Rugby -Transferts - Le clan Botha contre-attaque
Nouveau rebondissement dans l'affaire Bakkies Botha. Le site internet des Blue Bulls annonce que Toulon a reconnu que la venue de leur deuxième-ligne était infondée, déclaration d'un représentant de Toulon (sans le nommer) à l'appui : « Il ne s'est rien passé avec Botha. Son arrivée à Toulon est fausse. Une mauvaise information a été publiée sur notre site internet.» Mais qui est ce porte-parole anonyme cité par la province de Pretoria ? Interrogé par téléphone, Mourad Boudjellal, le président du RCT, a tenu à clarifier cette information. «La seule personne habilitée à parler du dossier Botha, c'est moi ! Ce que raconte le site des Bulls est totalement faux. D'ailleurs, le contrat est dans mon bureau. J'ai confiance en Bakkies et en Bernie (Habana). Si Bakkies s'est engagé avec le RCT, c'est qu'il est libre de tout contrat. C'est lui le mieux placé pour connaître sa situation contractuelle.»
La Fédération sud-africaine aussi mêlée
C'est justement la situation contractuelle du champion du monde qui pose problème depuis l'annonce de sa signature à Toulon. Les Blue Bulls assurent qu'ils n'ont pas d'autre choix que de décliner la demande de leur deuxième-ligne. A savoir être libéré de son contrat. «Nous avons investi en lui et son contrat a été prolongé de cinq ans l'année dernière. Si nous le libérions, cela enverrait aux autres joueurs le message selon lequel ils ne sont pas liés par leur contrat, ce qui pourrait provoquer un exode. » Le message est clair. Du coup, depuis que son arrivée, initialement programmée le 26 février a été repoussée à une date ultérieure, difficile de savoir si Bakkies Botha portera un jour les couleurs du club varois. Sans oublier que le deuxième-ligne est également sous contrat avec sa fédération, qui s'est liée aux Bulls dans cette affaire. Cependant, ce contrat avec la Sarfu ne devrait pas l'empêcher de jouer pour le RCT. Le talonneur John Smit est toujours sous contrat avec la Sarfu et défend les couleurs clermontoises.
Dans le camp d'en face, Bernie Habana, père de Brian conseiller du joueur, et non son agent (il ne perçoit aucune rétribution financière), tient à mettre fin aux différentes rumeurs qui circulent depuis l'annonce du transfert. «C'est un dossier difficile à gérer par rapport aux différentes informations sorties dans la presse depuis 4 mois. Mais je peux vous assurer qu'il n'y a aucun écueil contractuel qui empêche la venue de Bakkies au RCT.»
Un salaire annuel de 400.000 euros ?
Même certitude pour les agents en charge du dossier pour le RCT en France (Yoan Lamaison et Stéphane Dray). Joint par téléphone, Stéphane Dray assure que la venue du champion du monde sur la Rade est en bonne voie : «Le joueur s'est engagé à rejoindre Toulon. Son choix est définitif (il avait notamment été sollicité par Toulouse). Il est déterminé à jouer pour Toulon, même si les Bulls essayent de retarder sa venue.» Bakkies Botha devrait arriver le 1er avril. Son contrat, qui devrait une nouvelle fois battre des records en Europe (on parle de 400.000 euros, net annuel), court jusqu'à la fin de la saison, puis sur les deux suivantes, avec une troisième année en option.
En Afrique du Sud, une procédure légale est en cours entre les deux parties pour trouver une issue au conflit qui met aux prises Bakkies Botha et son club des Bulls. En France, Mourad Boudjellal est confiant. «J'envisageais de jouer un jour contre les champions du Super 14, mais je ne pensais pas les affronter si rapidement», glisse avec une pointe d'ironie le président du RCT. - Maxime RAULIN
L'Equipe