse, l'épicier de Beaucaire, la gare de St-Paul, le piège de Pléhaut, l'Amirauté de St-Jean-Poutge, le boulanger du Brouilh, le château de Mazères pouis celui de l'Isle de Noë, les serres de Lamazère, l'entreprise de Compans, la Chapelle de Laffite, les Pins des Cigales…

Même sous la pluie ininterrompue, le Gers a retrouvé le sourire !

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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Lun 11 Mai - 22:55

La chronique de H. Broncan

Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le manager du SU Agen.


Vendredi 1er mai 09

Le SUA ne chôme pas ; plusieurs de ses dirigeants ont participé ce matin au défilé certes traditionnel mais peut-être cette année, davantage empreint d'inquiétude. A midi, Nelly et quelques mamans Crabos ont préparé dans la salle Pierre Cler la table de leurs enfants : les coachs ont décidé de regrouper tout leur effectif avant le 8ème de finale qui les opposera, dimanche, à l'ASM, sur le terrain de Souillac. J'ai l'énorme plaisir d'être invité parmi eux : la convivialité, les rires, les conversations à bâtons rompus, les longues tables de "battage", les aliments simples mais succulents me rappellent les après entraînements des vendredis soirs du LSC, quand la "famille" entière, depuis les cadets jusqu'à l'équipe I, était réunie à l'En-but, devant les bons plats de la famille Limouzin, de Mme Saint-Jean ou de Nathalie Carsalade devenue d'ailleurs par la grâce de ses sauces, l'épouse de notre plus solide seconde ligne, Philippe, celui dont l'estomac réclamait tout le temps. C'était l'occasion pour chacun d'entre nous d'évoquer les soucis qui étaient nôtres avant les "chocs" du dimanche.

Chez mes coachs des moins de 19 ans, les mêmes inquiétudes affleurent : la cheville d'Ounzari va-t-elle tenir ? Qui va buter ? Girou ? Dulin ? Qui aux ailes ? Celui-ci est plus rapide mais moins adroit etc… Par l'intermédiaire de Manu, mon ami niçois, nous avons obtenu la vidéo des Clermontois lors de la dernière rencontre : la vitalité de leur troisième ligne, la masse de leur attelage, le pied de leur ouvreur suscitent le surplus d'angoisse. Mais, ce qui soucie le plus Pat et Laurent, c'est le choix du quinze de départ puis celui des remplaçants et enfin la mise à l'écart d'une dizaine de leurs protégés : "Tu sais, ils ont toujours été là quand on avait besoin d'eux !" Et c'est vrai que dans les soirées froides de décembre, quand les annexes d'Armandie étaient gelées ou bien, en février, quand la boue recouvre complètement les crampons, ces enfants étaient là et maintenant que le soleil brille et que l'herbe est tendre et que le rugby devient fête, il va falloir se contenter –impossible de s'en contenter – d'une place dans les tribunes. Désarroi des mis à l'écart et désarroi... de leurs parents qui ont encore plus de mal à comprendre. Pour détendre l'atmosphère, je leur raconte mes malheurs de coach quand j'ai débuté ma carrière : je cacherai le nom des intéressés, de la ville, et du club mais mes amis vont trouver rapidement. A cette époque, j'avais 4 ailiers en concurrence pour bien sûr deux postes : le fils du boucher, le fils du pharmacien, le fils du marchand de journaux et le fils du bistrot et les 4 vitrines collaboraient sur la coquette place de la Fontaine. A l'intérieur de ces demeures, 8 parents idolâtraient leur progéniture : "Mon fils, le plus grand, le plus beau, le meilleur…" J'exagère à peine ! Les roulements lors des matchs de poule satisfaisaient tout ce beau monde mais, quand le printemps arrivait, que les voitures se paraient de rouge et de blanc, que tout le bourg se vidait pour gagner le terrain neutre, c'était la fin des amitiés de... façade :

- "Ton fils, c'est une charrette !

- Et le tien, un tombereau !"


Et moi, jeune entraîneur, le coeur encore sensible, il me fallait choisir un 11 et un 14 entre ces 4 petits génies, par ailleurs bons joueurs et surtout, heureusement, copains entre eux, et… corrects avec moi. Ainsi, vous comprendrez pourquoi, au mois de mai, je devais me résoudre soit à trouver un autre boucher – pourtant la viande du papa était la meilleure de la cité – soit à ne pas tomber malade, soit à ne pas lire le journal, soit à ne plus prendre le petit café du matin que j'adorais consommer avant de partir en classe.

Au mois de septembre, à la reprise de la saison nouvelle, les courroux parentaux s'estompaient, les espérances de la suprématie du fils prodige renaissaient et je pouvais pénétrer de nouveau sur des lieux délaissés pendant l'été… J'étais tranquille pour l'automne et l'hiver, j'avais droit au steak le plus tendre, aux médicaments les plus efficaces, aux sourires de la marchande de journaux et à l'attention de la patronne du café des Sports presque aussi belle que ma voisine actuelle de la rue Lavoisier ! Le coq en pâte que j'étais pendant les rigueurs climatiques, profitait de ces situations privilégiées mais je savais bien qu'avec le retour des jours les plus longs, tous ces bonheurs allaient se réduire de moitié !

Samedi 2 mai

Le Stadium municipal d'Albi a beaucoup changé ; mon dernier rendez-vous dans cet endroit, avait eu lieu en automne 2005. Entre le Sporting et le FCAG, nous avions quelques saisons communes en Pro D2 et, comme à l'époque, le club du Tarn ne disposait pas de l'éclairage, il jouait ses matchs le dimanche après-midi. C'est pourquoi j'avais l'habitude – Auch opérait le samedi soir – de me rendre, le lendemain de nos rencontres, dans la préfecture tarnaise pour voir le SCA mais aussi les autres équipes de la poule, préférant le visu à la vidéo. Je prenais mes quartiers au bout de la tribune populaire, contre le terrain d'échauffement de la bande à Béchu-Blach. Le **_** sur le ciment, la casquette sous le soleil d'hiver, l'estomac digérant la bonne table de midi, je passais de belles après-midi au milieu de quelques fanatiques des "jaune et noir" aux propos souvent désopilants. A cette époque-là, le Stadium avait beaucoup de mal à faire le plein et je me souviens d'entretiens guère enthousiastes avec mes amis, M. Chamayou et M. Molinié – ces fidèles sont toujours à bord – qui regrettaient le manque d'engouement du public albigeois. C'est vrai que nous avions l'impression d'évoluer sur terrain neutre, la largeur de la piste d'athlétisme renforçant cette sensation.

Aujourd'hui, mon vieil abri aux trois rangées de béton a laissé place à une vaste tribune de plus de 4000 places assises, élégants sièges baquets jaunes et noirs et aux 2 à 3000 spectateurs, bon chic bon genre, compassés comme des "préfectoraux", ont succédé 13 000 supporters fiers de leur club, enthousiastes, poussant bruyamment derrière le pack de Clément... A la 50', ils ont l'occasion de s'enflammer quand Sébastien Pagès, coiffure originale, remplace à la mêlée Kevin Boulogne plus sage dans le jeu, plus sobre dans le look. Coquin, le nouveau neuf sait faire pénaliser un repli agenais un peu tardif et surtout il sait utiliser un mauvais replacement arbitral pour jouer un coup franc à la main dans le dos de notre pack. Un superbe jeu à trois : Gelez-Tiatia-Huget et la course dingue de ce dernier relancent la partie ainsi que les inquiétudes du Kop. Le coup de sifflet de M. Bessot rend couleurs et souffle à la collectivité tarnaise ; une heure après, impossible de pouvoir partager la bière avec mon ami Dédé de Lamazère : tous les fûts des buvettes albigeoises sont vides ! Faute de ruée sur l'or, l'Albigeois s'est jeté sur le houblon pour fêter le succès.

A bientôt… peut-être !

Nos Reichels ont gagné leur huitième de finale face à Pau 27-12 certes mais après… prolongations ! Chaloubard sourit.

Dimanche 3 mai

Le car Pascal – sans Paul : "Monsieur" ne conduit que l'équipe I ! – trouve difficilement le stade d'Auterive. Le guide – c'est moi en l'occurrence – tout fier de démontrer son savoir a fait louper la rive gauche de l'Ariège. L'accueil local n'en est que plus chaleureux. Le Président nous parle avec fierté de son école de rugby, de son équipe handisport, de sa formation féminine ainsi que du groupe senior constitué par des joueurs du pays prêts à participer aux phases finales du championnat Honneur.

Sur un terrain impeccable, les Espoirs de l'ASBH et du SUA se livrent un duel à suspense. Le fils d'Alex Desjardin mène le bal côté biterrois et Stef Guénin retrouve son pied côté agenais. Max Carabignac nous traverse le terrain mais son vis-à-vis Anthony Poujol lui rend la monnaie de la pièce. A la dernière seconde, l'arbitre accorde la pénalité de la gagne au buteur adverse ; ballon sur le montant ; joie d'un côté et larmes de l'autre. A quoi tient un match ?

Discussion avec Christian Portes, le Président de l'Association. Il me confie ses espoirs de remontée dès la saison prochaine, sa confiance en Didier Minarro et Jean-François Beltran, sa volonté de reconstruire un grand club avec la plupart des espoirs qui ont évolué cet après-midi.

Nous apprenons la victoire des Crabos face à Montferrand : le SUA a donc placé ses 3 équipes de jeunes pour le tour suivant, difficilement chaque fois, mais Dame Chance ce week-end était avec nous. Jusqu'à quand ?

Lundi 4 mai

Journée gersoise et rendez-vous sous le Marathon du Moulias pour récupérer la vidéo du Stade Français-FCAG, match disputé la veille, à Saint-Yrieix. Philippe Seigneuré et Gérard Lacrampe travaillent sur la rencontre d'Aurillac. Avec l'aval du maître des lieux, l'inamovible Momo, mes deux anciens complices me font visiter les installations. Impossible de reconnaître la vieille cuisine qui n'était sans doute pas aux normes, de retrouver la modeste salle qui sentait la frite et me servait de bureau : il n'y a plus que des salons ! Si le vestiaire des visiteurs n'a pas changé – je l'avais retrouvé lors de notre venue avec le SUA – c'est surtout en pénétrant dans la résidence des locaux que la surprise est la plus forte : de l'espace, du fonctionnel, des couleurs, des sièges confortables ont, dans les tribunes, remplacé les planches aux pointes apparentes. Trop beau ? Trop confortable ?

Mardi 5 mai

Me voilà donc, pour une soirée, coach de l'équipe Midi Olympique qui affronte, ce soir, un groupe constitué par les autres Médias toulousains. Nous sommes au stade du TOEC, rue Ernest-Dufer. Toulouse est bien la capitale du rugby : accueil d'abord au club-house par Christian Viviès renforcé par son frère Bernard. Sur le terrain annexe, une trentaine de vieilles gloires amendée par quelques jambes juvéniles dispute le toucher hebdomadaire du mardi. L'occasion de retrouver des visages amis, de raconter des joies d'avant, de souffrir aussi. Accolade à Pierre.

- "Et ton frère Michel ? dis-je

- Tu ne sais pas ?

- Non. Quoi ?

- Il a mis fin à ses jours, il y a un mois !"


Le silence… Les deux équipes s'échauffent : des plaisanteries, de l'allégresse, des batifoleries… Michel, le joyeux drille, si gai luron, si cadrage-débord, si pimpant… La pudeur m'interdit de demander à Pierre le pourquoi : pas la force et des images du passé commun qui vous assaillent.

Midi Olympique et la Presse Toulousaine ne se ménagent pas et ceux qui attendaient une rencontre débridée, disputée toute à la main, en sont pour leurs sous. Même là, dans l'amical sans pression, sans public, - j'allais ajouter sans presse – le ruck préside les débats et le jeu au pied, négligé dans les premiers instants, refait surface dès que les deux formations se rendent compte qu'elles sont là pour l'emporter ! Chez nos adversaires, Lauga de la Dépêche arbore un casque superbe et Miedougé de Sud Radio, le souffle court, reste enfin muet. Chez nous, Jean-Luc Gonzalez est parfait en porteur d'eau, Bruno Fabioux impeccable… sur le banc de touche, Jean-Marc Piquemal ne reste pas jusqu'à la fin parce que sa femme n'aime pas qu'il arrive en retard pour la soupe, Marc Duzan pas toujours efficace sur le pré est pertinent en tant que juge de touche. Les chaussettes de mes journalistes trahissent certaines préférences : Philippe Kallenbrunn qui se prend pour Konieck ne dira jamais du mal de l'Usap et Massicard qui joue les Pages défendra toujours les excès de Béchu ; je me rends compte que Nicolas Zanardi n'apprécie guère le SUA car, en mauvais capitaine, il refuse d'adresser le moindre ballon à Grégory Letort, fan d'Agen –sa ville – surnommé… le Caucaunibuca blanc. Cet ostracisme rend le score incertain jusqu'au coup de sifflet final ! Heureusement, mon préféré, l'auscitain Nicolas Augot - le Saint-Lary jaune - monopolise le ballon dans l'alignement. Quelques beignes sur la fatigue, finissent par agrémenter le jeu au sol : Pierre-Laurent Gou en profite pour solliciter son remplacement ! Au final, victoire pour les miens mais il m'a fallu le secours sur le banc de Philippe Rougé-Tomas pour driver la fin du match : plus personne ne m'écoutait ! Le calme revenu, je me suis demandé longuement la raison de notre succès et je l'ai finalement trouvée : chez nos rivaux, personne n'a été capable de faire sortir Pascale Lagorce de sa cuisine tandis que chez nous, Jacques Verdier a dégagé Emilie Dudon de ses obligations à Rugbyrama pour accueillir l'arbitre : A quoi tient l'issue d'un match ?

Mercredi 6 mai

Airlines à 6 heures du matin mais 50 minutes de retard au décollage. Me voilà Parisien pour la journée et pour défendre les intérêts du SUA devant la commission de discipline de la LNR après la bagarre contre le LOU. L'occasion de découvrir, rue de Liège, à deux immeubles du siège de la FFR – difficile de ne pas se faire la gueule entre voisins – les locaux de la Ligue. Argumentation préparée minutieusement avec Christian mais on m'objecte la récidive et le spectacle télévisuel. L'amende pleut sur la bourse de Stéphane qui en perd ses derniers cheveux ! A midi, côtes d'un agneau de la capitale, courses dans Paris, sprint sur Orly-Sud. Si vous saviez mon bonheur quand j'ai entraperçu par le hublot, Monflanquin puis Saint-Romain, la Garonne, et le Canal. Il m'a semblé même que ma voisine avait hissé un drap blanc sur le toit de l'immeuble pour m'indiquer qu'elle était toujours là !

Rugbyrama - Henry Broncan - 11/05/2009 16:35
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