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 La chronique d'Henry Broncan

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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Ven 21 Aoû 2009 - 16:18

La chronique d'Henry Broncan


Le directeur du rugby agenais Henry Broncan continue de nous conter ses pérégrinations estivales. Il revient, à travers notamment de nombreuses anecdotes, sur la campagne de matchs de préparation du SUA et des autres, et enfin analyse à sa manière la première journée de Top 14.


http://www.rugbyrama.fr/rugby/nos-experts/2008-2009/la-chronique-de-broncan_sto2036482/story.shtml
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jipé
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Ven 21 Aoû 2009 - 16:28

Avec un hommage autour de la famille Ponnau, et une belle parabole sur le fait que l'union fait la force...
Malgré sa fonction, rien ne lui échappe de ce qu'il peut y avoir autour...Il y a du James Joyce dans Henri Broncan... thumright
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Sam 5 Sep 2009 - 14:30

La chronique d'Henry Broncan


La saison a repris et le directeur du rugby agenais Henry Broncan a retrouvé le bord des terrrains, auprès des jeunes du SUA notamment. Dans sa chronique, il nous conte les premières émotions de ce début de championnat.


http://www.rugbyrama.fr/rugby/nos-experts/2008-2009/la-chronique-de-broncan_sto2052554/story.shtml
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Sam 5 Sep 2009 - 14:35

'Quelques-uns des protégés de Jeannot et de François se plaignent des rigueurs des affrontements. Mon entraîneur pilier qui aime bien ses troupes et qui donc les châtie bien leur demande s'ils ont bien choisi leur sport en optant pour le rugby"


Laughing
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manolo
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 16 Sep 2009 - 17:21

Rugby - Nos Experts
16/09/2009 - 15:40
La chronique de H. Broncan

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La précédente chronique
Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le manager du SU Agen.

http://www.rugbyrama.fr/rugby/nos-experts/2008-2009/la-chronique-de-h.-broncan_sto2065355/story.shtml
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 16 Sep 2009 - 18:13

très interessant comme dab
une chose retient mon attention
le fait qu' Henri ait mentionné le haka comme
complément de l'échauffement
cela, je l'avais déjà mentionné
et même proposé qu'on reflechisse à un haka agenais
avec un pro de danse rythmique et d'aerobic mélés Laughing
on a du boulot : une mascotte, un hymne style chants de jean Dauger, un haka qui ne soit pas la danse des canards !
allez les inventifs, on se bouge le popotin Mr.Red
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Dim 27 Sep 2009 - 13:55

La chronique de H. Broncan


http://www.rugbyrama.fr/rugby/nos-experts/2008-2009/la-chronique-de-h.-broncan_sto2075573/story.shtml
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Malcom X
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Dim 27 Sep 2009 - 22:53

Quand on sait ce que les routes du Gers ont coûté à Henri... Neutral
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suaviste(47)
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Dim 27 Sep 2009 - 22:54

Malcom X a écrit:
Quand on sait ce que les routes du Gers ont coûté à Henri... Neutral

et aux autres malheureusement....
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gir3347
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Sam 10 Oct 2009 - 10:25

La chronique d'Henry Broncan


Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le manager du SU Agen qui se délecte d'un repas d'anciens marqué par des anecdotes savoureuses mais qui n'oublie pas de s'intéresser aussi bien à Biarritz qu'à Albi.

Mercredi 30 septembre

Il est des jours où tout va bien: le soleil de ces derniers jours de septembre dans le plus pur des ciels bleus du Lot-et-Garonne laisse croire que l'été ne se terminera jamais et, comme le SUA vient de s'installer, solidement, en tête du championnat de la D2 avec la ferme intention de ne pas lâcher la pôle position, c'est une douce sérénité qui envahit la ville, envoûtée par les couleurs de son club favori. Dans ces moments-là, les Agenaises resplendissent, sourires et formes à l'avenant : les fossettes de ma voisine vous indiquent la direction du septième ciel, c'est-à-dire celui qui se trouve juste sous son balcon. Il faut vite savoir profiter de ces instants si rares et l'après-midi passée, à Laroque-Timbaut, chez le Président Mencel, en compagnie de notre équipe 1 lors d'un entraînement décentralisé, confirme bien que le bonheur soit parfois à portée de main. Chez les Roquentins, j'apprends que l'un d'entre eux, dans la première moitié du siècle dernier, William Gayraud, s'est particulièrement illustré en tant que sportif de haut niveau particulièrement éclectique : champion de natation, de boxe (sélectionné olympique en 1920), aviron, pelote basque, athlétisme, bobsleigh, squash et bien sur rugby d'abord au SUA puis au Stade Toulousain. Lors du Tournoi des 5 Nations toujours en 1920, il fit partie de la première équipe de France victorieuse à l'étranger, en l'occurrence, l'Irlande, inscrivant le premier essai. A ses côtés, opéraient de grands noms de l'ovale : Crabos, Struxiano, Jauréguy, etc.

A 14h, Djal Narjissi qui se découvre une vocation d'éducateur – en attendant de devenir arbitre (? !) – accompagné par Jean Monribot et Laurent Cabarry, prend en charge l'école de rugby locale renforcée par celle de Pont-du-Casse. Je leur ai adjoint mes deux protégés, le fidjien Togatogo dit Leka et le géorgien David Losaberidze, respectivement 19 et 18 ans, une façon de les mettre en contact avec notre pays, notre langue, nos enfants… Tout se passe dans la bonne humeur. A 15h30, Christian et Christophe lancent sur le pré les professionnels. Ambiance décontractée car pas de match le week-end prochain, mais beaucoup d'application dans le maniement des nombreux ballons. Des jeux divers permettent de mettre en valeur l'habileté technique des participants. Les gosses devenus maintenant spectateurs ne manquent pas une once des évolutions. Ce soir, ils s'endormiront facilement, la tête remplie de passes croisées et redoublées, de réceptions de balles aériennes et de diagonales millimétrées.

A l'heure du thé, en compagnie du Président de l'Association et du directeur de celle-ci, nous filons sur Montauban où nous avons pris rendez-vous avec nos homologues du grand club tarn-et-Garonnais pour, tout simplement, prendre connaissance du mode de fonctionnement de nos voisins. Nos correspondants de la cité d'Ingres sont deux personnages quelque peu atypiques de notre sport : Serge Gros aurait pu détester le rugby, lui dont l'enfance a été enthousiasmée par le titre de 1967 et par les cris de "Allez Sapiac". Devenu à son tour tout naturellement joueur, c'est une mêlée effondrée qui l'a fait rejoindre les rangs des gens en souffrance. Loin d'être découragé par notre pratique, il s'est lancé à fond dans l'éducation et la prévention afin que nos jeunes ne connaissent pas un malheur similaire. En même temps, il a embrassé une carrière de dirigeant pour servir son club de toujours et le voilà, maintenant, Président de cette U.S.M qui lui tient le c&oeligur si vert.

De son côté, Michel Ambal, Directeur actuel du Centre de Formation, ne pouvait échapper au rugby ; d'abord parce qu'il est né dans le grand Beaumont, celui des frères Barrau, Guillas…et surtout celui des piliers-paysans de la fin des années 60, les Trainini, Bergamasco, Valentin… qui, avec les Peccolo, Boué, Bonastre…faisaient exploser tous les packs de l'Hexagone. De plus, Michel est le fils de Marceau, le géniteur de toute cette brillante génération, un enseignant exigeant, remarquable pédagogue parti un temps au SUA – le titre de 1976 acquis contre Béziers 13-10 – avant de filer sur Auch : remontée dans l'élite, en 1982, avec un demi de mêlée arraché à Armandie, Henri Cazaubon, le relayeur parfait de la méthode agenaise chère à Charles Calbet.

J'aime beaucoup Michel Ambal parce que d'abord c'est un technicien que je comprends car il ne vous abreuve pas de ces termes techniques qui vous obligent à consulter le dictionnaire, sans d'ailleurs trouver son compte ; ensuite il ne se prend pas au sérieux et parle davantage de ses échecs que de ses réussites, témoigne plus de ses incertitudes que de ses assurances, n'oublie jamais que la Roche Tarpeïenne est proche du Capitole…c'est-à-dire que, pour le MTG, Bourgoin avoisine le Stade Français ! Et ce type-là, malgré ses doutes, avance toujours, multiplie les interventions, passe son temps au stade, tempère les excès d'optimisme et soigne les états d'âme de son environnement.

Avec un peu d'émotion – j'ai joué à l'USM de 1968 à la Noël 1970 – nous visitons les installations mises en place entre 2004 et 2007 juste avant qu'une forte houle n'affecte le MTG. Salles de réunion, de vidéo, de massages, de directeur général, de directeur adjoint, de coachs, de préparateurs physiques, de musculation, de réathlétisation…occupent l'arrière des tribunes d'honneur mais Sapiac reste avant tout Sapiac : une cuvette atypique entourée de sa piste cycliste, un stade au cadre unique au monde et j'espère qu'aucun Président désireux d'agrandir le nombre de spectateurs n'osera toucher à ce qui fait toute l'originalité montalbanaise.

Comme en rugby, tout finit à table – en politique et dans les affaires, tout commence à table ! - nous voilà partis le long de notre cher canal direction Castelsarrasin et là, c'est la surprise offerte par Serge. Autour de la table, il a voulu réunir, en plus de l'autre grand Serge, celui de Russie, quatre des partenaires de mon court séjour de joueur dans le Tarn et Garonne. Ensemble, nous allons passer une nuit d'autant plus agréable qu'elle était inespérée, oreilles et fenêtres ouvertes pour laisser passer histoires et douceurs du temps. Beaucoup de récits d'anciens combattants certes, des souvenirs bien sûr embellis mais des heures de fous rires en se remémorant des errements de jeunesse à ne pas mettre dans les oreilles de nos jeunes sous peine de perdre toute crédibilité. Etaient présents un seconde ligne de fort tonnage, David transformé en Goliath et pourtant un des minots de la finale de 1967 déjà façonné en bras armé du pack – l'époque nécessitait un tel accessoire – parti par la suite vivre dans la Cité de Carcassonne, revenu maintenant en son pays et immédiatement au service de l'Association. A ses côtés, le numéro huit de l'époque, capable de jouer arrière – un ballon manqué sous la pression à Aurillac - technique éprouvée, malin comme un demi de mêlée, adjoint aux sports de la Mairie, délégué sportif – SUA contre l'USO ce terrible mai 2009 - reconverti dans le vélo... pauvre vélo ! En fait celui de mon vis à vis est encore plus à plaindre car cet ancien trois-quarts centre, Christ sur la croix en 1968, visage décharné, genoux cagneux, sac d'os redouté pour ses tampons mais également activiste de la relance est devenu, raison sociale oblige (?) un bon gros débonnaire plus large que Martinet dont il ne doit guère apprécier les plats cuisinés, tête ronde, ventre adéquat, deux chaises à table. Normal, une bonne dizaine d'années de Présidence vous façonne : repas d'affaires, réceptions mondaines, soirées de gala… ; "Qui aime bien, taquine bien" ; c'est certainement le plus vert et noir de tous : des centaines de milliers de km à supporter et à transporter les siens et au printemps dernier, en pleine crise, un mois supplémentaire de Direction du club, un intérim terrible : "J'ai cru vraiment que nous allions mettre la clé sous la porte..." Près de lui, comme au bon vieux temps, mon compère de toujours, l'autre trois-quarts centre, taille, cheveux élégance et humour intacts ou... presque. Formé à Rieumes, au pays des attaquants, joueur devenu spectateur, il reste un adepte du jeu à risques ce qui lui a valu des quolibets de la part de quelques bien-pensants des populaires, les mêmes qui, alors qu'il était devenu entraîneur, cherchèrent aussitôt à lui couper la tête. Pourtant, dans son métier d'enseignant E.P.S, il a formé bien des générations de rugbymen. Avec lui, notre complicité remonte au Lycée Fermat, l'équipe de la Violette de Toulouse ; à la mêlée opérait le père Cazalbou ! En 2009, les trois premiers font partie de l'encadrement de l'Association, le dernier sans doute encore blessé, reste dans sa réserve, sans oublier d'assister à chaque match, et Serge Gros, qui connaît nos liens a tenu à l'inviter. Les écrevisses et le vin délient les langues et le sourire de Sergueev qui découvre les revers de nos médailles. Au milieu d'anecdotes rocambolesques, nous apprenons qu'un des meilleurs numéro 9 de l'histoire de l'USM se refusait à exécuter une combinaison en général efficace ailleurs que devant la tribune présidentielle ! De même, lorsque les joueurs les plus huppés, placés en bout de ligne, le sollicitaient à haute voix pour qu'il leur expédie le ballon, il refusait de s'exécuter, rejouait au ras et lâchait à ses proches : "On va quand même pas être commandés par ces c… d'internationaux !"

Pour moi, la meilleure anecdote arrive sur la fin tout comme les plus belles rencontres se gagnent juste avant le dernier trille. Match contre Brive : Capitaine des Tarn-et-Garonnais, un formidable pilier gauche, une légende. Ce soir, j'apprends qu'il était d'une extraordinaire modestie et qu'il craignait toujours, avant les matchs, d'être dominé par son vis à vis. Côté Corrèze, on annonce un jeune "tueur", corps splendide, futur crack de la mêlée et notre numéro un de s'inquiéter toute la semaine, lui qui avait pourtant affronté les plus grands du monde. Son coéquipier, numéro 6, était un trois-quarts centre reconverti à ce poste, avec une fâcheuse tendance à abandonner les rigueurs de la poussée pour s'en aller vagabonder dans les espaces déployés. Encore avant le match, le gaucher supplie son flanker de rester auprès de lui jusqu'à la fin de la mêlée. Au bout de la première, l'anxieux lui jette un cri de délivrance : "C'est bon Arnaud, tu peux aller t'amuser, il ne vaut rien en mêlée !" Comme un moment de bonheur !

Samedi 3 octobre

Gruissan, le vent, les flamants, les cormorans…La cité ne m'a jamais paru aussi belle qu'en ces premiers jours d'automne. Les deux quotidiens régionaux chantent la victoire du Maire aux Primaires des socialistes ; la Coupe de France par équipes regroupe un bon millier de triathlètes qui barbotent sur le canal entre le Port et l'étang avant de s'élancer sur leur vélo direction Narbonne et terminer à pied leur activité en bordure du vieux village : de vrais sportifs (ves) athlétiques, impressionnants par leur envie de se défoncer dans 3 épreuves si différentes. De plus, les temps étant pris sur le 3ème, il est indispensable de faire preuve d'un esprit d'équipe qui n'est pas sans rappeler curieusement celui du rugby.

A 16h30, Biarritz, un temps tenu en échec par les carences de son buteur et par la réussite insolente de Porical, atomise des Catalans curieusement absents des débats. Comme quoi, tout arrive, même chez les meilleurs. Par contre, qu'Harinordoquy nous garde des prestations semblables pour l'équipe de France. Déchaîné, l'enfant de Garazi !

En soirée, Albi poursuit sa croisade, courageusement, sans pleurer. Malgré un groupe plus que décimé, le SCA accroche Bourgoin mais perd le bonus défensif sur une faute de jeunesse. J'entends d'ici certains entraîneurs du Top 14 se lamenter si on les avait obligés à jouer 3 matchs en 8 jours et ils ont pourtant des effectifs largement supérieurs en qualité et en quantité aux frères Blachu. Nous souhaitons aux jaunes et noirs d'autres victoires identiques à celle remportée contre Bayonne. Ce soir-là aussi, tous les bien-pensants ont crié au scandale oubliant de mettre en avant la qualité des mauls albigeois que les Basques se sont avérés ( ?) incapables de contrer alors qu'ils auraient pu quand même se douter que leurs hôtes allaient mettre l'accent sur cette façon de jouer, méthode peut-être peu spectaculaire – je l'aime beaucoup, car très collective – mais pourtant très efficace avec la fin de l'autorisation des écroulements.

Dimanche 4 octobre

Il faut quand même trouver une solution pour rendre plus attractif ce championnat Espoirs. Aujourd'hui, le Stade Toulousain accueille le SUA. Sur la pelouse, une vingtaine d'internationaux de moins de 20 ans, le long de la main courante, Yannick Bru, Christian Lanta, Christophe Deylaud... et à peine une centaine de spectateurs dont une trentaine de copines de joueurs plus une vingtaine de copains, plus une quarantaine de parents, le tout sur un terrain annexe impersonnel, à une enjambée de la rocade. Côté FFR, on essaye de privilégier le lever de rideau et même le coucher des équipes 1 mais l'accouchement est difficile. Dans le monde professionnel, il y a les exigences de la TV, de l'échauffement des vedettes, de l'état de la pelouse, des salaires des agents de sécurité qui doivent arriver plus tôt... etc... C'est pourtant si beau un lever de rideau pour celui qui aime le rugby ! Et le rugby ce n'est pas seulement 30 équipes professionnelles.

Le Stade Toulousain fort en 1ère ligne, bien dans l'alignement (Ledevedec, Desroches puis Boukerou), puissant en 3ème ligne (l'Ex-agenais Thuery et d'Aram), efficace au niveau des trois-quarts (Bezy, Lamerat, Doussaint), domine la 1ère mi-temps : 24 à 8 aux citrons et la colonie de supporters agenais plus nombreux que les rouges et noirs de s'inquiéter. Malgré les recommandations de Michel Marfaing, les Toulousains se relâchent et le SUA du trio Barrau, Crenca, Gelez exécute une partition de haut niveau sous la houlette du duo Guitoune-Bales : 24 à 0 pour la deuxième période et pour les visiteurs, soit au final un cinglant 32 à 24. Joie chez les vainqueurs, tristesse des vaincus mais la valse des embrassades, la reprise des portables et la récupération des écouteurs calment vite tous ces excès. Gardons méfiance pour le match retour, c'est le mot d'ordre de Jean-Jacques Crenca. Le Stade n'a guère apprécié et un Stade revanchard, ça fait mal.

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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 22 Oct 2009 - 20:20

Rugby - Nos Experts - 20/10/2009 - 15:11 - rugbyrama

La chronique d'Henry Broncan


Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le responsable de la formation au SUA. Il commente l'actualité rugbystique de ces derniers jours, marquée aussi bien par la H Cup ou le Pro D2 que par des tournois de jeunes.

Mercredi 7 octobre

Je concède que mes deux Géorgiens déçoivent les espérances mises en leurs capacités certes plus physiques que techniques et je m’impatiente de les voir errer comme âmes en peine du Centre de Formation à la salle de musculation en passant parfois, trop peu souvent, sur les terrains d’entraînement. David, ce numéro 8 que mes amis de Tbilissi veulent transformer en trois quarts centre, traîne, depuis son arrivée dans l’Hexagone, une douleur chronique aux ischio-jambiers ; capitaine de l’équipe nationale des moins de 18 ans, il a, certainement en plus la nostalgie du pays, du Mont Chkahara, des plages de la Mer Noire, de ses parents, des amis. Son compatriote, Kote, seconde ligne dont je garantis le talent, comme beaucoup d’hyper doués, lambine, muse, piétine, devenu être en souffrance parce que starlette en son pays et en mal de reconnaissance chez nous. Ce soir, nous nous sommes réunis, entre responsables, pour parler longuement des deux garçons et j’ai pris, presque violemment, la défense de mes deux protégés ; depuis la Coupe du Monde 2007, aventure humaine exceptionnelle, il ne faut pas que l’on touche aux Géorgiens. Le Président de l’Union Géorgienne de rugby le sait, lui qui m’a invité, courant novembre, à fêter, là-bas, le 50e anniversaire de sa Fédération. En attendant, retenez bien ces deux noms, Losaberidze et Mikauladze ; ils seront du niveau des Gorgodze, Svelidze, Zirakashvili, etc…

Jeudi 8 octobre

Réunion : Autour de Serge Dupuis, Président de la commission scolaire, Stéphane Rongière, directeur financier et Christian Lanta, manager général de l’équipe 1. Devant nous, défilent sept joueurs du club, deux pros et cinq amateurs, grands espoirs du club, tous âgés de moins de 20 ans. Nous avons, tous les quatre, la ferme volonté de les pousser à continuer leurs études, le rugby pouvant s’arrêter brutalement, dès demain, pour cause de blessure. Par ailleurs, ils ne sont pas sûrs de réussir pleinement dans l’ovale tant les rebonds de ce monde sont aléatoires. Chacun de nos jeunes interlocuteurs s’exprime sur ses perspectives d’avenir. Des entretiens passionnants. Avoir entre 18 et 20 ans en 2009, pratiquer à bon niveau – la plupart appartiennent déjà à l’équipe 1 – ambitionner d’atteindre le plus haut niveau et réussir à travailler convenablement… à l’école : pas facile malgré les aménagements scolaires ! Un de leurs camarades, un peu plus jeune, en difficulté au lycée, n’a t-il pas été convoqué toute une semaine, plein septembre, c’est-à-dire au moment où s’ajustent toutes les mises en garde de l’année, pour une tournée au Portugal plus touristique que rugbystique ? "Nos coquelets" se sont régalés, infligeant une soixantaine de points aux Lusitaniens, notre protégé bien sûr aussi, appréciant davantage les plaquages manqués des locaux aux premières interrogations écrites du lycée de Baudre.

Réunion toujours, cette fois-ci dans le club le plus huppé du Lot-et-Garonne – une division au-dessous du SUA -. Ce club réussit parfaitement, invaincu à ce jour en Fédérale 1, et, légitimement, ambitionne la montée à l’échelon supérieur. Incontestablement, un gros effort est fourni par les éducateurs pour préparer des équipes Crabos et Reichel convenables car la qualité de ces dernières est indispensable pour figurer en D2. Or le SUA s’est "emparé", à l’intersaison, de trois minimes opérant jusque-là au pays des tomates. "Emparé" ? Si peu ! Pour le moment, ces enfants préfèrent opérer au sein de la "maison bleue" parce qu’elle leur semble plus attrayante, capable de rivaliser avec les plus grandes formations françaises. Eternel problème et je comprends la rancœur des formateurs perdant leurs meilleurs éléments... de plus en plus tôt ! Dans les années 60, Mirande prenait les seniors de Miélan, dans les années 80, le Lombez-Samatan Club faisait son marché parmi les juniors de l’Isle-Jourdain, autour de la fin du siècle dernier, Auch récupérait les meilleurs cadets de l’URBR et maintenant le SUA s’occupe des minimes de l’URMC... A quand le tour des moins de 7 ans ? Aval, signature, légitimité et orgueil garantis chez les géniteurs !

Vendredi 9 octobre

La magie des images nous conduit à Dublin où les cousins germains du Leinster et des London Irish, par temps d’Irlande, s’affrontent en nocturne. Sur un RDS Stadium venté et humide, une quarantaine d’Irlandais métissés d’Iliens de l’autre hémisphère se rentrent dedans, frénétiquement, catholiques et protestants associés, comme au bon vieux temps des guerres de religion : rucks diaboliques, plaquages "meurtriers", rythme décapant, ambiance provoquante, chacun cherchant à faire "dégoupiller" l’autre, le tout dans une agressivité continuelle, limite malsaine, parfois combat de rue, mais aucun geste fatal. Pas d’essai bien sûr, tellement les défenses restent organisées, 4 pénalités à 3, et pourtant aucun ennui, aucun moment de répit. Pour ma part, je reste rivé devant le poste, fasciné par cette "drôle de guerre" que les plus Anglais des deux remportent. Même un appel de ma voisine n’aurait pu me décrocher du fauteuil ! Mention à cet Armitage, formidable flanker gratteur élevé pourtant, comme son frère, dans la douceur de la Promenade des Anglais.

Samedi 10 octobre

Comme d’habitude, Michel Celaya accompagne les Crabos et les Reichel de Biarritz, sur Armandie. Le plaisir de revoir aussi, en sa compagnie, Vincent Azoulay, l’ancien arbitre reconverti dans l’optique et dans l’associatif du BOPB. Avant les matchs, nos invités font preuve de quelques certitudes contrastant avec les inquiétudes locales nées lors des déplacements ratés, à Mont-de-Marsan, il y a quinze jours. Aux coups de sifflets terminaux, le SUA s’impose 34–8 chez les plus jeunes, 38-10 chez leurs aînés. Déconfiture de Michel catastrophé par la léthargie de ses ouailles. Je lui confie mes états d’âme similaires lors du voyage landais. Les gamins que nous préparons, encourageons, soulageons, bichonnons, sont si décevants parfois au point qu’on se demande s’ils aiment vraiment le sport qu’ils ont choisi !

Cette question, Jacques Brunel doit bien se la poser ce soir. Venus pour l’emporter avec le bonus offensif à Trévise, ces Catalans dont nous apprécions tant l’enthousiasme, la générosité, la solidarité, regagnent leurs pénates dotés d’un maigre bonus défensif. La pluie, Venise, l’œil de Luciano Benetton, les vides des populaires, le pied de Goosen, les prises de Van Zyl, la mêlée transalpine... si loin d’Aimé Giral, encore plus loin de juin et de la soirée magique du Stade de France. Les Sang et Or reviendront, nous en sommes persuadés ; personne ne peut tenir le haut du pavé sans cesse, durant toute une saison et peut-être qu’une élimination prématurée en Coupe d’Europe ouvre plus grandes les voies du Brennus.

Dimanche 11 Octobre

Le SUA poursuit inexorablement sa marche en avant. Pourtant Laurent Marti avait bien préparé l’événement, 20 000 spectateurs à Lescure, Juppé à sa gauche et Tingaud à sa droite. Et Mamère ? Le CABBG l’aurait-il emporté à Musard ? Nous ne le pensons pas : la machine agenaise, sans être à plein régime, avance en toute sérénité alliant une stratégie sans faille, un coaching impeccable, une efficacité rebutante. Les ailiers marquent mais le pack aussi, inarrêtable sur un maul semblable à celui réussi contre Oyonnax, à l’automne 2008. Vous avez dit Oyonnax ? Un an après, voilà les nôtres dans la "Plastic Valley" mais également dans le pays d’Henri Romans-Petit. Entre-temps il y a eu cet outrage sur Armandie. Gageons que certains des nôtres aborderont la rencontre, le rouge au front.

Lundi 12 octobre

Lecture M.O avec un article élogieux signé Georges Duthu sur le Lombez Samatan Club ; me voilà enfin rassuré : le Président Jean-Pierre Laffontan affirme que si l’occasion se représente, il ne refusera pas la montée en Fédérale 1 ; les "petits rouges" de la Save retrouvent donc cette ambition qu’une formidable école de rugby – une des meilleures de France : je vous le garantis – leur permet de mettre en avant. Récemment, ils ont atomisé les voisins gimontois et des amis présents au spectacle n’ont cessé de me vanter l’enthousiasme des lignes arrières entièrement formées au club. En face d’eux, les Bastide et Gendre, anciens baroudeurs du Top 14, n’ont pu que constater les avaries. Comme le tam-tam gersois m’annonce une superbe génération de cadets, le LSC a de belles heures à vivre et c’est une juste récompense pour le travail accompli par une belle équipe de... bénévoles.

Mardi 13 octobre

Retour matinal sur Garonne, épais brouillard et première fraîcheur automnale associés. Oreille sur une radio régionale : Sarkozy fils succède à Miterrand neveu sous les feux des médias. Appel aux auditeurs et chacun d’entre eux d’affirmer des opinions bien trempées. Le présentateur explique que le rejeton a quand même été élu conseiller général au suffrage universel et qu’il est donc un représentant légitimé par le peuple. Réponse abrupte de l’interlocuteur : "Elu dans le fief de papa, OK... mais aurait-il été élu conseiller général dans un canton du... Gers ?"

A propos de Gers, mon ami Roland Pujo a jeté l’éponge après le nul à domicile de Colomiers contre Aix. Nous avons été associés pendant trois ans à la tête du FCAG et je n’ai eu qu’à me louer de sa compétence technique et de sa fidélité dans les moments difficiles. Au printemps 2008, il a conduit brillamment la Colombe jusqu’au titre national de Fédérale 1 et, la saison dernière, l’USC s’est comportée correctement en Pro D2, assurant son maintien ce qui n’est jamais évident pour un promu. Il m’est difficile d’admettre que son message n’ait pu continuer à passer parmi ses joueurs alors que la majorité d’entre eux sont de purs Gersois... Roland rebondira très vite.

Mercredi 14 octobre

L’UNSS Lot-et-Garonne organise la 2ème édition du Challenge "Caminade" lycéen décédé à l’issue d’un match de rugby en 2007. Sont présents deux lycées de Dordogne, tous deux des environs de Bergerac, le lycée de Marmande si cher à Jean Escouteloup, et enfin nos agenais de De Baudre et Palissy, drivés d’œil et de voix de maîtres par Bernard Sotton et Marcel Maniaval. En général, les matchs scolaires d’aujourd’hui tombent souvent dans une désagréable récréation, les potaches se demandant parfois ce qu’ils font sur le terrain tant ils y apparaissent blasés comme des corvéables. Est-ce la volonté de respecter la mémoire du disparu ? Sans doute ; toujours est-il que nous avons l’agréable surprise d’assister à des rencontres de qualité disputées avec non seulement beaucoup de sérieux mais aussi la volonté de s’imposer loyalement tout en ne sacrifiant pas au plaisir de relancer, de se faire des passes et de se démarquer sans ballon. A ce jeu, De Baudre l’emporte logiquement.

Dans l’après-midi tombe une étrange nouvelle : le vendredi 20 et le samedi 21 novembre, nous devons disputer, à Pantin, avec les Espoirs, le championnat de France dont nous détenons le bouclier. "Détenons", doux euphémisme car, après le triomphe de Bayonne, à l’automne 2008, et surtout après une soirée légèrement démentielle, nous avons perdu le Trophée et il nous faut en recomposer un semblable. En attendant, nous apprenons qu’un stage regroupant une quarantaine des meilleurs Français de moins de 20 ans aura lieu toute la semaine du 16 au 22 novembre. Comme nous avons la chance de posséder une génération 1990 assez exceptionnelle, nous allons être privés de cinq à huit de nos meilleurs éléments de... .rugby à 7. Comment se fait-il que la FFR ne puisse pas harmoniser son calendrier et permettre aussi aux deux sports de ne pas se marcher sur les plates-bandes respectives ? Assiste-t-on à un début de conflit entre les deux disciplines ? Autre désagrément : le regroupement des moins de 20 ans se tiendra en pleine période scolaire. Pense-t-on aux études de ces enfants ?

Jeudi 15 octobre

A propos d’études, voilà notre second rendez-vous avec la commission scolaire dirigée avec doigté mais fermeté par un extraordinaire Serge Dupuis. Il n’y a certes qu’une quarantaine de jours passés depuis la rentrée mais pour le moment, la satisfaction des enseignants est quasi-unanime. Seuls deux ou trois cadets font les chiens fous, mais l’ensemble est largement positif. Pourvu que ça dure comme disait Laetizia !

Vendredi 16 octobre

Des Catalans affamés étranglent une pourtant créative équipe de Nothampton mais la mêlée a retrouvé du sang et vaut de l’or . A partir de là, les hommes de Jacques Brunel construisent leur succès. Cette semaine, le joug d’Aimé Giral n’a pas dû se reposer ! Belle performance des centres Mermoz et Marty, une sacrée paire, la meilleure de l’Hexagone ?

Hier au soir, un énorme Van Niekerk a conduit les Toulonnais vers la qualification. Quel potentiel sur la Rade !

Samedi 17 octobre

Temps magnifique sur Dax et Marcel-Boyaud où nos Reichel et Crabos s’imposent petitement. Prestations en partie décevantes mais il paraît que les victoires suffisent au bonheur de nos "embourgeoisés". Doit-on s’en contenter ? Excellente réception de Philippe Celhay, Président de l’Association : nous avons passé un excellent moment autour de la table d’après-match, le seul de l’après-midi !

En soirée, rediffusion du BO fringant de l’après-midi et si N’Gwenya crève trois fois l’écran, la bonne surprise vient du retour gagnant d’Arnaud Mignardi. Voilà enfin le nouveau départ ?

Dans la nuit, j’ai eu presque en direct les pleines satisfactions de mes anciens Auscitains européens. Décidément, ils ne s’ennuient pas sur la Côte.

…/…

Dimanche 18 octobre

Ce matin, moment d’émotion avec l’apparition du petit-fils aîné (3 ans) sur l’étrange lucarne. L’arrière grand-mère (90 ans) en est toute retournée, elle qui n’a jamais eu cet honneur durant une vie pleine de labeur. Lény, timide comme son grand-père... paternel ne maîtrise pas encore les exigences de la communication mais ça viendra.

Dans la matinée, tournoi du Fair-Play regroupant plus de 1000 gamins répartis en moins de 15, moins de 13 et moins de 11 – j’ai déjà dit que je détestais tous ces moins – sur Armandie. L’équipe des éducateurs agenais est parfaitement organisée et l’ambiance est à la fête. Avec émotion, je découvre une remarquable formation auscitaine de benjamins. Stéphane Graou, l’ancien pilier international la dirige et son fils tient les rênes à l’ouverture. Avec émotion encore, je retrouve Andrée Forestier, cette ancienne internationale du rugby féminin, formatrice depuis plus de 20 ans au niveau des poussins : la modestie au service de la compétence.

L’après-midi, invitation au derby du Haut Lot-et-Garonne : Villeréal accueille les voisins de Monflanquin ; la bastide d’Alphonse de Poitiers contre celle... d’Alphonse de Poitiers, le fécond frère de St-Louis. Outre leur géniteur commun, les deux cités sont étroitement unies au niveau des cadets et juniors au sein de l’équipe des quatre cantons, championne de France Philiponneau en 2004 puis Balandrade en 2007. D’ailleurs, l’essentiel des deux formations opposées aujourd’hui est composé par des joueurs ayant acquis ensemble ces deux titres. Alors pourquoi un jeune arbitre du Comité du Limousin sans doute mal au fait des amitiés existant entre les protagonistes et craignant de diriger un derby sulfureux, a-t-il cru bon de nous infliger jusqu’à l’écœurement une litanie de pénalités ? Son intransigeance a tué la fête promise.

Oyonnax reste donc invaincu sur Charles-Mathon : 22 victoires consécutives ; le record de la D2 appartient toujours au FC Auch Gers : 29 succès au Moulias entre 2002 et 2004 mais la menace des Oyonnaxiens grandit. Le SUA perd, après la sirène, sur une pénalité de 55 mètres. Beaucoup de frustration et du bleu à l’âme. Narbonne, énorme face à Grenoble, en profite pour prendre la tête. Narbonne moribond la saison passée, Narbonne et ses bambins de la Clape : Griffoul, Beaux, Madaule, Chevtchenko, Algisi, Raney, Ruiz...

Le suspense reste entier. Vivement Pau samedi soir.
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 28 Oct 2009 - 13:39

Rugby - Nos Experts - 27/10/2009 - 14:58


La chronique d'Henry Broncan


Dans sa chronique, le plus Gersois des Agenais Henry Broncan nous narre sa savoureuse visite dans le club de Montpazier, en Lot-et-Garonne. Il revient également, en défenseur ardent de la formation en France, sur l'émergence de jeunes Espoirs dans le Top 14 ou sur la 8e journée de Pro D2.

Vendredi 23 octobre

A cause d’une sollicitation d’autant plus pressante qu’elle était exquise, nous voici, G.M et moi, au-delà du Haut-Agenais, cette fois-ci dans le Périgord pourpre. Nathalie, que tout le rugby du Périgord-Agenais connaît – dirigeante, Présidente ensuite du club de Lanquais, maintenant déléguée sportive –m’avait demandé, il y a environ un mois, de venir un vendredi soir, faire un entraînement aux joueurs du Stade Monpaziérois car cette équipe avait connu de grosses difficultés à l’intersaison et avait même failli mettre la clef sous la porte de ses vestiaires. J’avais fait part de ce desiderata à mon directeur administratif car je savais qu’il avait fait ses premiers pas de rugbyman, en tant que benjamin puis de minime, au sein du S.M. Nous voilà donc sur la route des Bastides, d’abord les "Alphonsines" : Villeneuve, Monflanquin puis Villeréal, avant d’arriver au pays des "Anglaises" puisque Monpazier, Molières, Lalinde et encore Beaumont doivent leur existence à Edouard 1er, ce roi de la dynastie des Plantagenêts.

Le premier plaisir de la soirée sera la visite de ces lieux historiques en compagnie de Monsieur le Maire, du Président du club de rugby, de quelques dirigeants et bien sûr de Nathalie. On dit de Monpazier que cette petite ville (540 habitants ) est le chef d’œuvre des bastides. On n’en trouverait aucune autre où "les détails seraient mieux étudiés, où l’ordre, la symétrie, la prévoyance auraient été portés plus haut". Nous voilà d’abord sur la place centrale, les arcades des cornières, la petite halle superbe de modestie : mes hôtes et G.M se souviennent des inarrêtables parties de rugby à toucher disputées sur le pavement sous le regard des fenêtres à meneaux. La douceur de la soirée et l’heure tardive de l’entraînement – début prévu à 20 heures – nous autorisent à flâner de "charretières" en "traversières" et à nous enfiler dans les étroits "carreyrous" qui quadrillent les îlots d’habitations. Arrêt particulier à la "Porte du Paradis", sans doute lieu privilégié dans le passé de rendez-vous galants de l’autre côté de la poterne. Normal que cette cité si gracieuse ait été l’objet des convoitises des rois d’Angleterre, les fondateurs, et des rois de France. D’ailleurs, de nos jours, les sujets de Gracieuse Majesté recommencent à se multiplier dans les parages. Parmi les récits du moyennageux, on raconte qu’une forte animosité régnait déjà entre les Monpaziérois et leurs voisins de Villefranche du Périgord, sur fond de rivalités religieuses, les uns surtout catholiques, les autres plutôt protestants. D’après les Mémoires de Sully, une nuit, les habitants de chacune des deux bastides, décidèrent sans se concerter bien sûr, d’aller piller la ville voisine. Ils réussirent d’autant plus facilement dans leurs entreprises qu’ils ne rencontrèrent réciproquement nulle résistance dans les lieux envahis. Se rendant compte de l’ineptie du contexte, chacun de revenir dans ses pénates sans toucher aux biens des ennemis. Dans quelques semaines, les deux clubs doivent se rencontrer dans un derby qui devrait valoir son pesant de champignons : ne dit-on pas, que de nos jours, les deux cités se disputent le titre de Reine des cèpes !

Après un petit blanc sec savouré à la meilleure des tavernes, nous voilà quand même sur le pré ! Ils sont 24, chiffre record – au mois d’août, il ne restait que 9 licenciés ! – le président et les siens sont allés recruter des footballeurs, un basketteur, trois anciens cadets qui avaient abandonné l’ovale et il y a même trois ou quatre néophytes en matière sportive. Qui plus est, le Maire en personne, a rechaussé les crampons, la trentaine largement sonnée et ce, à un poste pourtant exposé aux pitres vilenies, celui de talonneur. L’entraîneur ex-flanker de Fumel, Philippe Laborde, resté fidèle dans la tourmente estivale, nous a préparé le canevas de la soirée. Nous voilà démarrant par une séance à dominante plutôt athlétique. Soulignons qu’il s’agit su seul entraînement hebdomadaire et c’est pourquoi nous mettons en place du "physique intégré" à base de skills. Une bruine toute anglaise rend les ballons glissants mais la perfide Albion ne parvient pas à troubler l’application des Vert et Blanc ; seul M. le Maire a tendance à manquer toutes ses passes... à droite. Gégé me succède sur le mouvement général ; sevré de terrain depuis plusieurs années et requinqué par l’herbage de sa jeunesse, il nous faudra l’interrompre dans son intervention car neuf heures sonnent au clocher de la collégiale et il faut que Philippe fasse un minimum de mise en place car un long déplacement périlleux est prévu, dimanche, à Thiviers. Je m’aperçois alors que, décidément, ce Maire fait tout dans son pays : vu sa dextérité manuelle, je craignais pour ses lancers en touche et je ne fus pas surpris de voir un pilier prendre l’affaire en mains ; par contre, stupéfaction de voir le premier désigné... premier sauteur dans l’alignement ! Pire, dans les quelques répétitions accomplies, tous les ballons lui furent gracieusement adressés ! Il doit y avoir de la subvention municipale là-dedans ! Tout naturellement, sans même une intervention du coach, les joueurs se remplacent sur les postes de titulaires face à la maigre mais virulente opposition : en fin de semaine, on ressent le besoin express de se défouler... d’autant qu’on n’a pas trouvé de champignons et notre édile n’est pas le dernier à se jeter vigoureusement dans les rucks au risque de blesser l’un de ses administrés. Courte allocution finale et pas de prise de tête lors de l’annonce de la composition de l’équipe : deux absents pour des raisons qui n’ont pas besoin d’être explicitées ; nous voilà 22 et on verra dimanche après-midi pour déterminer le 15 de départ. Tout le monde jouera, c’est sûr. Trois ou quatre éléments se rendront directement à Thiviers et les autres ont rendez-vous au stade de Monpazier, à midi, pour se répartir dans les voitures ; une heure et demie de route et aucun frais de déplacement ; aux antipodes du monde Pro ! Une cure de jouvence, un retour près d’un demi-siècle en arrière !

Faut-il en ces temps de crise, vous raconter le repas qui a suivi dans la "maison du rugby" : la proximité anglaise interdit le terme "club house" ! Apéros obligatoires, soupe périgourdine, pâté de sanglier, estouffade monpazieroise royale... vin généreusement obligatoire... deux heures à table et trois kilogrammes gagnés !

A une heure du matin, retour dans un brouillard par contre entièrement britannique. Au dessus de Lacapelle, à deux pas des Saint-Béat, nous avons, Gérald et moi, bien cru rencontrer le fantôme du Duc de Gontaud-Brion, promenant sa tête décapitée au bout de son bras. J’ai raconté l’histoire à ma voisine et elle n’a pas voulu me croire !

Samedi 24 octobre

Sur l’annexe 2 et sous une pluie fine, les Espoirs brivistes s’imposent logiquement 16-12. Après leur victoire à Wallon, les nôtres ont-ils péché par excès de confiance ? Les Corréziens m’ont paru plus homogènes et leur succès est loin d’être usurpé même si les Bleus avaient les clés de la victoire dans les deux touche-pénalties des dernières secondes ! A noter chez les vainqueurs un excellent pilier droit venu de Géorgie – encore un ! - ainsi qu’un ardent ailier, passé arrière en cours de match. Samedi prochain, déplacement sur la Rade. A 18h30, sur Armandie, le SUA en vingt minutes inflige vingt points à des Palois désemparés par le rythme imposé. Par la suite, les ondées continuelles, la fatigue oyonnaxienne, la réaction béarnaise rendront la suite stérile mais la défaite narbonnaise assure une première place que nous saurons conserver.

A 21 heures, coup de fil de mon ami Georges, délégué sportif au match Castelsarrasin-Lombez Samatan : ..."Mais tes mecs du Gers, ils ont largement le niveau de Fédérale 1 !..."

Dimanche 25 octobre

Après le toucher du matin – plus d’une vingtaine de participants sur Pistre – longue conversation avec mes amis de la SNCF lot-et-garonnaise sur l’éventualité de la réouverture de la ligne de passagers Agen-Auch. Pourquoi pas ? Cela permettrait peut-être de réduire les accidents de la route, encore quatre morts dans le Gers en fin de semaine !

Des images TV des matchs de la veille : à Paris, le demi de mêlée de l’Usap Cazenave, traverse le Stade de France. A Maurice-Trélut, l’arrière du TPR Adrien Domerc déchire la défense grenobloise. Tous deux n’ont pas encore 20 ans, tous deux sont issus du club d’Argeles-Gazost et de la section sportive du collège de la cité pyrénéenne... Allez les jeunes !

Dans le derby du Confluent, le SC Aiguillon s’impose largement contre les voisins de Port-ste-Marie. Dans les tribunes, Michel Couturas, au sifflet Patrick Péchambert, la veille en TOP 14, (Montpellier-ASM ), aujourd’hui en 1ère série.

Coup de fil de Dordogne : le Stade Monpaziérois s’est imposé à Thiviers 20 à 6, qiatre essais, bonus offensif, première place au classement, il doit faire chaud, ce soir, dans la maison du Rugby.

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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Dim 8 Nov 2009 - 6:09

annul suite bissé


Dernière édition par gir3347 le Dim 8 Nov 2009 - 8:48, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Dim 8 Nov 2009 - 8:36

Une chronique faite de mots simples , choisis pour leur couleur , leur émotion , leur chaleur !!
Une chronique agréable à lire !! qui refléte bien la personnalité de son auteur !!!!
Une chronique qu' on aime quoi !!!!
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 12 Nov 2009 - 13:29


Rugby - Nos Experts - 12/11/2009 - 10:25


La chronique d'Henry Broncan

RugbyramaComme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le responsable de la formation au SUA. Il commente l'actualité rugbystique de ces derniers jours, marquée les matchs de Top 14 et l'évènement de plusieurs jeunes joueurs.


Jeudi 28 octobre

C’est toujours l’été indien sur Garonne ; le trio de pédaleurs… sans charme profite de la clémence de cette fin d’octobre pour accomplir une de ses dernières sorties à vélo sans pull ni Kway, ni gants : sur les bords du canal jusqu’au clocher hélicoïdal de Sérignac, aucun record de vitesse ne sera battu mais, à l’arrivée, le monde aura été refait… une nouvelle fois en attendant la prochaine mouture. Même Alain Finkielkraut et son "cœur intelligent" ont droit à un chapitre de la promenade. A propos des régimes totalitaires, le philosophe écrit : "En voulant réduire, jusqu’à la faire disparaître, la part de l’immaîtrisable et de l’incalculable, on bâtit une société d’esclaves" et l’un d’entre nous de transposer la citation au monde du rugby en affirmant que l’entraîneur qui s’efforce de rationaliser toutes les actions de ses protégés en réduisant leurs initiatives et donc, leurs facultés d’adaptation, transformera ses joueurs en asservis. Eternel curseur si difficile à déplacer entre l’entraîneur qui laisse jouer et celui qui empêche de jouer !

Découverte du groupe des trente français désignés pour les tests de novembre. Quand des nouveaux apparaissent, j’aime bien me souvenir à quel moment j’ai, pour la première fois, repéré le sélectionné. Pour Benjamin Fall, c’était pendant la saison 2006-2007 : les Crabos de Bègles étaient venus défier mes Auscitains sur notre terrain mascotte du Bourrec et l’équipe 1 aimait beaucoup, avant de gagner les vestiaires pour le match de 18h30, soutenir les jeunes à la tunique rouge. Pris par mes préoccupations de coach, je n’avais pu assister qu’à une dizaine de minutes de la rencontre mais j’avais immédiatement repéré ce magnifique athlète alors trois-quart centre, qui, à chaque ballon touché, semait la panique parmi les nôtres. Le lundi, comme d’habitude, j’avais consulté les feuilles de match du week-end et noté le nom de ce junior 1ère année. Trois mois plus tard, devenu Agenais, j’avais signalé ce nom au chargé de recrutement jeunes au SUA. Originaire de Langon, fils d’un basketteur de haut niveau, Benjamin était déjà sur les tablettes mais son père avait voulu lui épargner les déplacements depuis le Pôle Espoirs de Talence jusqu’à Armandie et c’est pour cela que les Béglais avaient hérité du jeune prodige.

Vendredi 30 octobre

L’Usap a eu beaucoup de mal à trouver ses marques devant des Castrais dont l’organisation générale fait honneur au couple Labit-Travers. Mis longtemps à mal par les charges de Tekori et le pied de Teulet, les Catalans ont su trouver dans leur "sanquette" héréditaire, le pouvoir de renverser une situation pourtant bien compromise aux citrons que l’on a supposé plutôt amers, dans les vestiaires d’Aimé-Giral. Rentrée déterminante de Guilhem Guirado, récompensée immédiatement par l’essai victorieux – superbe transformation de Jérôme Porical – et par… une sélection largement méritée en Equipe de France. Découverte, à gauche, de Jérôme Schuster dont le patronyme me laissait croire qu’il nous venait comme tant d’autres, des antipodes alors qu’il est bien natif de Perpignan et que ses premiers pas, derrière l’ovale ont eu lieu dans le club au nom magique pour ceux de ma génération de Côte-Vermeille. Bon point aussi au seconde ligne de Villeréal – pas encore 20 ans ! – Yohan Vivalda dont les 2 mètres et les 110 kilos n’ont pas été retenus il y a trois ans, par le SUA. Le trio Jacques Brunel, Franck Azema, Bernard Goutta fait vraiment un excellent travail, travail qui doit être donné en exemple à tous les clubs professionnels.

Samedi 31 octobre

Toujours du côté des jeunes, cet après-midi, pour la seconde fois dans le mois, c’est la fête de Jonathan Wisniewski. Enfant de Gaillac mais formé à la belle école toulousaine aux côtés des Médard, Mermoz, etc… Jonathan a quelque peu erré entre Colomiers, Castres et Aix-en-Provence, plus ou moins discuté comme tout ouvreur de l’Hexagone. Récupéré par le Métro-Racing, on se souvient de la transformation manquée, face aux poteaux, contre le Stade Montois, lors de la demi-finale de Pro D2. Il a fallu des mois et même des soins pour retrouver l’équilibre d’autant que la concurrence d’Andrew Mehrtens ne laissait guère de temps de jeu. Réinstallé par Pierre Berbizier aux commandes des ciels et blancs, Jonathan a crevé l’écran de ses…anciens coéquipiers par un pied parfait et une feinte de passe digne de Grand-père "Cassou" dont j’ai deviné les yeux humides d’émotion, du côté de Gaillac.

Autre ouvreur à la lumière après beaucoup d’ombres : Benjamin Feilles dont mon ami, Jean-Claude Tardieu, le dynamique et volubile Président du Comité départemental du Lot, m’avait enseigné le potentiel, lors de l'été 2006. Formé à Villefranche du Queyran, sous la houlette de Jean-Marc Garin, "Benji" avait suivi ses parents lors de la délocalisation de la SEITA de Tonneins à Strasbourg. Rien ne vaut les poteaux du Sud-Ouest et les douceurs de Garonne. C’est à deux enjambées de chez lui, sur les rives du Gers, que le gamin a troqué les saucisses d’Alsace contre un bloc de foie gras. Champion de France avec les Espoirs du FCAG en 2007, gravement blessé au genou pendant la saison 2007-2008, convalescent l’an dernier, le voilà enfin revenu en pleine possession de ses moyens : le Stade Aurillacois s’en est aperçu à ses dépends !

Dimanche 1er novembre

Depuis hier au soir, nous sommes à Toulon, comme d’ordinaire le lit à l’hôtel Dauphiné et la table, à la Brasserie "Le Chantilly". Comme d’habitude, le soleil inonde la rade et c’est en t-shirt, short et tongues, que je prends le petit noir et l’air marin devant les bateaux de plaisance. Autour du banc le plus proche, des supporters du RCT – une bonne vingtaine – se sont rassemblés pour commenter la rencontre de la veille. N’ayant pas manqué le début du regroupement, je comprends que deux d’entre eux étaient à Bayonne, qu’une dizaine ont vu le match sur Rugby + et que le reste s’est contenté de la lecture de Var-Matin. Si je n’avais pas été là si tôt, au bout d’une heure de conversations fortes, colorées et animées, j’aurais pu penser que tous étaient à Jean-Dauger la veille. Euphorie générale même si quelques-uns d’entre eux actionnent la dent dure sur certains joueurs. En effet, chaque prestation individuelle est décortiquée, pesée, jugée, alternant dithyrambe et sarcasmes. Van Niekerk, même s’il ne jouait pas mais qui a accompagné l’équipe et qui a accompli sur la Côte Basque, une séance de physique, reste le "chouchou" de tous les cœurs. Quant aux Catalans de l’Usap, chez qui le RCT se rend jeudi prochain : "On va les fracasser…" A deux pas de là, j’ai cru voir un sourire de béatitude sur la statue de Raimu.

C’est à Ange-Siccardi que les Espoirs du SUA drivés remarquablement par le trio international Crenca-Gelez-Barrau s’imposent, largement, 33-12 (4 essais à 2), sur de jeunes Toulonnais trop fébriles et manquant d’humilité. Au milieu de la seconde période, une bagarre générale d’un autre temps occupe idiotement l’ensemble des acteurs et fort logiquement, l’arbitre du Comité du Roussillon, M. Zitouni distribue deux cartons rouges. Ce sera le seul bémol dans un beau week-end qui m’a permis de retrouver Paul et le car de l’équipe 1 (Paul est comme cette dernière : il n’arrête pas de progresser !) et de constater que le SUA dispose d’un bien beau réservoir de jeunes de qualité et surtout passionnés par le rugby.

Lundi 2 novembre

Une pluie fine et permanente sur le Gers et même le froid : sur les rives de Baïse, 15 degrés de moins que la veille, au Mourillon. Dans la soirée, un coup de fil inattendu : le Président de la Fédération du Kirghizistan, Askalary Naraliev, "branché" par mes amis géorgiens me sollicite pour donner un coup de main à son pays : mon interlocuteur, dans un très bon français, m’explique que son pays dispose de "sérieux atouts" en matière de rugby avec même une équipe féminine, phénomène inédit en Terre d’Islam, et que parmi les trois clubs masculins du pays, l’un se trouve dans la ville d’Och – 240 000 habitants ! - ce qui l’a poussé à appeler également le maire de notre Auch, M.Montaugé, pour un éventuel jumelage sportif. L’équipe nationale participe à des tournois avec l’Ouzbekistan, le Kazakhstan, et l’Iran dans le cadre du Championnat d’Asie. Des heures d’enseignement de rugby sont dispensées régulièrement à l’Académie des Sports de Bichkek et, toujours pour mon interlocuteur, "le rugby est le meilleur sport pour former les meilleurs djiguiles" c’est-à-dire les héros kirkhiz.

Sur le "Bruher", le livre de géographie de mon enfance au lycée de Mirande, je revois une photo en noir et blanc de cavaliers Kirghiz. Ils me faisaient rêver. J’ai proposé à ma voisine que nous partions dans cette longue marche vers l’Est. Elle m’a dit qu’elle préférait son deux pièces de la rue Lavoisier aux yourtes du Lac Yssik Koul. J’ai sagement rangé mes rêves et j’ai repris ma bicyclette pour me rendre dans les bureaux d’Armandie.

Jeudi 5 novembre

Rugby + et Canal + Sport diffusent largement les évolutions de la journée de Top 14. Sans doute les traces du week-end précédent trop proche ajoutées au poids des nombreux matchs disputés précédemment, peut-être aussi les premières froidures, mais il m’a semblé que l’ensemble des équipes manquaient d’enthousiasme et semblaient pressées d’expédier les affaires courantes avant de partir en vacances. L’inconvénient, c’est que nos internationaux ont du pain sur la planche et qu’il ne faudra pas se manquer samedi prochain contre les voraces springboks qui, eux, ne sont jamais fatigués. Par ailleurs, les résultats ont été conformes à la logique puisque chacun est resté maître sur son territoire, les visiteurs, y compris l’Aviron bayonnais, n’étant pas dans des dispositions d’esprit autorisant un quelconque exploit. A ce jeu, plutôt décevant pour le téléspectateur, seuls les Albigeois ont été conformes à leur caractère luttant jusqu’au bout à l’image de leurs ancêtres cathares. Au fait, il y a longtemps qu’il n’y a plus de Cathares !

Bon retour de Benoit Bourrust face aux Toulonnais : ni Taumoepeau, ni Emmanuelli, n’ont fait reculer le jeune colosse de Lasseran. Quant à Pascal Idieder, je le devine, tout sourire, buvant du petit lait.

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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 12 Nov 2009 - 16:33

On dirait qu'Henri a définitivement arrêté d'écrire sur l'équipe 1 du Sua, à peine quelques mots.

Mais bon, ces textes sont tellement savoureux et remplis d'humanité que l'on arrive à oublier cette absence.
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 12 Nov 2009 - 16:38

DA VINCI CODE a écrit:
On dirait qu'Henri a définitivement arrêté d'écrire sur l'équipe 1 du Sua, à peine quelques mots.

Mais bon, ces textes sont tellement savoureux et remplis d'humanité que l'on arrive à oublier cette absence.

Disons que pour ce week end (réception de Mont de Marsan), il semblerait qu'il n'ait pas pu assiter au match, étant du déplacement avec les Espoirs à Toulon...
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 12 Nov 2009 - 16:43

Vivalda non retenu (...il nous serait drôlement utile par les temps qui courent ! Rolling Eyes ) Fall échappé...Henri est bien cruel avec nous ! Confused
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mar 1 Déc 2009 - 23:25

Rugby - Nos Experts - 19/11/2009 - 11:31


La chronique d'Henry Broncan


Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le responsable de la formation au SUA. Il commente l'actualité rugbystique de ces derniers jours, et revient notamment sur la victoire de l' Equipe de France contre les champions du monde.


Mercredi 11 novembre

Une route intégralement torturée du Lot et Garonne pour gagner, depuis Agen, Ste-Livrade en passant par Laugnac dont la verdeur du terrain de football attire les pupilles de mon trio de covoiturés. Le stade de l’ancienne bastide anglaise des rives du Lot abrite le désormais classique Tournoi Brignoli rassemblant les moins de 15 ans du 47 et du 24. Depuis ce matin, plus de 150 minimes s’ébattent joyeusement - quelques plaies quand même - sous une pluie peut-être fine mais sûrement pénétrante d’autant qu’elle est accompagnée de la première froidure automnale.

Le long des lignes de touche, de formidables éducateurs, bonnetés et bottés passent leur journée d’Armistice auprès des gamins, communiquant leur enthousiasme, encourageant dans la majorité des cas, grondant un peu par moment, rouspétant modérément certes mais rouspétant quand même auprès des jeunes arbitres - Quel progrès dans ce domaine aussi ! - mais comment ne pas pardonner quand la passion habite les injonctions !

La "Vallée du Lot" (Ste-Livrade, Villeneuve, Castelmoron…), l’hôte du jour, l’emporte à domicile, plaçant même sa seconde formation dans le quatuor de tête : des gars bien "tankés" comme dit mon CTR, déterminés sur le un contre un, groupés dans les affrontements. En deuxième position, une bien belle équipe des "Quatre Cantons" (Cancon, Monflanquin, Villeréal, Lacapelle, Castillonnès), avants efficaces, dos plats et bons appuis au combat, triangle d’attaque expert en ballon volé malgré l’ovale glissant. Partout, du côté de l’Entente Lot-Lemance, du club de Pole Med (Miramont, Eymet, Duras), de Valence d’Agen (82), de Marmande, du Bugue et d’ailleurs, de l’envie, du mouvement, de la construction et certains nostalgiques (vieux c…, oui !) qui osent affirmer qu’on jouait mieux au rugby….avant !

Côté SUA, on doit se con,tenter de la dernière marche du podium : la "maison bleue" avait sans doute oublié de se couvrir d’un toit pour éviter les fautes de main ; en salle, on aurait peut-être gagné.

Jeudi 12 novembre

L’Equipe de France qui doit affronter, vendredi soir, les « terribles » Boks vient d’être dévoilée officiellement et je m’amuse à retrouver les clubs formateurs de nos Internationaux : Traille (Nay), Médard (Blagnac), Mermoz (Epinal), Clerc (Le Fontanil), Parra (Metz), Heymans (Meyssac) Marty (Villelongue), Trinh Duc (Pic Saint Loup), Dusautoir (Trelissac), Harinordoquy (Garazi) Picamoles (Le Chesnay), Bonnaire (Saint-Savin), Nallet (S.A.Bourg), Millochlusky (Viry-Chatillon), Marconnet (Givors), Servat (Mazères-Cassagne), Mas (Argeles-sur-Mer), Barcella (Valence d’Agen). Allez les "gros clubs" : Je vous concède David (Bourgoin) et au nom du passé Swarzewski (Béziers) et Dupuy (Périgueux).

Une grosse pensée pour les éducateurs qui n’ont pas ménagé leur temps, leur famille, leur argent, leur essence….pour conduire leurs petits vers l’excellence. Alors, bien sûr, les médias mettent en lumière ceux qui les drivent au niveau professionnel mais ils oublient de signaler que les coachs actuels ne font, en fait, qu’entretenir, parfois peaufiner, un labeur accompli largement en amont, par des inconnus qui ont façonné longuement les futurs grands, leur donnant d’abord l’amour d’un sport particulièrement difficile, exigeant, les véhiculant au sens propre comme au figuré, les "bichonnant" physiquement et moralement.

Le rugby fonctionne quand même à l’envers : un bon éducateur des moins de 13 ou 15 ans est aussitôt aspirré pour entraîner des plus grands : Reichel ou mieux équipe 1 alors que dans l'objectif utopique de club, le meilleur éducateur devrait être parmi les petits : Je n’arrête pas de vieillir ; me voici dans le camp des Yaqu’à et des fauqu’on !

Ce soir, sous le chapiteau mis en place dans la cour du Conseil Général 47, une trop courte conférence du Professeur Georges Mailhos sur Jean Jaurès en, présence de Rolande Templé : des souvenirs de la faculté des lettres de la rue Albert-Lautman. C’est du Jaurès, intervenant régulier dans une rubrique littérature de la Dépêche du Midi, dont il est question. J’apprends que le Tarnais a été pour beaucoup, dans la révélation au grand public du talent d’Arthur Rimbaud. Jaurès, un visionnaire, en politique et dans d’autres domaines. Public trop restreint. Certains ont-ils encore peur d’entendre le seul nom de Jaurès ?

Vendredi 13 novembre

A 5’ de la fin, je ne peux résister à l’envoi du texto : "Tu es trop fort !" et pourtant la France ne mène que 17-13 et j’ai perdu beaucoup de parties alors que mon équipe n’était pas parvenue à creuser un écart plus conséquent. Et pourtant, je n’ai pu résister à montrer si tôt mon admiration au pilier gauche des Coqs. Certes, Smit encore trop talonneur, pas assez roué, ni expérimenté, ni vicieux, ni "tordu", était trop novice à droite pour imposer à Fabien une véritable épreuve de force et comme de l’autre côté Mtawarira est davantage coureur d’antilopes que pousseur d’éléphants, l’équipe de l’impeccable Dusautoir s’est imposé à la Mias : forceps et intellect. Une belle leçon pour des champions du Monde, un peut trop orgueilleux, un peu usés aussi par la longueur de la saison ; Ce Brussow me plaît quand même beaucoup !

Samedi 14 novembre

Soirée auscitaine au retour de Lannemezan où nos Reichel et Crabos se sont imposés sans vaillance et sans gloire. Invitation de l’Association des supporters du FCAG "Un pour tous, tous pour XV ". Difficile de cacher son émotion : l’entraîneur Julien Sarraute, le capitaine Stéphane Saint-Lary, la clef de voute Grégory Menkarska…mais aussi Momo, Elie, les Saint-Martin, Jean-François et d’autres que je n’oublie surtout pas même si je ne les cite pas.

Animateur sympa "Monsieur B", "artiste gascon de la chansonnette", deux pieds au FCA mais le troisième au SUALG comme tout bon…Condomois.

Dimanche 15 novembre

Avec au sifflet un excellent M. Valin d’Auvergne - Ne parlez pas de lui au Moulias ! - les Espoirs de Castres et du SUA nous offrent un magnifique spectacle ; les quarante quatre joueurs méritaient mieux que les 50 spectateurs et les cent courants d’air du modeste stade du Rey. Nos lignes arrière mettent le feu mais le pack des fils de Jaurès bien assis sur l’Autan, nous balaye sur deux mauls et l’emporte sur le fil 23-22. N’importe, nous nous réjouissons des progrès des nôtres même si la défaite entraîne une certaine frustration. Au centre, Benjamin frappe fort.

Au retour, j’apprends la victoire du Lombez-Samatan Club chez le voisin lislois, dans un stade, Fernand-Lapalu, bourré jusqu’à la Save. Je devine, ce soir, l’En-But, le café des Sports et le Bar de la Fontaine en fête . Demain lundi, au marché de Samatan, on refera le match des milliers de fois. Au LSC, dans ce club où la grande majorité des équipiers premiers est passée par l’école de rugby, on ne se préoccupe pas du DIC ni du JIFF !

Lundi 16 novembre

Voyage aérien – l’avantage d’Agen sur Auch – jusqu’à Paris : 1 heure d’avion pour les 500 kms jusqu’à Orly et 1 heure de taxi pour les 10 kms jusqu’à la rue de Liège où siège encore, la Commission de discipline de la Fédération Française de rugby. Avec moi, Jérôme, seconde ligne de son état, carton rouge lors du dernier match des Espoirs à Toulon. Ciel gris - un Gersois m’appelle pour m’indiquer banalement que le soleil brille sure nos coteaux…comme d’habitude ! - mais la capitale ne manque pas de charme même si nous sommes à deux doigts d’être pris pour des terroristes aux abords de l’Ambassade des Etats-Unis. Remontée pédestre des Champs-Elysées et déception de ne pouvoir apercevoir sœur Carla à sa fenêtre. Nous nous consolons dans un petit restaurant des abords de l’Arc de Triomphe car notre voisine de table aux yeux verts et aux formes généreuses ne manque pas de charme d’autant qu’à moitié australienne, elle nous donne une leçon de rugby. Elle nous fait oublier que le magret servi à table n’a rien d’un Gascon.

Mardi 17 novembre

Ma voisine était partie chasser la palombe du côté de Mauléon : toute la semaine ! Vous comprenez mon désarroi pendant les 8 jours derniers. Croisée dans l’ascenseur, elle me lâche : " Ce Monsieur Barnes, qu’il est beau : j’espère qu’il reviendra arbitrer la France d’autres fois !"

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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mar 1 Déc 2009 - 23:29


29/11/2009 - 12:10 - Rugby - Nos Experts


La chronique d'Henry Broncan


Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le responsable de la formation au SUA. Il commente l'actualité de ces derniers jours, marquée notamment par le championnat de France Espoirs à 7, mais aussi par du football et la fameuse main de Thierry Henry !


Jeudi 19 novembre

La main d’Henry ! Hier au soir, je dois être un bien mauvais français puisque je n’ai pas assisté au match vendu comme suprême entre les "coqs" et les fiers Irlandais. Depuis nos Verts à nous, qui nous imposaient tant nous les adorions dans les années 70, de changer les jours d’entraînement, ma passion initiale pour le Football Professionnel s’est peu à peu délitée, à tel point que je n’ai qu’entr’aperçu la finale du Mondial 98. Par contre, quand je peux encore, j’aime bien supporter la CFA du SUA, et même le F.C.A de Montanou tout comme quand j’étais auscitain, je n’oubliais pas de supporter l’ASAG (Auch-Gascogne) de mon ami Despeyroux. De plus, chaque lundi soir, je n’omets pas de consulter les résultats des clubs de Lombez –Samatan n’a toujours pas d’équipe– Monblanc, Laymont et même Labéjan puisque ce dernier village est le plus proche de la demeure maternelle. Par contre, en cette matinée qui me reconduit depuis l’Astarac en Agenais, je ne peux éviter, même sur les radios non branchées, l’évocation de la main d’Henry ! Les argumentations se multiplient : les pour, peu nombreux, et ce matin plutôt tièdes, les contre, moralisateurs jusqu’à l’excès ? Un intervenant ose affirmer que le football n’est qu’un jeu : las, il y a longtemps que c’est fini. Voilà, quand même, notre onze national à la Coupe du monde : happy end pour les investisseurs, le sélectionneur, le Président de la FFF, la chaîne TV et tant pis pour l’éthique. Quant aux Henry, il vaut mieux taire nos prénoms… pendant quelques mois.

Vendredi 20 novembre

Le stade de la feue ASPTT de Paris, Porte de Pantin, où va se disputer la 5ème édition du Championnat de France Espoirs de rugby à 7. Curieusement, j’ai de nombreux souvenirs de l’équipe des Postiers : le demi de mêlée Pallane , le troisième ligne Lapoterie que j’admirais beaucoup, plus près le talonneur Gioux et les Pezet, Nogier, Maumus, Astier…c’est d’ailleurs le dernier cité qui nous sert de guide : onze équipes accompagnent les Agenais, champions 2008-2009 qui ont enfin récupéré, non, refabriqué un bouclier perdu, dès le soir de la finale, dans les eaux boueuses de la Garonne ? Huit équipes filles sont également de la partie, toutes plus motivées les unes que les autres : dans le TGV nous avons rencontré l’Entente Stade Bordelais-Bruges et ces demoiselles, par ailleurs charmantes, étaient bien décidées à en découdre rudement avec leurs sept rivales. Juste derrière la tribune, se meurt le stade de la défunte A.S.Police de Paris et je songe aux fameux derbies qui devaient opposer Postiers et Policiers, en Fédérale 2, dans les années 70.

Accueil parfait : les Parisiens, le CD93 en particulier, se multiplient ; Thierry Janeczeck et Nicolas Le Roux officient aux tables de marque ainsi qu’aux notes sélectives, alors qu’un stage de futurs éducateurs-es rugby à 7 est organisé sur le terrain annexe. On sent une volonté d’activer la discipline, de la faire passer au niveau supérieur, même si l’absence d’une quarantaine des meilleurs Espoirs mobilisés par le XV, tout au long de la semaine à Marcoussis, me semble préjudiciable à la détection des sélectionneurs à VII. Avec eux, le Tournoi aurait pu être encore de meilleure qualité.

De notre côté après avoir aperçu les dacquois, bien en place derrière Albaladejo (un petit-neveu) bon maître à jouer, battre les brivistes, nous affrontons nos voisins du Stade Montois. Une mi-temps pour se mettre en action et pour neutraliser le tandem Lesburgueres-Durquet et nous voilà vainqueurs, largement, 33-14. Comme les Landais explosent ensuite devant les Berjalliens, le SUA se retrouve d’ores et déjà qualifié pour les quarts de finale du samedi matin. N’empêche, la troupe des frères "Deilh" doit s’imposer contre les Isérois si elle veut occuper le premier rang. Sous un éclairage exigeant la concentration maximale pour éviter les en-avant, c’est un superbe duel que s’offrent l’ailier Ruel du CSBJ et Leka, le fidjien de la Garonne. Au final, le premier nommé, aux jambes supersoniques, l’emporte sur notre protégé plus puissant, mais trop laxiste en défense : 3 essais à 1 ! Quant au total général, les deux équipes se sur un score de parité 24-24. Toutes les rencontres sont disputées avec acharnement mais dans une correction absolue. Arbitrages impeccables, horaires respectés, une bien belle après-midi !

Arrivée, vers 19h30, au club-house de l’A.C.Bobigny, rue Salvador Allende, où nous attend le repas du soir préparé par les bénévoles du club phare de la Seine-st-Denis. Devant l’entrée, un cerisier, feuilles d’automne et fleurs du printemps, sur la même branche. Nous assistons aux derniers préparatifs de l’ACB avant la réception, dimanche, du premier de poule, le Sporting Nazairien, entraîné par mon ancien élève, Fabrice Gaudet. L’occasion d’apercevoir, quelques anciens joueurs des divisions professionnelles : le demi de mêlée Bouhraoua (Limoges), l’ouvreur Pichot (Racing), les avants Bordenave et Quesada (Racing aussi), le centre Janick (Lombez), placés sous la houlette du lot-et-garonnais Philippe Canto originaire de Mézin. Joie espérée mutuelle et à tout le moins une certaine émotion en rencontrant Fabien Marque, ex-talonneur du FCAG, formé à la belle école de l’U.RBR, bon risclois de chez les Terrain. Certes, il y avait eu un peu de friction lors de notre divorce mais le temps n’a gardé, du moins en apparence, que les bons moments passés en commun.

Regroupement au club-house balbynien, autour des 150 kg de la mère poule de l’Association, le Président Alain Chamois, du manager général Roland Tordjmann, tandem bien ancré au gouvernail. L’écran plat de l’élégant local – vivement le même à Armandie – distribue le dernier quart d’heure d’Albi-Perpignan ; alors que le pilier droit de Langon quitte la pelouse après une belle prestation –Bravo Benjamin- Michel, le centre de Pontaut-Combault, yeux brouillés par une toison blonde trop épaisse, rentre pour une distribution de ces caramels dont il est le dépositaire. De son côté, le fils de mon vieux copain des Carpates bien alimenté par un 9 en pleine confiance, poursuit sa gratification de missiles : seconde victoire pour des Albigeois plus cathares que jamais et déception des Champions de France plutôt amers quant aux dernières interventions de l’arbitre ; l’acier trempé de Béchu reprend espoir et l’USAP se qualifiera quand même.

Table conviviale, viande du Président, la meilleure d’Ile de France –Alain est "chevillard" - service assuré par les dames du club, les cordons bleus de Bobigny me font presque oublier les cuisinières du Gers ! A nos côtés, se restaurent, après une soirée d’information, les arbitres du 93, autour de leur leader M. Lamarque. Nouvelle bonne surprise en reconnaissant parmi eux, un ancien Crabos du FCAG, fils de policier et policier maintenant, fils d’arbitre et arbitre maintenant ! Encore un bon moment.

Vendredi nuit, dans Paris qui brille de ses mille lumières ; quand on est Agenais, une seule adresse, rue Saint Honoré, un bar, le Sous-bock. C’est le quartier général des supporters parisiens du SUA et le lieu de rendez-vous de tous les Lot-et-Garonnais qui montent dans la capitale. Maillots et photos des temps heureux. Ici, on attend depuis 3 ans, les retrouvailles avec le duo Stade Français et Métro-Racing qui d’ailleurs s’affrontent demain, pardon, aujourd’hui. Patron heureux de nous accueillir, Cyprien toujours aux petits oignons des bleus et blancs. Seule (minime) désillusion : l’obligation de consommer un Cognac hors d’âge puisque l’Armagnac n’a pas encore droit de cité dans l’établissement. Nos joueurs, rassurez-vous, sont dans leurs lits d’une auberge de jeunesse de la Courneuve, surveillés comme il se doit par le 3ème homme, Loulou, et le toubib, Pierre-Etienne. Température nocturne d’automne d’autant plus printanière que sur le chemin de l’hôtel, les effluves du cognac colorent les joues.

Samedi 21 novembre

A 10 heures 20, quart de finale contre le Biarritz Olympique qui dispose, entre autres, du trois quart centre de l’équipe fanion, Charles Gimenez. Si nos joueurs cette nuit, ont regagné relativement tôt leurs pénates, je ne suis pas certain que leurs adversaires en aient fait de même. Toujours est-il que ce sont des Biarrots bien pâles que nous atomisons 42-5 en moins d’un quart d’heure. Au même instant, sur le terrain d’honneur, le Stade Toulousain l’emporte laborieusement contre Grenoble et s’inscrit comme notre adversaire pour la demi finale. Petite surprise avec l’élimination des bolides du CSBJ puni par deux cartons jaunes (justifiés) successifs mais le Métro-Racing préparé par deux Gersois (Xavier Pujos de Vic-Fezensac et Philippe Garcia de Fleurance) dispose d’éléments de valeur en particulier un centre arrivé d’Afrique du Sud ces jours derniers.

Pendant ce temps, dans le tournoi féminin, les dames ne ménagent pas leur énergie. Chez elles, c’est incroyable comme le niveau de jeu a progressé. Ma protégée de La Valette, aperçue il y a deux ans au Tournoi de Buzet, manie toujours aussi allègrement l’ovale alors que, du côté des banlieusardes toulousaines de Fonsorbes, je rencontre une de mes anciennes auscitaines, toujours aussi motivée et toujours aussi râleuse. En finale, les locales de Bobigny pourtant fortement encouragées par leur kop, échouent devant des Lilloises plus solides en mêlées et dans les phases de ruck. Signe prémonitoire : on s’imagine le 7 comme un rugby-farandole, passes et cadrages-débordements. Or, j’en avais déjà fait la constatation lors du tournoi de Moscou, c’est un jeu qui nécessite une impeccable organisation sur les phases telles que la mêlée, la touche, les renvois, les rucks ainsi qu’un souci constant dans la conservation du ballon et ce sont dans ces domaines que les Stadistes vont nous imposer leur domination. Michel Marfaing et Jean-Michel Giraud ont bien préparé leur affaire en alourdissant – et oui, même à 7 ! – leur pack avec leur trio D’Aram, Cabot, Vergnaud et confiant à leur demi de mêlée Iribaren le soin de conduire le jeu d’abord dans l’axe du terrain. Le SUA, un temps, fait figure de vainqueur grâce à un débordement de Leka et une transformation de Jonathan mais dans la dernière minute, une nouvelle mêlée explosée suivie d’un pilonnage des avants rouges et noirs permet à leur meneur de jeu d’inscrire l’essai de la victoire. Légitime bonheur des Stadistes qui vengent en partie l’affront de Bayonne : nous leur avions infligé un cinglant 40 à 0 …en finale !

La finale va les opposer aux Racingmen victorieux des Dacquois au jeu trop subordonné au talent d’Albaladejo. Dès le début, les Toulousains prennent les devants d’autant que les Parisiens ont cru bon de ne faire débuter leur remarquable ailier d’origine laotienne, Kraska, un phénomène de vitesse. Le troisième – le meilleur ! – des Bouhraoua, maintient un temps le suspense par deux essais de 80 mètres mais la puissance des joueurs de la Cité des Violettes est irrésistible. Notre bouclier si beau, si neuf, remonte donc la Garonne…jusqu’à l’année prochaine ?

Je réitère toutes mes félicitations aux organisateurs en particulier au CD 93 cher à Jean-Claude Pussacq, le beau-père de mon protégé à la toison d’or. Un seul reproche puisque la perfection n’est pas de ce monde. Cette journée a été parrainée par M.M Camou, Président de la FFR, Baqué, Président de la FIRA, Skrela, Directeur Technique National, Fite, Président de la commission rugby à 7 et bientôt d’autres dirigeants de notre Fédération dont M. Claude Dourthe. Ils ont assisté à toutes les rencontres de la journée et ont distribué gracieusement coupes et boucliers. Par contre à midi, dans le gymnase de Pantin, au moment du repas qui regroupait toutes les formations féminines et masculines, pourquoi avoir séparé par une longue tenture, la salle en deux parties ? Les sportifs qui devaient évoluer dans l’après-midi auraient parfaitement compris que les menus du déjeuner soient différents mais c’était l’occasion de rassembler la famille du rugby au lieu de la séparer par un "petit" mur de Berlin. Je rappelle que même au temps de Louis XIV, le petit peuple avait accès au lever, au coucher et aux repas du Roi. Pourquoi, n’aurions-nous pas le droit d’être les voisins de table de nos dirigeants ? Pourquoi refuser un moment de convivialité avec les pratiquants d’un sport dont nos pontifes ne cessent de vanter les valeurs traditionnelles ?

En route pour le Stade de France : en un quart d’heure, les "Coqs" plient le match et tout suspense. Des Samoans passifs, endormis, décevants ? Des Français en pleine progression ? Nous aurons la réponse ce week-end à Marseille, face aux Blacks. Au retour, j’apprends la victoire de Biarritz à Michelin et un témoin m’appelle pour dire la belle performance d’Arnaud. Sur que le gamin des Pousterles, bien malheureux pendant une saison en Auvergne, avait à cœur de montrer son talent à celui qui l’avait mésestimé. Bien joué !

Lundi 23 novembre

Retour au Pays : montée au village par le petit chemin du Tucoulet : une biche et un lapin font la course. Visite à la Tour qui repoussa les Sarrasins grâce à la stratégie de nos mères. Depuis la chapelle de Vicnau, j’aperçois le chêne de Theux toujours aussi princier ? Paris, la plus belle ville du monde : ce doit être vrai mais alors, le Gers, c’est certainement le plus beau pays du monde.

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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 9 Déc 2009 - 21:24

Rugby - Nos Experts - 05/12/2009 - 15:45


La chronique d'Henry Broncan


Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le responsable de la formation au SUA. Il commente l'actualité de ces derniers jours, marquée notamment par la victoire des All Blacks sur les Français, victoire qui l'a émerveillé...

La magie blanche.

Les Blacks m’ont toujours fait rêver - affirmation bien peu originale : ils sont si nombreux dans ce cas - et je crois bien que c’est à cause d’eux, qu’adolescent j’ai lâché le ballon rond que m’avait fait adopter mon nordiste de père, pour les rebonds capricieux et à contretemps de l’ovale. Le premier souvenir des joueurs à la fougère argentée remonte à l’invraisemblable transformation de l’arrière géant, Don Clarke, leur donnant une difficile victoire (5-3), dans un Athlétic park de Wellington balayé par une tempête si violente que nul n’aurait misé un centime sur la réussite du numéro 1 "noir" - chez les Néo-Zélandais, l’arrière portait encore ce chiffre dans le dos et le pilier droit, le 15 –C’était en 1961 et nos coqs entraînés par Guy Basquet, comprenait un Agenais, Pierre Lacroix, qui me donne encore le plaisir de me conter cette "épique rencontre". Trois ans plus tard, j’ai eu le bonheur de les voir "pour de vrai", lors de leur tournée en France. Il y avait, toujours, Don Clarke dont le prénom se confondait, pour moi, avec un titre de noblesse qu’il méritait. Auprès de lui, le "pin" aux énormes "paluches", Colin Meads, le vif et fluet ouvreur maori Mark Hereweni, le stratège à la crinière dorée Chris Laidlaw - plus tard numéro 9 du LOU - , mon préféré : la "panthère noire" W.J. Nathan aux courses félines, le besogneux et rugueux Kel Tremain…enfin, le capitaine Wilson Whineray dont la phrase devenue historique : "Les grandes équipes ne meurent jamais", est toujours citée, quand un club, au passé reconnu, se retrouve en difficulté.

Par la suite, beaucoup d’autres noms se sont inscrit dans la légende du rugby : Brian Lochore, un autre grand capitaine, Sud Going, le Kelleher des années 60, le pasteur Mickael Jones qui ne jouait pas le dimanche, le buteur infaillible Graham Fox, l’auto-tamponneuse Jonah Lomu, le troisième ligne centre aux pieds et aux mains si habiles, Zingan Brooke, David Kirk dit David la Science, Ian Jones, le cueilleur de cerises et ce Sean Fitzpatrick qui ne savait pas faire un lancer…pas droit !…Les "français" aussi : Mourie, Mexted, Haden, Whetton, Shelford, Mac Dowel, Botica…Et ceux de maintenant, Tana d’abord, bien sûr !

Et là, en ce samedi 28 novembre, invité à la soirée tahitienne organisée par mes meilleurs amis agenais, soirée pour laquelle je m’étais engagé un mois auparavant, sans prendre garde à la venue au même moment, de mes héros de l’autre hémisphère, il a donc fallu que je mente effrontément en prétextant un soupçon de grippe A pour éviter le spectacle des plus belles vahinés afin de m’installer en solitaire, devant la petite lucarne et les All-Blacks. Même une invitation personnelle de ma si belle voisine n’aurait pu me faire quitter l’unique fauteuil du salon !

Et pourtant, dès la première image, quel coup au cœur de les découvrir en tunique…blanche ! La même émotion que celle ressentie, certainement, par ce vieux supporter d’Armandie qui crut bien "s’infarcturiser" lorsqu’il vit ses protégés en tenue …orange, il y a trois ans !

Auparavant, dans l’après-midi, Rugby + nous avait gratifié de l’affrontement entre le Métro-Racing et le S.C Albi : du TOP 14, du suspense, du combat certes mais cent cinquante coups de pied, dix en-avant, la confusion dans le maul et le ruck et de la pénalité à outrance ; Andrew Mehrtens, presque quadragénaire, sans esquisser le moindre placage, sans engagement sur la ligne d’avantage, a réussi, par trois coups de pied contre deux, à donner un succès étriqué mais précieux aux "ciel et blanc" de Pierre Berbizier.

Quelques heures plus tard, on a pu se demander si c’était le même sport que la télévision nous transmettait ! Toujours est-il que l’on nous a offert le plus beau cadeau de l’année 2009, une télé-réalité merveilleuse, jubilatoire, provoquant en moi une telle excitation qu’au coup de sifflet final, j’ai cru bon d’absorber quelques bières (!) toujours en solitaire, pour fêter une troisième mi-temps rendue obligatoire par l’extase des deux premières : Ah, cet essai de Muliana, après le coup de pied incertain de Clerc, Cowan en second rideau, longue passe, Muliana, Smith, Sivivatu, re Muliana, le tout parti de cette zone des 22 mètres où il est interdit de relancer chez nous ! Facile de s’extasier sur Dan Carter et Richie Mac Caw, sûrement d’une autre planète, mais c’est faire trop peu de cas de leurs coéquipiers, merveilleusement collectifs –quelle efficacité dans les tâches obscures : la mêlée, les rucks, les leurres, le jeu sans ballon, les courses "coupées"… ! Quelle joie de jouer, de s’engager, d’oser, de créer, de prendre et de donner du plaisir.

Quelle leçon formidable pour nos jeunes qui n’ont plus que le droit "d’occuper le terrain", qu’on abrutit de consignes transgressées seulement quand la partie est perdue ou que le bonus "défensif" n’est plus détenu !

On en vient à nos lacunes, à nos insuffisances, pire à notre…suffisance. Encore une fois, après deux victoires consécutives, la première contre les champions du Monde, succès superbe, indiscutable même si quelques "grognons" ont mis en avant la lassitude des "Bocks" et d’autres "ronchons", la mansuétude de M. Barnes, le plus francophile des arbitres d’outre-Manche – parfois, il m’arrive d’être "grognon" et "ronchon" à la fois – la seconde, contre des Samoans étrangement amorphes, une heure durant, comme anesthésiés par de folles nuits parisiennes ; encore une fois donc, on s’aperçoit que nos crêtes flamboyantes n’ont pas supporté un doublé victorieux et nous avons réédité, comme en 14, la marche si française, "la fleur au fusil", certains commentaires nous projetant déjà sur le "Toit du monde" et bien sûr en finale de la Coupe du Monde 2011 ! Il paraît aussi que, toute la semaine, avait été "adoucie" pour permettre à nos joueurs, de "récupérer" après l’épisode samoan. Par ailleurs, et j’adore Fabien Barcella, mais je n’ai pas vu un seul jour sans une interview de lui sur une chaîne TV ou dans un journal. Est-ce ainsi qu’on peut préparer un match qu’on savait pourtant qu’il allait être d’une grande intensité car "les grandes équipes ne meurent jamais", n’est-ce pas ? Ne parlons pas de la soirée, - détente oblige - Anthony Cavanagh, au théâtre du Gymnase ! Pendant ce temps, Graham Henry "allumait la forge".

Le SUA, sagement, sans faire de bruit, profil bas, bien protégé des médias par son duo d’entraîneurs, continue sa marche discrète vers le TOP 14.

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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 9 Déc 2009 - 23:17

gir3347 a écrit:
Rugby - Nos Experts - 05/12/2009 - 15:45


La chronique d'Henry Broncan


Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le responsable de la formation au SUA. Il commente l'actualité de ces derniers jours, marquée notamment par la victoire des All Blacks sur les Français, victoire qui l'a émerveillé...

La magie blanche.

Les Blacks m’ont toujours fait rêver - affirmation bien peu originale : ils sont si nombreux dans ce cas - et je crois bien que c’est à cause d’eux, qu’adolescent j’ai lâché le ballon rond que m’avait fait adopter mon nordiste de père, pour les rebonds capricieux et à contretemps de l’ovale. Le premier souvenir des joueurs à la fougère argentée remonte à l’invraisemblable transformation de l’arrière géant, Don Clarke, leur donnant une difficile victoire (5-3), dans un Athlétic park de Wellington balayé par une tempête si violente que nul n’aurait misé un centime sur la réussite du numéro 1 "noir" - chez les Néo-Zélandais, l’arrière portait encore ce chiffre dans le dos et le pilier droit, le 15 –C’était en 1961 et nos coqs entraînés par Guy Basquet, comprenait un Agenais, Pierre Lacroix, qui me donne encore le plaisir de me conter cette "épique rencontre". Trois ans plus tard, j’ai eu le bonheur de les voir "pour de vrai", lors de leur tournée en France. Il y avait, toujours, Don Clarke dont le prénom se confondait, pour moi, avec un titre de noblesse qu’il méritait. Auprès de lui, le "pin" aux énormes "paluches", Colin Meads, le vif et fluet ouvreur maori Mark Hereweni, le stratège à la crinière dorée Chris Laidlaw - plus tard numéro 9 du LOU - , mon préféré : la "panthère noire" W.J. Nathan aux courses félines, le besogneux et rugueux Kel Tremain…enfin, le capitaine Wilson Whineray dont la phrase devenue historique : "Les grandes équipes ne meurent jamais", est toujours citée, quand un club, au passé reconnu, se retrouve en difficulté.

Par la suite, beaucoup d’autres noms se sont inscrit dans la légende du rugby : Brian Lochore, un autre grand capitaine, Sud Going, le Kelleher des années 60, le pasteur Mickael Jones qui ne jouait pas le dimanche, le buteur infaillible Graham Fox, l’auto-tamponneuse Jonah Lomu, le troisième ligne centre aux pieds et aux mains si habiles, Zingan Brooke, David Kirk dit David la Science, Ian Jones, le cueilleur de cerises et ce Sean Fitzpatrick qui ne savait pas faire un lancer…pas droit !…Les "français" aussi : Mourie, Mexted, Haden, Whetton, Shelford, Mac Dowel, Botica…Et ceux de maintenant, Tana d’abord, bien sûr !

Et là, en ce samedi 28 novembre, invité à la soirée tahitienne organisée par mes meilleurs amis agenais, soirée pour laquelle je m’étais engagé un mois auparavant, sans prendre garde à la venue au même moment, de mes héros de l’autre hémisphère, il a donc fallu que je mente effrontément en prétextant un soupçon de grippe A pour éviter le spectacle des plus belles vahinés afin de m’installer en solitaire, devant la petite lucarne et les All-Blacks. Même une invitation personnelle de ma si belle voisine n’aurait pu me faire quitter l’unique fauteuil du salon !

Et pourtant, dès la première image, quel coup au cœur de les découvrir en tunique…blanche ! La même émotion que celle ressentie, certainement, par ce vieux supporter d’Armandie qui crut bien "s’infarcturiser" lorsqu’il vit ses protégés en tenue …orange, il y a trois ans !

Auparavant, dans l’après-midi, Rugby + nous avait gratifié de l’affrontement entre le Métro-Racing et le S.C Albi : du TOP 14, du suspense, du combat certes mais cent cinquante coups de pied, dix en-avant, la confusion dans le maul et le ruck et de la pénalité à outrance ; Andrew Mehrtens, presque quadragénaire, sans esquisser le moindre placage, sans engagement sur la ligne d’avantage, a réussi, par trois coups de pied contre deux, à donner un succès étriqué mais précieux aux "ciel et blanc" de Pierre Berbizier.

Quelques heures plus tard, on a pu se demander si c’était le même sport que la télévision nous transmettait ! Toujours est-il que l’on nous a offert le plus beau cadeau de l’année 2009, une télé-réalité merveilleuse, jubilatoire, provoquant en moi une telle excitation qu’au coup de sifflet final, j’ai cru bon d’absorber quelques bières (!) toujours en solitaire, pour fêter une troisième mi-temps rendue obligatoire par l’extase des deux premières : Ah, cet essai de Muliana, après le coup de pied incertain de Clerc, Cowan en second rideau, longue passe, Muliana, Smith, Sivivatu, re Muliana, le tout parti de cette zone des 22 mètres où il est interdit de relancer chez nous ! Facile de s’extasier sur Dan Carter et Richie Mac Caw, sûrement d’une autre planète, mais c’est faire trop peu de cas de leurs coéquipiers, merveilleusement collectifs –quelle efficacité dans les tâches obscures : la mêlée, les rucks, les leurres, le jeu sans ballon, les courses "coupées"… ! Quelle joie de jouer, de s’engager, d’oser, de créer, de prendre et de donner du plaisir.

Quelle leçon formidable pour nos jeunes qui n’ont plus que le droit "d’occuper le terrain", qu’on abrutit de consignes transgressées seulement quand la partie est perdue ou que le bonus "défensif" n’est plus détenu !

On en vient à nos lacunes, à nos insuffisances, pire à notre…suffisance. Encore une fois, après deux victoires consécutives, la première contre les champions du Monde, succès superbe, indiscutable même si quelques "grognons" ont mis en avant la lassitude des "Bocks" et d’autres "ronchons", la mansuétude de M. Barnes, le plus francophile des arbitres d’outre-Manche – parfois, il m’arrive d’être "grognon" et "ronchon" à la fois – la seconde, contre des Samoans étrangement amorphes, une heure durant, comme anesthésiés par de folles nuits parisiennes ; encore une fois donc, on s’aperçoit que nos crêtes flamboyantes n’ont pas supporté un doublé victorieux et nous avons réédité, comme en 14, la marche si française, "la fleur au fusil", certains commentaires nous projetant déjà sur le "Toit du monde" et bien sûr en finale de la Coupe du Monde 2011 ! Il paraît aussi que, toute la semaine, avait été "adoucie" pour permettre à nos joueurs, de "récupérer" après l’épisode samoan. Par ailleurs, et j’adore Fabien Barcella, mais je n’ai pas vu un seul jour sans une interview de lui sur une chaîne TV ou dans un journal. Est-ce ainsi qu’on peut préparer un match qu’on savait pourtant qu’il allait être d’une grande intensité car "les grandes équipes ne meurent jamais", n’est-ce pas ? Ne parlons pas de la soirée, - détente oblige - Anthony Cavanagh, au théâtre du Gymnase ! Pendant ce temps, Graham Henry "allumait la forge".

Le SUA, sagement, sans faire de bruit, profil bas, bien protégé des médias par son duo d’entraîneurs, continue sa marche discrète vers le TOP 14.

Rugbyrama - Henry Broncan

A rapprocher du topic "faire la course en tête" ...

Sinon bravo Mr HB .. tjrs un plaisir de vous lire .. faudrait venir causer directement ici ... sous un pseudo évidemment .. comme sur le forum d'auch
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Mer 23 Déc 2009 - 10:50

La chronique d'Henry Broncan


Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le responsable de la formation au SUA. Il réveille, en cette période de fêtes, le fantôme des Noëls passés.


http://www.rugbyrama.fr/rugby/nos-experts/2008-2009/la-chronique-de-broncan_sto2161690/story.shtml
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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Jeu 7 Jan 2010 - 18:43

Comme chaque semaine, retrouvez la chronique d'Henry Broncan, le responsable de la formation au SUA. En vacances à Gruissan, il n'a pas manqué la venue du Stade français à Montpellier...

Dimanche 27 décembre 2009

Ils sont tous là, à Gruissan : les étangs, les flamants, les cormorans, les goélands et le vent, éternel omniprésent ; seuls absents, les estivants. La plage des Chalets s’étale, immensément vide : les autochtones se sont repliés sur le vieux village aux pieds de leur si chère Tour Barberousse ; le Café de la Paix et le Joffre abritent les joueurs de PMU et de la coinchée. Gentil « branchage » sur la victoire du RC Narbonne Méditerranée contre le SU Agen : « C’est nous qui avons fait tout le jeu…tu as vu comme le petit « Griffoul t’a plaqué « ton » Caucaunibuca sur la dernière action ! » Le quotidien local fait le point sur la première partie de la saison et vante donc avec une pincée de chauvinisme les exploits des « oranges » : qualité de recrutement, qualité de jeu, qualité de l’esprit. Lors du match amical disputé en août, contre Montauban, j’avais ressenti ce frémissement de renouveau après une saison 2008-2009 plutôt galère. Le management du trio Ferrero, Arlettaz, Crespy, la qualité des locaux Chevtchenko, Ruiz, Beaux, Griffoul, Sanchez, le métier des étrangers, Strauss, Myburgh, Tawaka, et du maître de maison Buada (la classe de Madaule et de Martial), permettent d’espérer la qualification, au soir du 8 mai. Auront-ils le banc suffisant pour passer solidement l’hiver ? Les quatre essais encaissés avant la Noël, à Colomiers, me paraissent quand même inquiétants.

Dans le chemin caillouteux qui grimpe vers le domaine de l’Evêque cher au « grand blond avec une chaussure noire » - encore un inconditionnel de Gruissan- les mollets de Jean-Louis mènent un train d’enfer contesté par le beauf Christian. A mes côtés, visage et taille d’adolescent, René Bénésis, 65 ans, trente sélections nationales, un titre sur le terrain en 86 avec Narbonne, un autre sur le banc avec le SUA en 82. Pour lui aussi, Gruissan où il vit une retraite sportive, est un paradis ! Si nous rivalisons dans l’ascension, dans la descente vers l’étang de l’Ayrolle, c’est un fada que nous sommes trop prudents pour oser le talonner : le même engagement qu’il mettait dans ses entrées en mêlée et dans ses plaquages. Nous ne le retrouverons que plus tard, conversant avec un de ses amis vignerons qui prépare son champ ; décidément le vent de Gruissan vous rend hors du temps.

Lundi 28 décembre

Le rugby est certainement le sport le plus interactif car perméables aux jugements les plus « fous » de n’importe quel néophyte. A Lombez, j’ai toujours en mémoire le souvenir d’un supporter fidèle qui n’avait jamais pratiqué mais qui ne manquait aucun de nos rendez-vous du dimanche après-midi ; dans sa bouche, un seul et récurrent leit-motiv : » ouvrez…ouvrez… ! » A l’ouverture, mon ami Pierre Sudérie – depuis plus de 60 ans, il y a toujours un Sudérie dans l’équipe 1 du L.S.C – n’était pas un grand fan de l’attaque préférant abuser de son jeu au pied ; il daignait cependant écarter cinq à six ballons par match et cette générosité n’était guère récompensée : beaucoup d’en-avant –heureusement, Bernard Duval et Néné Dupoux assuraient sur les mêlées suivantes – et pire, quelques interceptions récompensaient mal cette volonté offensive. Pourtant, à peu près deux à trois fois par saison, nos ailiers finissaient par goûter la Terre Promise et là, je vous laisse deviner la joie de notre brillant conseiller : » Je leur avais dit d’ouvrir…depuis le temps que je leur dis ! »

Dans le même domaine, la vieille dame qui n’a entr’aperçu dans sa vie qu’un quart d’heure de rugby en vrai, le temps de voir son fils se faire casser la clavicule et qui, par la suite, n’a plus voulu entendre parler de ce « sport de brutes et de voyous », s’est, depuis moins d’un an, par écran plat et satellite interposés et avec l’intrusion dans son univers de Canal +, Canal + Sport, Sports +, Eurosport, l’Equipe TV, accessoirement France 2, France 3, France 4 et maintenant Rugby +…elle se permet donc maintenant de porter jugement sur la qualité de jeu de nos différentes équipes professionnelles. La voilà même s’autorisant à composer notre équipe nationale ! Tout dernièrement, au téléphone, pardon, au portable puisque là aussi il y a eu passage à la modernité, elle m’interpelle : »Tu vois, je mettrais le père Ellisalde comme entraîneur –elle admire ses cheveux blancs et…sa verve chaque mardi soir, dans les Spécialistes –et en demis, je placerais à la mêlée Fred Michalak et à l’ouverture, Jean-Baptiste Ellisalde. Lui, on le dit trop vieux, est-ce qu’on est vieux à 32 ans ? « La vieille dame a fêté ses 90 ans, le 3 janvier ! » Elle poursuit : « D’ailleurs, Ginou est du même avis que moi ! » Et son amie Ginou n’a vu un ballon ovale qu’à la télévision ! Le problème, c’est que les deux – comme mon supporter ci-dessus – ont, peut-être raison !

Tous ces détours pour en arriver au sujet du jour : l’interview par Emmanuel Massicard, dans M.O d’Alain Afflelou, le principal partenaire –1,5 million d’euros ! – de l’Aviron Bayonnais. C’est certainement un très grand chef d’entreprise et d’ailleurs, je porte fièrement, depuis plusieurs années, une paire de lunettes qui vient de sa succursale auscitaine. Dans ses propos, on relève d’abord une humilité de bon aloi : »Je ne suis pas un spécialiste du rugby…il faut un mec du coin (pour présider le club)…, je ne cours pas après les honneurs…, je suis au service…(de Francis Salagoïty). » Par la suite, je trouve insupportable les jugements qu’il porte sur Richard Dourthe. Certes, le Dacquois est connu, en tant que joueur, ensuite comme manager, pour ses éclats, ses colères, ses emportements, ses trépignements…mais, lui, il a le mérite de montrer ses sentiments au milieu du syndrome de la « langue de bois » qui affecte la très grande majorité de ses collègues. De là, à l’accuser d’avoir « éteint les entraîneurs, tétanisé les joueurs, DE PARLER APRES LE PRESIDENT DANS LE VESTIAIRE ! ! !, d’handicaper le club et le groupe de joueurs par son omniprésence ! » Alors, c’est que les entraîneurs et les joueurs de l’A.B ont de bien faibles personnalités et que leurs défaites –avec ou sans Richard Dourthe – ne m’étonnent plus. Nous en revenons toujours à la chasse au bouc émissaire si chère à notre pays et je suis surpris qu’une personne aussi importante qu’Alain Afflelou, si loin de la vie quotidienne de son club, puisse se livrer à ce genre de sport.

Mardi 29 décembre

Les filles de Gruissan sont en émoi et la serveuse du Joffre m’annonce : « Vous avez vu, le Stade Français vient réveillonner au Château de l’Hospitalet ! » Le Château de l’Hospitalet, je le connais surtout à cause de la rudesse de la côte dont la difficile ascension me permet ensuite de descendre, à la Bénésis, sur Armissan. J’apprends que ce grand domaine viticole appartient à Gérard Bertrand, ancien brillant troisième ligne du R.C Narbonne avant de devenir par la suite, un temps, sociétaire du club parisien. D’ailleurs, le journal local, montre le propriétaire en photo, aux côtés de Max Guazzini, de Sylvain Marconnet et d’Arnaud Marchois lors d’une présentation d’une cuvée spéciale « Stade Français ». L’article relate le programme de fin d’année des « Dieux du Stade » : Arrivée à l’Hospitalet le matin du 31 décembre, plongeon dans le grand bain de l’Espace Liberté à Narbonne, promenade dans le domaine puis participation à une « petite » séance de dégustation. En soirée, réveillon dans le patio du château, sous un chapiteau de 200 m2 « recouvrant même les platanes » ! Discothèque, « Bar Lounge » ( ?) espaces restauration, orchestre de variétéqs, DJ « international », plat d’honneur : des chapons du pays cathare rôtis aux truffes. 250 personnes sont attendues dont plusieurs personalités du sport et de la politique « régionale ». Et ma serveuse d’ajouter : « vous avez vu, il reste quelques places pour le réveillon mais 145 euros par personne, c’est un peu cher pour moi… » et moi de la consoler : « Demain soir, au Stade Yves du Manoir, contre Montpellier, ce sera moins cher et je vous emmène ! »

Mercredi 30 décembre

Coup de fil de la Vieille Dame : » Dis-moi, pourquoi disent-ils « Boxing Day » à propos des matches de ce soir ? « Elevée dans le culte de la langue occitane et dans le respect de la langue française, là voilà, maintenant, sur le point de verser dans le shakespirien ! Et je suis dans l’incapacité de lui donner une réponse satisfaisante « ce n’est quand même pas le jour de la boxe ? » ose t-elle avancer. Pourtant, vers 19h30, l’accrochage Pape-Gorgodze pourrait lui donner raison. En attendant, le Stade Français de Jacques Delmas, toujours aussi anxieux, et de Didier Faugeron, superbe d’élégance, se fait secouer par les vaillants guerriers de Didier Bes : Trinh-Duc passe sur le corps de Lionel Beauxis, Matadigo oublie Kuzbick, Gorgodze – le meilleur seconde ligne évoluant en France ? – avance constamment mais Paris défend bien. Les enjeux imprévus de la soirée m’imposent le repli sur le Port et sur Sud-Radio. Je ne vais pas le regretter car c’est avec un énorme plaisir que je vais retrouver la voix de Coluquio . Le suspense de la rencontre et l’envie montpelliéraine vont déchaîner le chantre du sport languedocien. Peu d’impartialité et beaucoup de parti pris certes dans les propos du speaker méridional mais quelle magie pour nous transformer en supporters inconditionnels des bleus et blancs. S’il devait rester une place au réveillon de l’Hospitalet, c’est lui que Gérard Bertrand aurait pu inviter car il a participé autant que Todeschini au succès des régionaux.

Jeudi 31 décembre

Dernière lecture de 2009, le livre écrit par Didier Codorniou « Lenfant de Gruissan », décembre 2009, éditions Altal, collection Da Principatibus, un ouvrage en 3 grandes parties : Gruissan, Terre de vent, Terre de cœur, puis l’Ovalie, la carrière sportive, enfin Res Publica, la nouvelle vie politique de l’actuel maire de la cité.

C’est d’abord un grand cri d’amour pour le village d’accueil d’une famille d’origine espagnole : la Circulade, la Tour Barberousse, la Plage des Chalets, Notre Dame des Auzils ; les grands événements : la fête de la Saint-Pierre, la fête des Vendanges, les Médiévales, les Festéjades, le Défi…La partie rugby est approchée avec beaucoup de simplicité ; des mots pudiques et feutrés s’évadent seulement la grande admiration portée à Jean-Pierre Rives et la blessure profonde causée par Jacques Fouroux. Dans la longue 3ème partie, on ressent que le petit Prince a abandonné l’ovale ; il s’est lancé dans un autre combat qui occupe, totalement, sa vie actuelle : devenu difficilement maire en 2001, réélu brillamment (83 % des suffrages) en 2007, Conseiller régional, le voilà lancé totalement dans la politique. En le lisant, certains comprendront son ralliement à Georges Frêche, choix que tout le monde n’est pas obligé de partager. Souhaitons au Petit Prince de nous laisser en politique la même image que celle du rugby.

Vendredi 1er janvier 2010

Meilleurs vœux à tous, santé avant tout. Avec le reste, l’amour, la famille l’argent, la vie apprend que l’on peut toujours s’arranger.

Samedi 2 janvier

Samatan quitté depuis si longtemps et revu ce matin sous la neige. Des amis retrouvés dans les deux bars, celui des Sports d’abord, celui de la Fontaine, ensuite. Le LSC cavale en tête de la Fédérale 2, la Réserve est invaincue, deux équipes juniors, deux équipes cadettes, une école de rugby de plus de 200 gamins encadrés par 30 éducateurs dans deux cités qui ne dépassent pas, réunies, les 3500 habitants. A la tête du club, d’anciens joueurs comme dirigeants, d’anciens joueurs comme entraîneurs. Sur le terrain, que des enfants du pays. A la question : « Que vous manque t-il ? » Réponse : « Un gros partenaire ». Surtout pas. Qu’ils vivent leur histoire en totale indépendance : pauvres mais libres et riches en fait.

Dimanche 3 janvier

Magnifique rugby, magnifique Bourgoin ! Tomber le Racing-Metro euphorique depuis plus de deux mois et ce, à Colombes, vaincre le Paris de Nallet et Chabal, ce duo révélé en Berjallie, s’accrocher en infériorité numérique, quelle magnifique récompense pour ce merveilleux duo d’entraîneurs : Eric Catinot et Xavier Péméja, deux hommes si proches, deux hommes que l’on sait dotés d’un cœur énorme et d’une grande compétence. A propos le second n’était-il pas coach de l’Aviron ? Inconsciemment, les Parisiens n’avaient-ils pas mésestimé leurs adversaires du jour ?

Un Stade Français besogneux mais solidaire – la conséquence du stage de vendredi après-midi dans le camp des légionnaires de Castelnaudary ? – est sorti de Sapiac tout heureux du bain de boue et du match nul. Autre surprise : l’écart du score entre Brive et un Perpignan surprenant de passivité ; Maître Jacques ne doit pas être content et va remettre de l’ordre dans le cabanon. A propos d’Auch, saluons le grand renouveau d’Arnaud Mignardi qui retrouve les jambes et l’efficacité qui faisaient lever les tribunes du Moulias. « Pourvu que ça dure » doit dire son grand-père. Johnny Wilkinson a fait dégringoler son pourcentage de réussite avec un zéro pointé sur 4 tentatives : 1 drop et 3 pénalités, il est vrai difficiles. Comme quoi, tous les publics du monde y compris dans les plus petits stades doivent être indulgents envers le buteur. Excellente résistance de Bayonne, beaucoup d’envie mais le Stade Toulousain et un Ellisalde au niveau du jugement de la « Vieille Dame » étaient trop forts ; les Basques, s’ils rééditent leur prestation feront peur aux Berjalliens.

Demain matin, le rugby repart sur Armandie pour la plus grande joie des fidèles spectateurs des entraînements du SUA et ce n’est pas la fraîcheur des températures du Lot-et-Garonne qui va les empêcher de supporter leurs joueurs favoris.

De mon côté, il me tarde de retrouver ma voisine, quittée depuis près de dix jours : une éternité !

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MessageSujet: Re: La chronique d'Henry Broncan   Ven 15 Jan 2010 - 19:20


Rugby - Nos Experts - 14/01/2010 - 10:23

La chronique d'Henry Broncan



Aujourd'hui il nous raconte l'aventure rugbystique d'un de ses compagnons Pierre Wolsczak.

Salut le Polack.

Jeudi 7 janvier

En un demi siècle de rugby actif en tant que joueur puis joueur-entraîneur, ensuite entraîneur et enfin...?, j'ai eu le bonheur de fréquenter moult avants de haut niveau et pourtant si j'affirme que Pierre Wolsczak est, de tous mes compagnons, celui qui m'a le plus impressionné, vous aurez d'autant plus de mal à me croire que ce joueur n'a évolué, entre 1965 et 1980, qu'au niveau de la Fédérale 3 et de la Fédérale 2 pour finir même en séries régionales du Comité Armagnac-Bigorre. C'est vrai que nous étions bien loin du professionnalisme et que ce seconde ligne "casé" à la mairie de Mirande en tant qu'employé municipal a voulu rester fidèle aux couleurs bleues et blanches de l'U.S.A.M. parce que l'époque voulait qu'un engagement pris se respecte ; et tant pis pour le FC. Auch qui aurait bien voulu constituer un couple Le Droff – Wolsczak derrière lequel Pierre Verdier et Pierre Ramouneda n'auraient pas eu besoin de se fatiguer à pousser en mêlée et auraient pu se consacrer totalement à ce jeu de mouvement qu'ils affectionnaient tellement.

Il fait très froid sur les Hautes-Pyrénées : Trie, le pays de Sarraméa, Pouyastruc, celui d'Alain Doucet, Laloubère et enfin Odos, une petite bourgade qui jouxte la capitale des Hautes-Pyrénées. La neige menace, mais pour le moment, c'est une bruine persistante qui glisse sur les toits d'ardoise et sur nos parapluies. Une centaine de personnes se hâtent pour traverser le modeste cimetière et gagner l'église au plafond peint d'un bleu que le ciel se refuse à nous gratifier aujourd'hui. Nous ne sommes que 8 - 4 avants et 4 trois-quarts d'alors – regroupés aujourd'hui pour suivre son dernier match : c'est vrai qu'en trente ans, les gens se perdent peu à peu dans leurs mutations professionnelles, leurs préoccupations familiales, leurs problèmes de santé...

1965 ? Les premiers cheveux longs, les pantalons pattes d'éléphant, et l'apparition des mini-jupes. De Gaulle tient toujours la route, ouvrant le tunnel du Mont-Blanc et fustigeant l'Angleterre et les Etats-Unis. Le plein-emploi nous rend insouciants et nous écoutons Sheila qui nous prend par la main, Adamo qui fait tomber la neige, Johnny, Sylvie, le train de Richard Anthony, et Brel nous transporte dans le port d'Amsterdam. "Belphégor" et Juliette Gréco fascinent les téléspectateurs. En rugby, Agen domine l'hexagone. Derrière un pack de fer, Sitjar en troisième ligne et Pierre Lacroix à la mêlée s'en donnent à coeur joie.

L'USA Mirande évolue en Fédérale 3 ; le stade tout proche de la maison d'Alain-Fournier est plein chaque dimanche : les derbies contre Nogaro, Gimont et surtout Vic-Fezensac, l'ennemi juré. A notre tête, les présidents Dauriac et Oliveira, les secrétaires généraux Lajaunie puis Cathala, à la trésorerie et d'ailleurs partout l'extraordinaire Menu et au volant de sa D.S, le père Maurras. Un entraîneur en avance sur son temps, Jacques Barbé, un technicien hyper compétent doublé d'un remarquable pédagogue. L'équipe joue bien s'appuyant sur des lignes arrière de qualité : les frères Lacoste, Labriffe, Séris, Marino, Desangles, Carles, les Peres, Morales etc...Devant, on se déplace bien après avoir assumé les tâches essentielles : Lantin, Cavalière, De Fierkowski, Claverie, Combina, Pujos...Un problème pourtant et de taille pour l'époque : quand le jeu se durcit, l'équipe se délite et en ces temps-là, le jeu se durcissait souvent !

Le mal l'a pris à la fin du siècle dernier et comme il faisait sur le terrain, il a pris le problème à bras le corps. Un combat terrible que me contait régulièrement son neveu Thierry, le responsable de notre équipe de France de rugby à 7, lors de nos différents entretiens. De temps en temps, la voix rocailleuse me joignait au téléphone : "ça va, ça va...c'est dur, mais ça va ; t'inquiètes pas, je vais la tordre cette saloperie..."

A chacun des déplacements du FCAG sur Maurice-Trélut, comme nous l'emportions souvent, il venait partager la joie de nos vestiaires. Mes joueurs avaient pris l'habitude d'accueillir en souriant ce personnage inoubliable : le corps de John Wayne et la tête de Charles Bronson -je n'exagère même pas – Il leur sortait alors sa grosse voix : "Et surtout, vous l'écoutez "le petit", vous entendez ? Vous l'écoutez !" Il y a deux ans, lors de la venue d'Agen, il était également là et il avait même accompagné son neveu lors du match à Armandie. Sur le chemin du retour, il avait émis le désir de s'arrêter, place d'Astarac, au Glacier, le siège du club de Mirande...quand il y avait un club ! Là aussi, le temps avait fait son œuvre : nouveaux propriétaires, nouveau look, nouvelle clientèle. Au serveur, il osa -c'était pas une grande gueule ! - dire : "Quand je jouais, c'est à cette table que je m'installais pour attaquer la 3ème mi-temps. L'interlocuteur :

- Vous jouiez ici ? Comment vous appelez-vous ?

- Pierre Wolsczak .

- C'est vous le fameux Pierre Wolsczak mais les anciens me parlent toujours de vous !"

Il m'est arrivé de rencontrer d'anciens adversaires de l'USAM de l'époque. Plusieurs d'entre nous ont évolué, par la suite, dans des équipes de Nationale : Graulhet, Castres, Montauban, Auch...Ce n'est pas de nous dont ils se souvenaient : "Chez vous, il y avait un Polonais terrible en 2ème ligne ! "

C'est Alfred Lestrade, le boucher de la rue Esparros qui nous l'a dégoté : "Je crois que j'ai trouvé celui qu'il nous faut : un vrai dur, un Polack qui joue au basket à Jegun, un peu âgé (32 ans) peut-être mais je crois qu'il va nous rassurer..." Et de nous présenter fièrement sa découverte ; dès la poignée de main, on comprenait ! Pourtant, les premiers entraînements qui consistaient en parties à toucher, n'inspiraient guère le nouvel arrivant, toujours mal placé devant l'ovale. Par contre, quand sa grosse "patasse" nous frappait dans le dos, nous gardions la marque de ses gros doigts jusqu'après la douche. Un premier match, en réserve, nous fit peut-être, un instant, douter de lui, surtout lorsqu'il partit porter une fois le ballon en direction de son camp. Une rencontre improvisée de basket sous la halle à la volaille nous inquiéta encore davantage car notre nouveau partenaire avait beaucoup de mal à cibler même le rectangle qui soutenait le panier. Par la suite, il nous apprit que les derbies de l'époque entre les villages de Castelnau d'Angles de Vergnes, l'Isle de Noë des Lascombes, Riguepeu de Commères, Le Brouilh de Prieur, Barran de Paul et ...Jegun, nécessitaient d'autres arguments que la simple adresse. A son 3ème match de rugby, il prit place en équipe 1 pour occuper le poste de seconde ligne et ne jamais le quitter : Notre pilier droit allait pouvoir pousser en travers, notre talonneur jeter ses crampons sur introduction adverse et nos trois quarts faire les malins et provoquer les gros d'en face.

Pierre avait la réputation de faire mal mais ils étaient nombreux dans les matchs de l'époque, redresseurs de torts désignés pour les châtiments contre ceux qui outrepassaient les règles non pas du rugby mais du "milieu" d'alors. On pourra objecter que mon admiration pour Pierre provient de ce "rituel français" qui pare en général un disparu récent de qualités souvent améliorées, la mort venue. De mon côté, je veux objecter que, depuis l'arrêt sportif de mon ami, je n'ai eu de cesse de vanter ses qualités de rugbyman. Pourquoi ? Tout simplement parce que la très grande majorité de ces "chevaliers noirs" qui sévissaient sur les terrains pour le bien-être de leurs camarades, oubliaient souvent, certainement par peur des représailles, de "mettre la tête" dans le feu des regroupements d'alors. Disons qu'entre deux « exécutions », ils cheminaient prudemment ! Pierre n'a jamais triché : les mains et le crâne dans tout ce qui bouillait, jamais un pas en arrière, oreilles bouffées par les poussées en mêlée, nez cassé à plusieurs reprises, arcades souvent sanguinolentes. Pierre a beaucoup plus reçu qu'il n'a donné et c'est pour cela que tous, nous l'admirions tellement ! Il était toujours le premier et nous n'avions qu'à le suivre.

Pendant l'homélie du prêtre, chacun des 8 copains se rappelaient les aventures qu'ils avaient vécues auprès du "Polak", un curieux Polonais d'ailleurs, ni blond, ni rose, type plutôt cosaque, chevelure noire, peau mate, yeux bridés, les rides multipliées au coin des yeux, les rides de ceux qui n'ont pas beaucoup ri dans leur enfance. A la fin de la cérémonie, nous sommes restés longtemps ensemble, aux abords du cimetière, retrouvant des souvenirs, riant malgré les circonstances et le lieu, heureux de nous revoir, relatant chacun un bout de cette jeunesse que nous avions partagée avec lui.

Une anecdote entre autres : invité récemment par un club voisin d'Agen qui avait réuni tous ses glorieux anciens pour les fêtes, au cours du repas, on m'a demandé d'exprimer quelques mots et j'ai raconté que j'étais venu jouer dans ce lieu, avec l'USA Mirande, en 1973 ; un match plutôt violent que nous avions remporté très difficilement 6-3. Au retour, nous nous étions promenés, vainqueurs sans problème avec une cinquantaine de points en notre faveur. A la fin des agapes, un des convives vint me rejoindre : "voilà, à l'aller, j'étais en réserve mais, au retour, c'est moi qui ai joué talonneur ; personne ne voulait opérer à ce poste. Tous avaient peur de votre Polack...il ne m'a pas touché !"

Retour par Montaut d'Astarac, Saint Michel, le chêne de Theux, Saint-Elix, Lapalu, Moncassin, St-Médard, Idrac, la route des 47 quand ils vont au ski. Arrêt chez la vieille dame qui cherche actuellement à "intuiter" sur les intentions de Marc Lievremont pour le futur XV de France. Elle interrompt sa réflexion pour lâcher avec l'assurance de ses 90 ans : "Pierre Wolsczak, en fait, c'était le Chabal de maintenant : ils en avaient tous peur !" Elle a tout compris.

Rugbyrama - Pierre-Henry Broncan
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